Deuxième partie : De la nature et de l’origine de l’âme · DÉMONSTRATION
Si en effet le Corps n’était pas l’objet de l’Âme humaine, les idées des affections du Corps ne seraient pas en Dieu (Coroll. de la Prop. 9) en tant qu’il constitue notre Âme, mais en tant qu’il constitue l’âme d’une autre chose, c’est-à-dire (Coroll. de la Prop. 11) que les idées des affections du Corps ne seraient pas dans notre Âme ; or (Ax. 4) nous avons les idées des affections du Corps. Donc l’objet de l’idée constituant l’Âme humaine est le Corps tel qu’il existe en acte (Prop. 11). Si maintenant, outre le Corps, il y avait un autre objet de l’Âme, comme (Prop. 36, p. I) il n’existe rien d’où ne suive quelque effet, il devrait y avoir nécessairement dans notre Âme (Prop. 11) une idée de cet effet ; or (Ax. 5) nulle idée n’en est donnée. Donc l’objet de notre Âme est le Corps existant et n’est rien d’autre. C. Q. F. D.