‹ Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IVChapitre 76 sur 241 · CHAPITRE XXIX.

CHAPITRE XXIX.

=De la vertu=, =II=, 591.--Par le mot vertu, il faut entendre ici la force d’âme. Ce n’est pas en des élans impétueux mais passagers que consiste ce genre de vertu; elle demande de la persévérance, un caractère solide et constant, et se rencontre rarement, 591.--Bien qu’il la possédât à un haut degré, PYRRHON essaya vainement de toujours mettre sa vie en conformité avec sa doctrine; c’est que ce n’est pas tout de témoigner de la fermeté d’âme dans une circonstance donnée, le difficile est de se montrer tel dans toutes ses actions, 591.--Traits de courage amenés par une soudaine résolution (un PAYSAN et un GENTILHOMME du pays de Montaigne, une FEMME de Bergerac), 593.--Autres exemples, ceux-là suite de déterminations, de projets arrêtés longtemps à l’avance; ces actions fortes et courageuses longuement préméditées sont, en général, le fruit de préjugés absurdes ou de fausses doctrines (les FEMMES HINDOUES, les GYMNOSOPHISTES, CALANUS), 595.--Le dogme de la fatalité, souvent mis en avant mais facile à réfuter, est fréquemment exploité pour surexciter les esprits; c’est lui qui inspire tant d’audace aux TURCS (les BÉDOUINS, deux MOINES de Florence, un JEUNE TURC, HENRY DE NAVARRE), 597.--Quant aux assassins, la plupart du temps ce sont les passions religieuses ou politiques qui arment leur bras (les assassins du PRINCE D’ORANGE et du DUC DE GUISE, la secte des ASSASSINS), 601.