‹ ÉthiqueChapitre 414 sur 459 · Quatrième partie : De la servitude de l’homme · DÉMONSTRATION

Quatrième partie : De la servitude de l’homme · DÉMONSTRATION

L’Humilité est une Tristesse née de ce que l’homme considère sa propre impuissance (Déf. 26 des Aff.) ; or dans la mesure où l’homme se connaît par la vraie Raison, il est supposé avoir une idée claire de son essence, c’est-à-dire de sa puissance (Prop. 7, p. III). Si donc l’homme, tandis qu’il se considère, perçoit quelque impuissance qui est en lui, cela ne vient pas de ce qu’il se connaît, mais (Prop. 55, p. III) de ce que sa puissance d’agir est réduite. Que si nous supposons un homme concevant son impuissance parce qu’il connaît quelque chose de plus puissant que lui-même, et par cette connaissance délimite sa propre puissance d’agir, nous ne concevons alors rien d’autre, sinon que cet homme se connaît lui-même distinctement, c’est-à-dire (Prop. 26) que sa puissance d’agir est secondée. C’est pourquoi l’Humilité ou la Tristesse née de ce qu’un homme considère son impuissance, ne tire pas son origine d’une considération vraie, c’est-à-dire de la Raison, et n’est pas une vertu mais une passion. C. Q. F. D.

Le Repentir n’est pas une vertu, c’est-à-dire qu’il ne tire pas son origine de la Raison ; mais celui qui se repent de ce qu’il a fait, est deux fois misérable ou impuissant.

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