Deuxième partie : De la nature et de l’origine de l’âme · DÉMONSTRATION
L’idée d’une chose singulière existant en acte est un mode singulier du penser et distinct des autres (Coroll. et Scolie de la Prop. 8) et ainsi a pour cause Dieu en tant seulement qu’il est considéré comme chose pensante (Prop. 6). Non cependant (Prop. 28, p. I) en tant qu’il est chose pensante absolument, mais en tant qu’il est considéré comme affecté d’un autre mode de penser ; et de ce dernier pareillement Dieu est cause en tant qu’il est affecté d’un autre, et ainsi à l’infini. Or l’ordre et la connexion des idées (Prop. 7) sont les mêmes que l’ordre et la connexion des choses ; l’idée d’une certaine chose singulière a donc pour cause une autre idée, c’est-à-dire Dieu en tant qu’on le considère comme affecté d’une autre idée, et cette autre idée pareillement a pour cause Dieu en tant qu’il est affecté d’une troisième, et ainsi à l’infini. C. Q. F. D.