Troisième partie : De l’origine et de la nature des affections · DÉMONSTRATION
Une chose que nous imaginons qui est libre doit (Déf. 7, p. I) être perçue par elle-même sans les autres. Si donc nous imaginons qu’elle est la cause d’une Joie ou d’une Tristesse, par cela même (Scolie de la Prop. 13) nous l’aimerons ou l’aurons en haine, et cela (Prop. préc.) du plus grand Amour ou de la plus grande Haine qui puisse naître d’une affection donnée. Mais, si nous imaginons comme nécessaire la chose qui est la cause de cette affection, alors (même Déf. 7, p. I) nous n’imaginerons pas qu’elle est la seule cause, mais qu’elle est cause conjointement à d’autres choses, et ainsi (Prop. préc.) l’Amour et la Haine envers elle seront moindres. C. Q. F. D.