‹ ÉthiqueChapitre 67 sur 459 · Première partie : De Dieu · SCOLIE I

Première partie : De Dieu · SCOLIE I

Ayant montré par ce qui précède, plus clairement que la lumière du jour, qu’il n’existe absolument rien dans les choses, à cause de quoi elles puissent être dites contingentes, je veux maintenant expliquer en quelques mots ce que nous devons entendre par Contingent, et d’abord ce que nous devons entendre par Nécessaire et Impossible, Une chose est dite nécessaire soit par rapport à son essence, soit par rapport à sa cause. Car l’existence d’une chose suit nécessairement ou bien de son essence et de sa définition ou bien d’une cause efficiente donnée. C’est pour les mêmes causes qu’une chose est dite impossible ; ou bien en effet c’est parce que son essence ou définition enveloppe une contradiction, ou bien parce que nulle cause extérieure n’est donnée, qui soit déterminée de façon à produire cette chose. Pour nulle autre cause maintenant une chose n’est dite contingente, sinon eu égard à un manque de connaissance en nous ; car une chose dont nous ignorons que l’essence enveloppe contradiction, ou de laquelle nous savons bien qu’elle n’enveloppe aucune contradiction, sans pouvoir rien affirmer avec certitude de son existence, parce que nous ignorons l’ordre des causes, une telle chose, dis-je, ne peut jamais nous apparaître ni comme nécessaire ni comme impossible et, par suite, nous l’appelons contingente ou possible.

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