‹ ÉthiqueChapitre 408 sur 459 · Quatrième partie : De la servitude de l’homme · SCOLIE

Quatrième partie : De la servitude de l’homme · SCOLIE

Qui sait droitement que tout suit de la nécessité de la nature divine, et arrive suivant les lois et règles éternelles de la Nature, ne trouvera certes rien qui soit digne de Haine, de Raillerie ou de Mépris, et il n’aura de commisération pour personne ; mais autant que le permet l’humaine vertu, il s’efforcera de bien faire, comme on dit, et de se tenir en joie. À cela s’ajoute que celui qui est facilement affecté de Commisération, et ému par la misère ou les larmes d’autrui, fait souvent quelque chose de quoi plus tard il se repent : d’une part, en effet nous ne faisons rien sous le coup d’une affection que nous sachions avec certitude être bon, de l’autre nous sommes facilement trompés par de fausses larmes. Et je parle ici expressément de l’homme qui vit sous la conduite de la Raison. Pour celui qui n’est mû ni par la Raison ni par la Commisération à être secourable aux autres, on l’appelle justement inhumain, car (Prop. 27, p. III) il ne paraît pas ressembler à un homme.

La Faveur n’est pas opposée à la Raison, mais peut s’accorder avec elle et en naître.

Page 1