Troisième partie : De l’origine et de la nature des affections · DÉMONSTRATION
Ce que nous imaginons qui mène à la Joie, nous nous efforçons, autant que nous pouvons, de l’imaginer (Prop. 12) ; c’est-à-dire (Prop. 17, p. II) nous nous efforçons, autant que nous pouvons, de le considérer comme présent ou comme existant en acte. Mais entre l’effort de l’Âme ou la puissance qu’elle a en pensant, et l’effort du Corps ou la puissance qu’il a en agissant, il y a par nature parité et simultanéité (comme il suit clairement du Coroll. de la Prop. 7 et du Coroll. de la Prop. 11, p. II). Donc nous faisons effort absolument parlant pour que cette chose existe, c’est-à-dire (ce qui revient au même d’après le Scolie de la Prop. 9) nous en avons l’appétit et y tendons ; ce qui était le premier point. Maintenant, si nous imaginons que ce que nous croyons être cause de Tristesse, c’est-à-dire (Scolie de la Prop. 13) ce que nous avons en haine, est détruit, nous serons joyeux (Prop. 20) ; et ainsi, nous nous efforcerons de le détruire (par la première partie de cette démonstration), c’est-à-dire (Prop. 13) de l’écarter de nous, afin de ne le point considérer comme présent ; ce qui était le second point. Donc tout ce qui peut mener à la Joie, etc. C. Q. F. D.
Nous nous efforcerons aussi à faire tout ce que nous imaginons que les hommes verront avec Joie, et nous aurons en aversion de faire ce que nous imaginons que les hommes ont en aversion.