Troisième partie : De l’origine et de la nature des affections · EXPLICATION
La Sécurité donc naît de l’Espoir, et le Désespoir de la Crainte, quand il n’y a plus de cause de doute au sujet de l’issue d’une chose ; cela vient de ce que l’homme imagine comme étant là la chose passée ou future et la considère comme présente, ou de ce qu’il en imagine d’autres excluant l’existence de celles qui avaient mis le doute en lui. Bien que, en effet, nous ne puissions jamais être certains de l’issue des choses singulières (Coroll. de la Prop. 31, p. II), il arrive cependant que nous n’en doutions pas. Autre chose, en effet, nous l’avons montré (Scolie de la Prop. 49, p. II) est ne pas douter d’une chose, autre chose en avoir la certitude ; il peut arriver ainsi que par l’image d’une chose passée ou future nous soyons affectés de la même affection de Joie ou de Tristesse que par l’image d’une chose présente, comme nous l’avons démontré dans la Proposition 18, où nous renvoyons ainsi qu’à son Scolie.
L’Épanouissement est une Joie qu’accompagne l’idée d’une chose passée arrivée inespérément.
Le Resserrement de conscience est une Tristesse qu’accompagne l’idée d’une chose passée arrivée inespérément.
La Commisération est une Tristesse qu’accompagne l’idéal d’un mal arrivé à un autre que nous imaginons être semblable à nous (voir Scolie de la Prop. 22 et Scolie de la Prop. 27).