Première partie : De Dieu · DÉMONSTRATION
Cette Proposition doit être évidente pour chacun, pourvu qu’il ait égard à ce que, de la définition supposée donnée d’une chose quelconque, l’entendement conclut plusieurs propriétés qui en sont réellement les suites nécessaires (c’est-à-dire suivent de l’essence même de la chose), et d’autant plus que plus de réalité est exprimée par la définition de la chose, c’est-à-dire enveloppée dans son essence. Comme d’ailleurs la nature divine a une absolue infinité d’attributs (Définition 6), dont chacun exprime une essence infinie en son genre, de sa nécessité doivent suivre en une infinité de modes une infinité de choses, c’est-à-dire tout ce qui peut tomber sous un entendement infini. C. Q. F. D.