‹ Études sur l'industrie et la classe industrielle à Paris au XIIIe et au XIVe siècleChapitre 2 sur 95 · LIVRE PREMIER

LIVRE PREMIER

ORGANISATION CIVILE, RELIGIEUSE ET ÉCONOMIQUE DE LA CLASSE INDUSTRIELLE

CHAPITRE Ier

ÉTAT DE L’INDUSTRIE

Origine des corps de métiers.--Population industrielle.--Industries parisiennes les plus florissantes.--Quartiers occupés par les diverses industries.

Une curiosité naturelle et légitime porte l’esprit humain à s’enquérir de l’origine des institutions qui ont fourni une longue carrière et joué un grand rôle. Malheureusement l’historien éprouve souvent de grandes difficultés à satisfaire cette curiosité. Il en est ainsi pour les corporations de métiers. L’histoire ne nous fait pas assister à leur formation; quand elles nous apparaissent dans les documents, elles comptent déjà de longues années d’existence et nous offrent une organisation complète. Pourtant il n’est peut-être pas impossible, en rapprochant certains traits de cette organisation de quelques textes mérovingiens et carolingiens, de se représenter ce qu’était l’industrie avant les corps de métiers, ainsi que la façon dont ceux-ci prirent naissance.

Lorsque les Francs s’établirent en Gaule et s’approprièrent les domaines du fisc impérial et ceux qui avaient été abandonnés par leurs propriétaires[2], les artisans fixés sur ces domaines durent travailler pour leurs nouveaux maîtres. Les uns restèrent isolés et conservèrent leur fonds colonaire à la charge de fournir des produits de leur industrie[3]. La plupart furent distribués, suivant leurs métiers, dans des ateliers dont chacun était dirigé par une sorte de contre-maître (_ministerialis_)[4]. La nombreuse domesticité du conquérant germain comprenait donc tous les artisans dont l’industrie lui était nécessaire[5]. Dans les gynécées, des femmes se livraient au cardage de la laine, au tissage, au lainage, au foulage et à la teinture des étoffes à l’aide des matières livrées par l’intendant du domaine[6]. Le maître tirait un profit pécuniaire des talents de ses esclaves en vendant les produits de leur industrie ou en louant leurs bras à prix d’argent[7]. Les plus habiles avaient pour lui une grande valeur à cause des bénéfices qu’ils lui rapportaient. Aussi celui qui tuait un esclave initié à un art mécanique payait au maître un wergeld plus élevé lorsque cet esclave avait donné des preuves publiques d’habileté (publice probati)[8]. C’est à ces ouvriers travaillant à la fois au profit de leur maître et à leur profit personnel, que s’adressaient les hommes libres qui n’étaient pas assez riches pour entretenir des esclaves aussi nombreux, aussi experts que l’exigeaient leurs besoins. Les villages possédaient aussi des moulins et des forges, où des agents, ayant un caractère public, travaillaient pour les membres de la communauté[9]. Enfin il y avait dans les villes quelques artisans libres[10]. Mais on n’en a pas moins le droit de dire que, pendant la période mérovingienne et la période carolingienne, le travail industriel eut en général un caractère domestique et servile.

C’est de ces groupes d’artisans créés dans les domaines des grands propriétaires que sortirent les corps de métiers du moyen âge. Une organisation, imaginée dans l’intérêt du maître pour discipliner et rendre plus productif le travail servile, devint la garantie des priviléges de la classe industrielle, la source de sa prospérité. Cette transformation s’accomplit par degrés; l’artisan réussit d’abord à s’assurer une partie des bénéfices de son travail, et nous venons de voir que, dès le VIe siècle[11], il avait parfois franchi ce premier pas, puis le maître les lui abandonna entièrement en stipulant seulement des droits pécuniaires, enfin les associations ouvrières s’attribuèrent des priviléges exclusifs qui firent disparaître les travailleurs isolés. Parvenues à une indépendance complète, elles conservaient encore, nous le verrons, des traces de leur origine. Le mouvement communal ne fut pour rien dans cette émancipation de la classe ouvrière, elle était terminée quand il commença, et ce fut, au contraire, l’existence des corporations qui favorisa la formation des communes.

Si la plupart des corporations de métiers ont l’origine que nous venons d’indiquer, il en est cependant quelques-unes qui descendent directement des colléges romains. Parmi les corporations parisiennes, celles des _marchands de l’eau_ et des bouchers de la Grande-Boucherie doivent remonter à l’époque romaine. Les nautes parisiens, qu’une inscription nous montre dès l’époque de Tibère consacrant un autel à Jupiter, survécurent à l’invasion franque et ne perdirent rien de leur importance, puisqu’ils formèrent la municipalité parisienne[12]. La corporation des bouchers de la Grande-Boucherie se recrutait héréditairement, et cette particularité, qu’on ne rencontre dans aucune autre corporation de la capitale, fait inévitablement penser aux colléges romains chargés de l’alimentation publique, dont les membres étaient également héréditaires. A ces deux exceptions près, on ne peut retrouver les _collegia opificum_ dans les corps de métiers du moyen âge. Aucun texte n’indique la persistance de ces colléges, tandis que nous en avons cité plusieurs qui témoignent de l’existence d’un régime industriel tout différent. Si, faisant abstraction des textes qui sont loin, il faut bien en convenir, d’être tout à fait topiques et concluants, on cherche à se représenter ce qui s’est passé lorsque les Francs ont occupé Paris, on est porté à penser qu’ils firent subir aux membres des colléges le sort de leurs esclaves germains, qu’ils les réduisirent à un état voisin de la servitude pour s’assurer leurs services. Des associations, dont les membres étaient enchaînés à leur profession dans un intérêt public, n’étaient pas faites pour être respectées ni même comprises par un peuple qui ne s’était pas encore élevé jusqu’à la notion de l’État.

Faut-il admettre qu’une partie des gens de métiers échappa à la servitude et, pour protéger son indépendance, forma des ghildes que le temps transforma en corps de métiers? Nous ne le pensons pas, et le petit nombre d’artisans qui avaient conservé leur liberté, comme le tailleur dont parle Grégoire de Tours, ne tarda pas, selon nous, à disparaître.

Mais nous avons hâte de renoncer aux conjectures pour aborder une époque où le secours des textes ne nous fera plus défaut. Il faut arriver à la seconde moitié du XIIe siècle pour trouver les premières traces de l’existence des corporations. Cette existence se révèle pour la première fois dans une charte de 1160 par laquelle Louis VII concède à Thèce Lacohe les revenus des métiers de tanneurs, baudroyeurs, sueurs, mégissiers et boursiers. Il résulte implicitement de cette charte que ces cinq métiers étaient exercés par autant de corporations. La corporation des bouchers de la Grande-Boucherie remontait, nous l’avons dit, à l’époque romaine; on ne s’étonnera donc pas de voir leurs usages qualifiés d’antiques en 1162, lorsque Louis VII les remit en vigueur. Les drapiers qui, en 1183, prirent à cens des maisons de Philippe-Auguste faisaient par là même acte de corporation. Enfin c’est au même prince que plusieurs corps de métiers font remonter certains priviléges consignés dans les statuts du _Livre des métiers_.

Du reste le fond de ces statuts pris dans leur ensemble a une origine bien antérieure à l’époque où ils furent rédigés. C’est ce qui fait leur importance. Nous n’avons pas besoin de dire qu’Étienne Boileau n’a pas donné aux corporations leurs règlements; cela est trop évident. Il n’a pas même, comme les auteurs de nos codes, fait un choix parmi les coutumes de ces corporations dans des vues d’harmonie, d’équité et de progrès. Il s’est contenté de les recueillir par écrit telles que les gens de métiers les lui firent connaître, sans faire disparaître leurs contradictions, sans résoudre les questions soulevées par les requêtes de plusieurs corporations. Dans ces statuts une seule chose lui appartient: le plan. S’ils gardent en effet le silence sur une foule de points, ils s’occupent toujours, et cela dans un ordre uniforme, de la franchise ou de la vénalité du métier, du nombre des apprentis et des gardes-jurés, des impôts et du guet. Leurs nombreuses lacunes ne doivent pas plus nous étonner que l’époque relativement tardive à laquelle ils ont été rédigés; la tradition qui avait permis de se passer pendant si longtemps de règlements écrits, suppléait à leur silence. En dépit de leur laconisme, les statuts d’Ét. Boileau ont une haute valeur et parce qu’ils reflètent un état de choses bien plus ancien et parce qu’ils conservèrent longtemps leur autorité et servirent de base à la législation postérieure. On reconnaîtra l’usage fréquent que nous en avons fait dans le cours de notre travail.

Avant d’exposer l’organisation de l’industrie parisienne, il faut dire quelques mots du développement auquel elle était parvenue. Les chroniques et les autres compositions historiques ne contribuent presque pour rien à l’idée que nous pouvons nous en faire. L’_Éloge de Paris_, composé en 1323 par Jean de Jandun[13], est presque le seul document de ce genre qui nous fournisse à cet égard quelques renseignements; encore n’ont-ils pas toute la précision désirable. A défaut de précision, on découvre du moins, sous l’obscurité et le pédantisme de son style, la vive impression produite sur l’auteur par l’industrie et le commerce de la capitale. Renonçant à décrire tout ce qu’il a vu aux Halles, dans ces Halles que Guillebert de Metz nous dépeindra au siècle suivant comme aussi vastes qu’une ville[14], Jean de Jandun se borne à signaler les provisions considérables de draps, les fourrures, les soieries, les fines étoffes étrangères exposées au rez-de-chaussée, et, dans la partie supérieure qui présente l’aspect d’une immense galerie, les objets de toilette, couronnes, tresses, bonnets, épingles à cheveux en ivoire, besicles, ceintures, aumônières, gants, colliers. Les divers ornements destinés aux fêtes, nous dit-il dans un style que nous sommes obligé de simplifier pour le rendre intelligible, fournissent à la curiosité un aliment inépuisable. Jean de Jandun exprime d’une façon vive et frappante le développement de l’industrie parisienne, en déclarant qu’on ne trouvait presque pas deux maisons de suite qui ne fussent occupées par des artisans. Ce trait est ce qu’il y a de plus intéressant dans le court chapitre consacré par lui aux professions manuelles et où il se contente d’énumérer un certain nombre de métiers, sans donner de particularités sur aucun d’eux. Cette énumération comprend l’art de la peinture, de la sculpture et du relief, l’armurerie et la sellerie, la boulangerie, dont les produits sont d’une exquise délicatesse, la poterie de métal, enfin les industries des parcheminiers, des copistes, des enlumineurs et des relieurs.

Heureusement nous ne sommes pas réduits à cette vague description pour nous représenter l’état de l’industrie parisienne au XIIIe et au XIVe siècles. Les rôles des tailles levées à Paris de 1292 à 1300, puis en 1313 nous offrent des informations plus précises. On y trouve rue par rue la liste de tous les artisans soumis à la taille, avec l’indication de leur cote. Ces documents officiels pourraient donc servir de base à une statistique de l’industrie parisienne, s’ils contenaient le recensement de toute la population ouvrière. Mais les simples ouvriers n’y figurent qu’en petit nombre; et les patrons eux-mêmes n’y sont pas tous compris, comme on en verra les preuves plus loin. Toutefois, si ces rôles ne nous font pas connaître l’ensemble de la population industrielle, ils permettent du moins de s’en faire une idée approximative, ainsi que du nombre des artisans de chaque métier; ils nous indiquent en même temps la répartition des diverses corporations dans Paris et par la cote de leurs membres, leur prospérité relative.

Géraud a fait le relevé des gens de métiers mentionnés dans le rôle de 1292; leur nombre, si on exclut de cette liste tous ceux qui n’exerçaient pas l’industrie proprement dite, s’élève à 4,159. Nous avons fait le même travail pour le rôle de 1300 et nous y avons compté 5,844 contribuables voués aux professions mécaniques. Nous avons constaté qu’un assez grand nombre de contribuables, dont la profession est indiquée dans le rôle de 1300, sont inscrits sans cette indication dans celui de 1292, et par conséquent ne sont pas entrés dans le recensement de Géraud; on peut aussi supposer que celui-ci a vu maintes fois un surnom là où nous avons cru reconnaître une qualification professionnelle. Toutefois ces raisons ne suffisent pas à expliquer une différence de 1,685 contribuables et il faut en chercher la cause soit dans l’augmentation de la population ouvrière de 1292 à 1300, soit dans l’assiette de la taille à ces deux époques, assiette qui nous est malheureusement inconnue.

Nous allons donner le recensement des artisans de chaque métier. Aux chiffres qui nous sont fournis par les rôles de 1292 et de 1300 nous ajouterons ceux que nous avons trouvés dans les statuts et dans quelques autres documents. Le tableau suivant présentera aussi les explications nécessaires sur les industries qui y figurent.

RECENSEMENT DES ARTISANS INSCRITS DANS LES RÔLES DE 1292 ET DE 1300.

1292 1300

_Afeteeurs de toiles_, apprêteurs de toiles. 1 »

_Affineurs._ 3 8

_Affineurs d’argent._ 1 »

_Aguilliers_, _aguillières_, fabricants 16 6 d’aiguilles.

_Aiguillettes_ (fabricants d’)[15]. » 2

_Ameçonneeurs_, fabricants d’hameçons. 3 1

_Ampolieeurs_, _ampoulieurs_, _empoleeurs_. 5 3 D’après Géraud, ce sont des polisseurs. Cette explication n’est pas admissible.

Les _ampoulieurs_ ou _poulieurs_ étaient des ouvriers qui tendaient le drap sur la rame ou poulie.

_Aneliers_, fabricants d’anneaux. 3 6

_Appareilleurs_, maîtres ouvriers qui 2 3 tracent la coupe des pierres.

_Arbalestiers_, _arbalestriers_, 3 4 _arbaletiers_, fabricants d’arbalètes.

_Archal_ (_batteurs d’_). 2 10

_Archalières_, fabricants de fil d’archal. » 1

_Archiers_, fabricants d’arcs. 8 5

_Arçonneeurs._ Ils ne faisaient pas des 6 4 arçons de selles, comme l’a cru Géraud, mais arçonnaient la laine. Les arçons de selles étaient fabriqués par les chapuiseurs.

_Argent_ (_batteurs d’_), ouvriers qui » 1 réduisaient l’argent en plaques.

_Argenteeurs_, argenteurs. Géraud traduit ce 3 2 mot par: argentiers, orfèvres, changeurs. De ces trois interprétations aucune n’est exacte et il s’agit ici d’argenteurs, doreurs. Voy. le _Livre des mét._ p. 210.

_Armuriers_, fabricants d’armures. 22 35

_Armuriers_ (_Vallets_). 2 1

_Atacheeurs_, _atachiers_, _atachières_, 7 6 «faiseurs de claus pour atachier boucles, mordans et membres seur corroie.» _Livre des mét._ p. 64.

_Aumônières_ (_faiseuses d’_)[16]. » 3

_Aumuciers_, _aumucières_, fabricants 9 8 d’aumusses.

_Auquetonniers_, faiseurs de hoquetons. 4 »

_Azur_ (_qui font_), fabricants de bleu azur. 1 »

_Baatiers_, _bastiers_, fabricants de bâts. 3 1 Cf. _chapuiseurs_.

_Bahuiers_, _Bahuriers_, fabricants de 2 4 bahuts.

_Balanciers_, fabricants de balances[17]. 2 3

_Barilliers_, fabricants de barils en 6 6 cœur de chêne, poirier, alisier, érable, tamaris, brésil pour les vins fins, les eaux de senteur, etc. Voy. leur statut dans le _Livre des mét._ et dans Laborde, _Gloss. et répert. des émaux._ Vº _Barris_.

_Baudraières._ » 1

_Baudraiers_, corroyeurs de cuir pour 15 35 ceintures, et semelles de souliers. Voy. _Livre des mét._ p. 224.

_Baudraiers_ (_Vallets_). 1 »

_Bazaniers_, cordonniers en basane. _Livre 20 16 des mét._ p. 231. Cf. _çavetiers_.

_Bazaniers_ (_Vallets_). » 1

_Blazenniers_, _blazoniers_, ouvriers qui 2 2 recouvraient de cuir les selles et les blasons, c’est-à-dire les écus. Voy. leur statut, _Livre des mét._ p. 219.

_Bocetiers._ » 1

_Boisseliers_, boisseliers. 1 1

_Boitiers_, serruriers pour boîtes et » 2 meubles. Voy. _Livre des mét._ p. 53.

_Boschet_ (_qui font ou vendent_). Le » 2 _boschet_ était une boisson.

_Bouchers_, _bouchiers_, bouchers. 42 70

_Bouchers_ (_Vallets_). 1 »

_Bouchières_, bouchères. » 2

_Bouclières_, femmes de _boucliers_. » 2

_Boucliers_ (_qui font_), fabricants d’écus. » 1

_Boucliers_, fabricants de boucles. 36 73

_Boucliers d’archal._ » 1

_Boudinières._ » 4

_Boudiniers_, marchands de boudin. Les 12 2 statuts des cuisiniers leur interdisent la vente du boudin. _Livre des mét._ p. 177.

_Boulangers._ Cf. talemeliers. » 1

_Bourreliers_[18]. 24 23

_Bourreliers_ (_Vallets_). 1 »

_Boursières_[19]. Les boursiers-brayers » 3 faisaient des bourses et des braies en cuir.

_Boursiers_, fabricants de bourses. 45 32

_Boursiers_ (_Vallets_). 3 »

_Boursiers de soie._ » 2

_Boutonnières._ » 3

_Boutonniers_, fabricants de boutons et de 16 13 dés à coudre.

_Braaliers_, _braoliers_, faiseurs de braies 6 2 en fil.

_Brasseurs._ Cf. _cervoisiers_.[20] 1 »

_Brésil_ (_qui battent le_). On sait que le » 1 brésil est un bois de teinture.

_Brodeeurs_, _broderesses_, brodeurs, 14 23 brodeuses[21].

_Brunisseurs_, ouvriers qui polissent les » 1 métaux.

_Cages_ (_qui font_). » 1

_Calendreeurs_, calandreurs d’étoffes. 2 6

_Carreaux de fer_ (_fabricants de_). » 1

_Carriers_, ouvriers qui extraient la pierre 18 9 des carrières.

_Çavetières._ » 1

_Çavetiers._ Géraud dit que les _çavetiers_ 140 171 se distinguaient des _cordouaniers_ en ce qu’ils travaillaient la basane, tandis que les derniers employaient le cordouan. C’était les _çavetonniers_ qui faisaient les «petiz solers de bazane.» Les _çavetiers_ étaient ce que sont aujourd’hui les savetiers.

_Çavetiers_ (_Vallets_). 1 »

_Cerceaux_ (_plieurs de_). Ils cerclaient » 4 les tonneaux.

_Cerceliers._ N’étaient probablement pas 1 » différents des plieurs de cerceaux.

_Cerenceresses_, ouvrières qui peignaient le 3 » lin et le chanvre avec le seran.

_Cervoisières._ » 7

_Cervoisiers._ Cf. _brasseurs_. 37 33

_Cervoisiers_ (_Vallets_). 2 1

_Chandèles de bougie_ (_qui font_). » 1

_Chandelières._ » 11

_Chandelières de cire_[22]. » 1

_Chandeliers_, faiseurs de chandèles. 71 58

_Chandeliers_ (_Vallets_). 1 1

_Chandeliers de cire._ Cf. _ciriers_. 1 »

_Chandeliers de suif._ » 1

_Chapelières._ » 4

_Chapelières de perles._ » 2

_Chapelières de soie._ Elles tissaient 4 3 des voiles appelés couvre-chefs. Nous considérons comme chapelières de soie trois femmes indiquées dans le rôle de 1300 comme faisant des couvre-chefs[23].

_Chapeliers._ 47 35

_Chapeliers de feutre._ 7 10

_Chapeliers de feutre_ (_Vallets_). 2 »

_Chapeliers de perles._ » 1

_Chaperonniers._ Ils faisaient des chaperons. 6 6

_Chapuiseresses de selles._ » 1

_Chapuiseurs._ 11 9

_Chapuiseurs_ (_Vallets_). 1 »

_Chapuiseurs de bâts._ Cf. _baatiers_. 1 »

_Charpentières_, femmes de charpentiers. » 4

_Charpentiers._ 95 108

_Charpentiers de maisons._ 1 »

_Charpentiers de nés_, charpentiers de 2 » bateaux.

_Charrons._ 19 11

_Charrons_ (_Vallets_). 1 »

_Chasubliers._ 5 4

_Chauciers_, chaussetiers[24]. 61 48

_Chauciers_ (_Vallets_). 2 2

_Chaudronnières_[25]. » 3

_Chaudronniers._ Cf. _maignens_. 6 12

_Chaumeeurs_, _chaumiers_, couvreurs en 3 2 chaume?

_Chaumeresses._ » 1

_Ciriers_, _cirières_. Cf. _chandèles de 19 8 bougie_, (_qui font_) _chandelières de cire_.

_Ciriers_ (_Vallets_). 1 »

_Cloutiers._ 19 20

_Coffrières._ » 2

_Coffriers_, coffretiers. 17 8

_Coffriers-bahuiers._ » 1

_Coiffes de laine_ (_faiseurs de_). » 1

_Coiffiers_, _coiffières_. 29 12

_Conréeurs_, corroyeurs. 22 27

_Conréeurs de basanne._ 1 »

_Conréeurs de connins_, corroyeurs de peaux » 2 de lapin.

_Conréeurs de cordouan_, corroyeurs de cuir 2 1 façon de Cordoue.

_Conréeurs de cuirs._ 3 4

_Conréeurs de peaux ou de pelleterie._ 2 1

_Contresangliers_, fabricants de 2 1 contresangles.

_Coquilliers._ Géraud croit qu’ils faisaient 3 » les coiffures de femmes appelées _coquilles_.

_Corbeilliers_, _corbeliniers_, vanniers. 1 1

_Cordières._ » 2

_Cordiers._ 26 11

_Cordiers_ (_Vallets_). 1 »

_Cordouanières._ » 8

_Cordouaniers_, cordonniers de cordouan[26]. 226 267

_Cordouaniers_ (_Vallets_), Nous comptons 9 2 parmi les vallets cordonniers inscrits dans le registre de 1292 deux _compagnons cordouaniers_ que Géraud a eu le tort de ne pas considérer comme tels.

_Corroiers_, _courraiers_, _courroiers_, 81 135 faiseurs de courroies.

_Courraières_, _courroières_. » 13

_Coutelières._ » 1

_Couteliers._ Cf. _emmancheurs_[27]. 22 38

_Couteliers-fèvres._ 2 »

_Coutepointiers_, faiseurs de courtepointes. 8 18 Cf. _couverturiers_.

_Coutières._ » 1

_Coutiers_, faiseurs de _coutes_, 9 5 c’est-à-dire de couvertures[28].

_Couturières._ 46 31

_Couturiers._ Ils appartenaient à la même 57 121 corporation que les tailleurs.

_Couturiers_ (_Vallets_). » 1

_Couturiers de gants._ 1 »

_Couturiers de robes._ » 1

_Couverturiers._ Ils faisaient des » 4 couvertures. Cf. _coutepointiers_.

_Crépinières._ » 16

_Crépiniers._ [Les crépiniers et crépinières 32 13 faisaient en fil et en soie des coiffes de femmes (voy. Quicherat, _Hist. du costume_, 189), des taies d’oreiller et des pavillons pour couvrir les autels (_Liv. des mét._ p. 85).]

_Cristalières._ » 2

_Cristaliers_, lapidaires. Ils ne formaient 18 13 avec les pierriers de pierres naturelles qu’une corporation, qui taillait le cristal et les pierres fines.

_Cuisinières._ » 2

_Cuisiniers._ 21 15

_Cuisiniers_ (_Vallets_). 2 »

_Cuviers_ (_fabricants de_). » 1

_Déciers_, _déiciers_, fabricants de dés à 7 4 jouer.

_Déeliers_, fabricants de dés à coudre. Cf. 1 » _boutonniers_.

_Doreeurs_, doreurs. 4 3

_Doreeurs_ (_Vallets_). 1 »

_Dorelotières._ » 2

_Dorelotiers_, rubaniers[29]. 14 12

_Drapiers_, marchands de draps. 19 56

_Drapiers_ (_Vallets_). 1 16

_Draps d’or_ (_fabricants de_). » 3

_Emmancheurs_, _faiseurs de manches de 10 27 couteaux_. Dans les 27 emmancheurs imposés en 1300 je compte un contribuable qualifié: _qui fait manche_.

_Encrières._ 1 »

_Encriers_, fabricants d’encre. » 1

_Enlumineurs._ 13 15

_Entailleurs d’images_, sculpteurs. 1 »

_Entailleurs de manches._ » 1

_Eschafaudeeurs_, constructeurs 2 4 d’échafaudages.

_Eschaudeeurs._ Géraud croit que ce mot 2 » vient d’échaudés et désigne une espèce de pâtissiers.

_Eschequetiers._ Nous ignorons le sens de ce » 2 mot.

_Escorcheeurs._ 13 20

_Escorcheeurs de moutons._ » 1

_Escreveiciers._ Géraud pense que ce mot 2 » désignait les fabricants d’une cuirasse dont les lames s’emboîtaient les unes dans les autres comme les écailles de l’écrevisse. Mais d’après Quicherat (_Hist. du costume_, p. 305), l’usage et le nom de cette cuirasse ne paraît pas remonter au-delà de la fin du XVe siècle.

_Escriniers_, faiseurs d’écrins, de 2 5 boîtes[30].

_Escuciers_, faiseurs de boucliers, d’après 1 » Géraud.

_Escueles d’étain_ (_batteurs d’_). » 1

_Escueles d’étain_ (_fabricants d’_). » 1

_Escueliers_, fabricants d’écuelles, 9 3 d’auges, d’outils en bois.

_Escueliers_ (_Compagnons_). » 1

_Escueliers_ (_Vallets_.) 3 »

_Esmailleurs[31]._ 5 6

_Esmouleeurs_, rémouleurs. 6 2

_Esmouleurs de couteaux._ » 1

_Esperonniers._ 3 5

_Espicières._ » 4

_Espiciers[32]._ 28 65

_Espiciers_ (_Vallets_). 6 2

_Espingliers_, fabricants d’épingles. » 12

_Espinguières._ » 2

_Espinguiers._ 10 11

_Estachéeurs._ Géraud attribue à ce mot le 2 2 même sens qu’au mot attachéeurs.

_Estain_ (_batteresses d’_). » 1

_Fariniers_, meuniers? 5 2

_Favresses_. Cf. _Fèvres_. » 2

_Fermaillers_, fabricants d’anneaux, de 5 10 fermaux, de fermoirs de livres. Voy. le statut des fremaillers de laiton, dans le _Livre des mét._

_Fermaillières._ » 1

_Ferpiers_, fripiers. 121 163

_Ferpiers_ (_Vallets_). 2 »

_Ferrons._ 11 18

_Feutrières._ » 2

_Feutriers_, ouvriers qui apprêtent le 10 6 feutre.

_Feutriers_ (_Vallets_). 1 »

_Fèvres_, forgerons. Ce terme générique 74 40 désignait les ouvriers qui travaillaient le fer sans avoir une spécialité. Cf. _Forgerons_.

_Fil d’argent_ (_qui tret le_). 1 »

_Filandriers_, _filandrières_, fileurs, 5 6 fileuses.

_File laine_ (_qui_). 2 1

_File sa quenouille_ (_qui_). » 1

_Fileresses de soie._ 8 36

_Fileresses d’or._ » 1

_Fileurs d’or._ 2 1

_Floreresses de coiffes_, fleuristes. 1 »

_Fondeeurs._ 2 3

_Fondeurs de cuivre._ » 1

_Fondeurs de la monnaie._ » 1

_Fonteniers_, fabricants de fontaines. 1 1

_Forcetiers_, fabricants d’outils en fer 11 10 et notamment de forces pour tondre les draps[33].

_Forgerons._ Cf. _fèvres_. » 1

_Formagiers_, _fourmagiers_, faiseurs et 18 23 marchands de fromages. Cf. _fromagères_.

_Fouacières._ » 1

_Fouaciers_, _fouacières_, faiseurs et 3 » faiseuses de fouaces.

_Foulons[34]._ 24 83

_Foulons_ (_Vallets_). » 1

_Four_ (_aides à_). » 3

_Fourbisseurs[35]._ 35 43

_Fourbisseurs_ (_Vallets_). » 1

_Fournier de Saint-Magloire._ Celui qui » 1 exploitait le four banal de l’abbaye.

_Fournier de Saint-Martin-des-Champs._ Celui » 1 qui exploitait le four banal du prieuré.

_Fournières._ » 3

_Fourniers._ Sous cette désignation étaient 94 66 compris non-seulement ceux qui tenaient un four banal, mais aussi des garçons boulangers et même des boulangers établis.

_Fourniers_ (_Vallets_). 1 6

_Fourreliers_, fabricants de fourreaux. 6 3

_Fourreurs de chapeaux._ » 3

_Fours_ (_faiseurs de_). » 1

_Frasarresses._ » 1

_Fraseeurs_, faisaient les garnitures 1 » bouillonnées appelées _frezeaux_ et _frezelles_. Voy. Quicherat, _Hist. du costume_.

_Fromagères._ Cf. _formagiers_. » 3

_Fueil_ (_qui font le_). Le _fueil_ était » 1 une teinture comme le prouve le texte suivant: «L’en ne pourra faire draps tains en moulée, en _fuel_ ne en fostet...»

_Gaisnières._ » 2

_Gaisniers._ 52 40

_Gaisniers_ (_Compagnons_). » 1

_Galochiers_, fabricants de galoches. 2 2

_Gantières._ » 1

_Gantiers._ 21 40

_Gantiers_ (_Vallets_). 2 »

_Gantiers de laine._ » 1

_Garnisseurs._ Ils garnissaient de viroles 4 11 et de coipeaux les couteaux, les épées, les gaînes.

_Garnisseurs de couteaux._ » 1

_Gascheeurs_, gâcheurs de plâtre. 2 1

_Gasteliers_, pâtissiers. 7 »

_Gravelières._ » 1

_Graveliers_, ouvriers qui se livraient à 5 3 l’extraction du gravier.

_Greffiers._ Fabriquaient des agrafes plutôt 7 6 que des _greves_, comme le dit Géraud. Ils appartenaient à la corporation des fèvres.

_Haubergières._ » 2

_Haubergiers_, fabricants de hauberts. 4 7

_Heaumier le roi._ » 1

_Heaumiers_, fabricants de heaumes. 7 7

_Heaumiers_ (_Vallets_). 1 1

_Huches_ (_faiseurs de_). » 2

_Huchières._ » 2

_Huchiers._ 29 52

_Huilières._ » 2

_Huiliers_, fabricants d’huile[36]. 43 29

_Huissières._ » 1

_Huissiers_, fabricants d’huis. » 2

_Imagières._ » 2

_Imagiers_, _ymagiers_, sculpteurs. 24 23

_Imagiers emmancheurs_, ouvriers qui » 1 sculptaient les manches de couteaux.

_Laceeurs_, passementiers-rubaniers. Cf. » 1 _dorelotiers_.

_Lacets de soie_ (_faiseuses de_). » 1

_Lacières._ 6 1

_Lacs_ (_qui font_). » 2

_Lacs à chapeaux_ (_hommes qui font_). » 1

_Lacs de soie_ (_femmes qui font_). » 1

_Laine_ (_femmes qui euvrent de_). Cf. _file » 2 laine_ (_qui_).

_Lampiers_, fabricants de lampes et de 5 6 chandeliers.

_Laneeurs_, ouvriers qui chardonnaient le 2 5 drap pour le rendre pelu.

_Lanières._ » 18

_Laniers_, marchands de laine? » 16

_Lanterniers_, fabricants de lanternes. 3 8

_Lanterniers d’archal._ » 1

_Laveeurs de robes_, dégraisseurs. » 1

_Lieeurs_, relieurs de livres. 17 4

_Lingiers_, _lingières_. Les lingers et 3 8 lingères recensés par Géraud sont au nombre de 5; mais il a compté à tort parmi les lingers un marchand de fil de lin (_qui vent file linge_) et un linier (_lingnier_), c’est-à-dire un marchand de lin.

_Loiriers_, probablement, comme le pense » 1 Géraud, fabricants de courroies, corroiers, courraiers.

_Lorimières._ » 1

_Lorimiers_, lormiers[37]. 39 49

_Maçonnes_, femmes de maçons. » 1

_Maçons._ 104 122

_Maçons_ (_Aides à_). » 7

_Madelinières._ Cf. _mazelinniers_. » 2

_Maignans._ Cf. _chaudronniers_. 12 4

_Males_ (_qui font_). » 1

_Maliers_, maletiers. » 1

_Manches_ (_feseeurs de_, _qui font_). 2 1

_Mareschales._ »

_Mareschaux._ 34

_Mareschaux_ (_Vallets_). 3 »

_Mazelinniers._ Cf. _madelinières_. 5 » Fabricants de vases en madre.

_Mercières._ » 23

_Merciers._ 70 129

_Merciers_ (_Vallets_). 1 1

_Mereaux de plomb_ (_fabricants de_). » 1

_Mesgissiers[38]._ 23 38

_Meunières._ » 4

_Meuniers._ 56 17

_Miel_ (_qui fait_, _qui vend_). 1 1

_Miroeriers_, fabricants de miroirs. 4 5

_Miteniers._ » 1

_Monnaies_ (_qui fait les coins de la_). » 1

_Monnoiers._ 19 »

_Monnoiers_ (_Vallets_). 1 »

_Morteliers._ 8 6

_Mouleeurs._ Ouvriers qui fondaient dans des 2 » moules des boucles, des sceaux et autres petits objets en cuivre et en archal. Voy. leur statut dans le _Livre des mét._

_Mouleeurs_ (_Vallets_). 1 »

_Moustardières._ » 1

_Moustardiers._ 10 7

_Nates_ (_qui font_). » 1

_Natiers._ 1 »

_Navetiers_, fabricants de navettes de 4 1 tisserands. Ce mot a conservé cette signification.

_Nes_ (_qui euvrent es_). » 1

_Oiers_, rôtisseurs. 3 »

_Orbateurs_, batteurs d’or. 6 14

_Orfaveresses._ » 2

_Orfévres._ 116 251

_Orfévres_ (_Vallets_). 2 7

_Orfrosiers_, faiseurs d’orfroi, 1 » c’est-à-dire de galon.

_Oublaières._ » 2

_Oubloiers_, faiseurs d’oublies[39]. 29 24

_Paneliers._ D’après Géraud, ils faisaient 3 2 des panneaux pour prendre les lapins.

_Panonceaux_ (_qui font_). » 1

_Paonnières_, chapelières de paon. » 1

_Paonniers_, chapeliers de paon. 5 2

_Pareeurs._ C’était, sous un autre nom, les 5 4 mêmes ouvriers que les _laneeurs_.

_Pataières._ » 6

_Pataiers_, pâtissiers. 68 55

_Pataiers_ (_Vallets_). 4 »

_Patenôtrières._ » 3

_Patenôtriers[40]._ 14 14

_Pauciers_, peaussiers. 1 »

_Paveurs._ » 1

_Peautre_ (_batteurs de_). Cf. _peautriers_, » 1 _piautriers_.

_Peautriers[41]._ » 2

_Peintres._ 33 38

_Peintres_ (_Vallets_). » 2

_Peletières._ » 6

_Peletiers._ 214 338

_Peletiers_ (_Vallets_). 5 8

_Pelliers._ Géraud interprète ce mot par 6 6 fabricants ou marchands de perles.

_Perrières._ » 1

_Perriers_, joailliers[42]. 13 8

_Piautriers._ Cf. _Peautre_, _peautriers_. » 3

_Pigneresses_, ouvrières qui peignaient les 3 2 matières textiles.

_Pigneresses de laine._ » 1

_Pigneresses de soie._ » 1

_Pigniers._ 9 3

_Piqueeurs_, faiseurs de piques. 3 2

_Plastriers._ 36 22

_Plastriers_ (_Compagnons_). » 1

_Plommiers_, _ploumiers_. C’était des 1 1 fabricants de _plommées_, ou fléaux terminés par une boule de plomb, bien plutôt que des brodeurs (plumarii).

_Potières._ » 8

_Potières d’étain._ » 2

_Potiers._ 54 36

_Potiers d’étain[43]._ » 3

_Potiers de terre._ » 1

_Poulaillères_, marchandes de volailles et » 5 de gibier.

_Poulaillers._ 49 43

_Pouletières_, _pouletiers_. Faisaient le 3 » même commerce[44].

_Queus._ Cf. _cuisiniers_. 23 »

_Rafreschisseeurs._ Ils remettaient à neuf » 3 les vêtements. Voy. _Ord. relat. aux mét._, p. 425.

_Recouvreeurs_, couvreurs. 21 31

_Recouvreeurs_ (_Vallets_). 1 »

_Relieurs_, Voy. _lieurs_. » »

_Retondeeurs_, ouvriers qui tondaient les 9 2 draps qui avaient subi déjà une première tonte.

_Retordent fil_ (_qui_). » 1

_Saintiers_, fondeurs de cloches. Voy. » 1 _Compte de la refonte d’une cloche de Notre-Dame de Paris en 1396_, tirage à part, p. 9.

_Sarges_ (_qui fet les_). 1 »

_Sargiers._ » 2

_Sarrasinoises_ (_qui fait œuvres_). » 1

_Savonniers_, fabricants de savons. 8 5

_Scieurs d’es_, scieurs de long. Cf. » 2 _siéeurs_.

_Séelleeurs_, graveurs de sceaux. 8 7

_Séelleeurs_ (_Vallets_). 2 »

_Selières._ » 2

_Seliers._ 51 63

_Seliers_ (_Vallets_). 7 1

_Serruriers[45]._ 27 36

_Siéeurs_, Cf. _scieurs_. 7 »

_Soie_ (_femmes qui carient_). » 2

_Soie_ (_qui dévident_). » 1

_Soie_ (_femmes qui font tissus de_). » 1

_Soie_ (_ouvrières de_). » 38

_Soie_ (_ouvriers de_). » 4

_Sonnettes_ (_hommes qui font_). » 1

_Soufletiers_, fabricants de soufflets. 2 3

_Sueurs_, cordonniers. 25 27

_Tabletières._ » 1

_Tabletiers._ Ils faisaient des tables, des 21 19 étuis, etc., en bois, en ivoire, en corne. Voy. leur statut dans le _Livre des mét._

_Taçonneeurs_, savetiers. 1 »

_Taières_, _toières_. 7 »

_Taiers._ Ils faisaient probablement les » 3 taies d’oreillers.

_Tailleresses._ 1 »

_Tailleurs._ 124 160

_Tailleurs_ (_Vallets_). 7 »

_Tailleurs de dras._ 1 »

_Tailleurs d’or._ 1 »

_Tailleurs de pierre._ 12 31

_Tailleurs de robes._ 15 27

_Talemelières._ » 5

_Talemeliers._ 62 131

_Talemeliers_ (_Vallets_). 5 2

_Taneeurs._ 2 30

_Taneeurs_ (_Vallets_). » 2

_Tapicières._ » 1

_Tapiciers[46]._ 24 29

_Teinturières._ » 2

_Teinturiers._ 15 33

_Teinturiers_ (_Vallets_). » 2

_Teinturiers de robes._ 2 »

_Teinturiers de soie._ » 3

_Telières._ » 6

_Teliers_, tisserands de toiles. Voy. Du 11 1 Cange, vº _telarius_.

_Tiretainiers._ 4 »

_Tisserandes de toiles._ » 2

_Tisserands_, _tisserandes_[47]. 82 360

_Tisserands_ (_Vallets_). » 2

_Tisserands de lange_, tisserands drapiers. » 1

_Tisserands de linge_, tisserands de toile. 4 7

_Tisserands de soie._ » 1

_Tissus_ (_qui fait_, _feseresse de_). 2 »

_Toiles_ (_qui bat les_). 1 »

_Toilliers._ Ce mot doit être compris comme 3 » teliers.

_Tondeurs._ 20 36

_Tonnelières._ » 2

_Tonneliers._ 70 89

_Tonneliers_ (_Vallets_). 2 »

_Tourneurs._ 12 15

_Treffiliers._ 8 9

_Treffiliers d’argent._ » 1

_Tripières._ » 3

_Tripiers._ 3 3

_Trompeeurs_, faiseurs de trompes et non pas 3 4 joueurs de trompes, comme le dit Géraud. Voy. _Ord. relat. aux mét._, p. 360-361.

_Trumeliers_, fabricants de l’armure qui 1 » couvrait les jambes et qu’on appelait _trumelières_.

_Tuiliers_, fabricants de tuiles. 22 9

_Vanetiers._ 1 »

_Vaniers._ Ces deux mots sont synonymes. 4 »

_Veilliers_, fabricants de vrilles. Ils 3 2 appartenaient à la corporation des févres.

_Veluet_ (_qui fait le_), ouvrier en velours. 1 »

_Verriers_, _voirriers_, verriers. 17 14

_Viroliers_, faiseurs de viroles. Cf. 3 5 _garnisseeurs_.

_Voirrières._ » 1

Disons maintenant dans quelles branches d’industrie Paris se distinguait et s’était fait une réputation. La draperie parisienne, sans atteindre le même développement que celle de Flandre, avait pris une assez grande extension. La capitale était une des villes «_drapantes_» qui composaient la hanse de Londres[48]. L’étoffe de laine qu’on y fabriquait sous le nom de _biffe_ jouissait d’une grande renommée[49]. Le _Dit du Lendit rimé_ parle des draps parisiens[50] qui sont également mentionnés dans les tarifs des marchandises vendues aux foires de Champagne[51]. De tous les gens de métiers inscrits dans le rôle de 1313, les drapiers sont certainement les plus imposés, et par conséquent les plus riches. Il en est dont la cote s’élève à 24 livres, à 30 liv., à 127 liv., à 135 liv., et c’est un drapier qui supporte la plus forte contribution du rôle, qui est de 150 livres[52].

La mercerie était aussi très-florissante à Paris et y attirait un grand concours de marchands de tous les pays[53]. Le commerce des merciers comprenait des objets très-divers, dont la fabrication exigeait déjà ce goût et ce savoir-faire qui recommandent aujourd’hui les produits parisiens à l’étranger[54].

Enfin la bijouterie parisienne était très-estimée, à en juger par des vers du roman d’Hervis qui la mettent sur le même rang que les draps de Flandre[55].

L’activité industrielle et commerciale se déployait surtout sur la rive droite de la Seine qu’on appelait le quartier _d’outre Grand-Pont_. Les artisans de même profession étaient fréquemment groupés dans le même quartier; mais il ne faut pas considérer cet usage comme étant d’une constance absolue, car les artisans et les consommateurs avaient un intérêt commun à ce que chaque industrie n’eût pas un centre unique, les premiers pour ne pas se faire une concurrence préjudiciable, les seconds pour trouver à leur portée les produits dont ils avaient besoin. Aussi, quand on parcourt les registres des tailles de 1292, de 1300 et de 1313, ne s’étonne-t-on pas de la diversité des métiers qui s’exerçaient, pour ainsi dire, côte à côte. Cependant le nom seul de certaines rues, qui s’est conservé jusqu’à nos jours, prouverait qu’elles étaient, à l’origine du moins, le siége d’une industrie spéciale. Le nom de la Mortellerie est expliqué par le passage suivant: «... en la rue de la Mortèlerie, devers Saine, où l’on fait les mortiers[56]...» La population de la Tannerie se composait en majorité de tanneurs[57]. Les selliers, les lormiers et les peintres étaient domiciliés en grand nombre dans la partie de la _Grant Rue_ ou rue Saint-Denis, qui s’étendait depuis l’hôpital Sainte-Catherine jusqu’à la porte de Paris, et qui était appelée la _Sellerie_[58]. La rue Erembourg de Brie portait aussi le nom de rue des Enlumineurs, qu’elle devait à la profession de ses habitants composés presque exclusivement d’enlumineurs, de parcheminiers et de libraires[59]. C’était dans les rues Trousse-Vache et Quincampoix que les marchands de tous les pays venaient s’approvisionner de mercerie[60]. Les tisserands étaient établis dans le quartier du Temple, rue des Rosiers, des Ecouffes, des Blancs-Manteaux, du Bourg-Thibout, des Singes ou Perriau d’Etampes, de la Courtille-Barbette et Vieille-du-Temple[61]. Jean de Garlande nous apprend que les _archers_, c’est-à-dire les fabricants d’arcs, d’arbalètes, de traits et de flèches, avaient élu domicile à la Porte Saint-Ladre[62]. On comptait un grand nombre de fripiers dans la paroisse des Saints-Innocents[63]. Les _attachiers_ demeuraient sur la paroisse Saint-Merry, car, durant le carême, ils cessaient de travailler quand complies sonnaient à cette église[64].

Ces agglomérations, dont nous pourrions donner d’autres exemples, s’expliquent par plusieurs causes. D’abord, les membres d’une association, unis par des occupations et des intérêts communs, ont une tendance naturelle à se grouper. Indépendamment de cette cause générale, plusieurs corps de métiers étaient attirés dans certains quartiers par les exigences de leurs industries, d’autres ne pouvaient s’en écarter pour des raisons d’hygiène ou de police. Certaines industries, telles que la teinturerie, ne pouvaient s’exercer que dans le voisinage d’un cours d’eau[65]. Au mois de février 1305 (n. s.), Philippe le Bel rétablit les changeurs sur le Grand-Pont, qu’ils occupaient déjà avant sa destruction, et défendit de faire le change ailleurs[66]. Il est aisé de découvrir le motif de cette interdiction: le commerce de l’argent, se prêtant à des fraudes nombreuses, nécessitait une surveillance active que la réunion des changeurs dans un lieu aussi fréquenté que le Grand-Pont, rendait beaucoup plus facile[67]. C’est sans doute pour la même raison que le prévôt de Paris assigna aux billonneurs une place nouvellement créée vis-à-vis de l’Écorcherie, au bout de la Grande-Boucherie. Plusieurs obtinrent de rester dans la rue au Feurre, en représentant qu’elle était située au centre de Paris, près de la rue Saint-Denis, la plus commerçante de la ville, et dans le voisinage des Halles. Les billonneurs domiciliés sur le Grand et le Petit-Pont furent compris dans cette exception, les autres durent se conformer à la mesure prise par le prévôt[68]. En 1395, le procureur du roi au Châtelet voulait obliger les mégissiers qui corroyaient leurs cuirs dans la Seine depuis le Grand-Pont jusqu’à l’hôtel du duc de Bourbon, à transporter plus en aval leur industrie, parce qu’elle corrompait l’eau nécessaire aux riverains et aux habitants du Louvre et dudit hôtel[69].

L’intérêt de la salubrité publique avait fait placer les boucheries hors de la ville[70], parce qu’à cette époque on avait l’habitude d’y abattre et d’y équarrir les bestiaux. La Grande-Boucherie ne fit partie de Paris que depuis l’agrandissement de la capitale par Philippe-Auguste. Elle était située au nord du Grand-Châtelet[71], et désignée aussi sous les noms de boucherie Saint-Jacques, du Grand-Châtelet et de la porte de Paris. Elle se composait de trente et un étaux et d’une maison commune nommée le _four_ du métier, parce que le maître et les jurés y tenaient leurs audiences[72].

Les étaux des bouchers de Sainte-Geneviève se trouvaient dans la rue du même nom. Ils y jetaient le sang et les ordures de leurs animaux et avaient fait pratiquer à cette fin un conduit qui allait jusqu’au milieu de la voie. Un arrêt du Parlement, du 7 septembre 1366, les obligea à abattre, vider et apprêter les bestiaux hors Paris, au bord d’une eau courante[73].

Dom Bouillart attribue à Gérard de Moret, abbé de Saint-Germain des Prés, la création de la boucherie du bourg de ce nom[74]. Cependant, Jaillot assure que des actes du XIIe siècle font mention des bouchers de Saint-Germain[75]. Quoi qu’il en soit, par une charte du mois d’avril 1274-75, l’abbé Gérard loua à perpétuité aux bouchers y dénommés et à leurs héritiers seize étaux, situés dans la rue conduisant à la poterne des Frères mineurs, et appelée depuis rue de la Boucherie[76]. Le loyer de ces seize étaux s’élevait à 20 livres tournois, payables aux quatre termes d’usage à Paris, et était dû solidairement par chaque boucher. Le nombre ne pouvait en être augmenté ni diminué sans l’autorisation de l’abbé. Ceux qui devenaient vacants par la mort ou l’absence du locataire, ne pouvaient être loués qu’à des personnes originaires du bourg, et pour une somme qui ne devait pas dépasser 20 sous parisis. La vacance ou même la destruction de l’un d’eux n’opérait pas de réduction dans le loyer dont le taux restait fixé à 20 livres. Le défaut de payement amenait la saisie des biens meubles de tous les bouchers ou de l’un d’eux (_communiter vel divisim_), jusqu’à l’acquittement intégral de la dette. L’abbaye avait aussi la faculté de confisquer leurs viandes en cas de non-payement ou de violation d’une clause du bail. Dans la suite, les bouchers qui occupaient alors les étaux, convertirent spontanément les livres tournois en livres parisis et augmentèrent par là le loyer d’un quart. La charte rédigée à cette occasion, le mercredi 29 mars 1374 (n. s.), constate deux autres modifications apportées au bail. Le boucher sur lequel la saisie avait été opérée pour le tout eut désormais, contre ses codébiteurs solidaires, un recours dont la première charte ne parle pas, et l’étranger qui épousait une femme native du bourg, fut admis à s’y établir boucher pendant la durée du mariage. Indépendamment de ces seize étaux, la même rue en contenait trois autres qui ne sont pas compris dans le bail. L’abbé Richard, de qui émane la charte, prévoyant le cas où ce nombre augmenterait, se réserva, ainsi qu’à ses successeurs, le droit de les louer à des bouchers connaissant bien leur état et nés à Saint-Germain[77].

La fondation d’une nouvelle boucherie rencontrait l’opposition des bouchers du Châtelet, qui y voyaient une atteinte à leur monopole. Ils eurent un procès devant le Parlement avec les Templiers, au sujet d’une boucherie que ceux-ci faisaient construire dans une terre, sise aux faubourgs de Paris. Les adversaires des Templiers prétendaient être en possession d’instituer leurs fils bouchers avec la faculté d’exercer cette industrie pour toute la ville, sous la condition de l’autorisation royale[78]. Personne, disaient-ils, fût-ce un seigneur justicier, ne pouvait créer des bouchers, ni construire une boucherie à Paris ou dans les faubourgs, à l’exception de ceux qui en avaient depuis un temps immémorial. Philippe III, avec leur assentiment, accorda aux Templiers la permission d’avoir hors des murs deux étaux, dont la longueur ne devait pas dépasser douze pieds, et d’y établir deux bouchers, qu’ils ne seraient pas obligés de prendre parmi les fils de maîtres[79]. Il était permis à ces bouchers de faire écorcher et préparer les bestiaux par leurs garçons, mais ils étaient tenus de les dépecer et de les vendre en personne. Le roi les affranchit de tous les droits auxquels la corporation était sujette, en déclarant qu’il n’entendait pas porter atteinte par cette concession aux usages et priviléges de ladite corporation[80]. Cette transaction, datée du mois de juillet 1282, nous fait connaître l’origine de la boucherie du Temple.

Le 2 novembre 1358, le dauphin Charles autorisa le prieuré de Saint-Éloi à établir six étaux à bouchers dans sa terre située près de la porte Baudoyer et au delà de la porte Saint-Antoine. Le prieur obtint cette faveur en faisant valoir la commodité qu’elle procurerait aux habitants du quartier Saint-Paul, dont toutes les boucheries se trouvaient fort éloignées, et l’exemple de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés et du prieuré de Saint-Martin-des-Champs, qui avaient des boucheries dans les faubourgs[81].

L’évêque de Paris possédait un étal situé entre la grande et la petite porte de l’Hôtel-Dieu. Cette position causant beaucoup d’incommodité aux malades et aux personnes de la maison, l’évêque et l’hospice s’accordèrent pour qu’il fût transporté plus loin, dans la rue Neuve-Notre-Dame, à condition qu’il resterait sous la juridiction du prélat, et que le boucher qui l’occuperait conserverait ses priviléges. Philippe de Valois consentit à l’un et à l’autre, au mois de décembre 1345[82].

Mentionnons enfin la boucherie du bourg de Saint-Marcel et celle du Petit-Pont, qui était sous la juridiction de Saint-Germain-des-Prés[83].

NOTES:

[2] Les Francs avec lesquels Clovis conquit la Gaule jusqu’à la Seine étaient peu nombreux; les terres du domaine public et les terres sans maître leur suffirent et ils ne dépouillèrent pas les Gallo-Romains d’une partie de leurs propriétés, comme le firent les Burgondes et les Visigoths. Voyez Waitz, _Deutsche Verfassungsgeschichte_, II, 54-55.

[3] Guérard, _Prolégomènes du Polyptique d’Irminon_, § 236. Pour donner une idée de la condition du travail avant le XIIe siècle, nous avons dû étendre les renseignements fournis par de trop rares documents à une époque antérieure à celle où ces documents ont été rédigés.

[4] _Ibid._ Voyez aussi l’organisation du personnel attaché au service des évêques de Worms au commencement du XIe siècle. Arnold, _Verfassungsgeschichte der Deutschen Freistædte_, I, 66-69.

[5] «Si mariscalcus qui super duodecim caballos est, occiditur... Si coquus qui juniorem habet occiditur, quadraginta sol. componatur. Si pistor, similiter. Faber aurifex aut spatharius qui publice probati sunt, si occidantur, quadraginta sol. componantur. _Lex Alamannorum_, tit. 79. Si quis servum natione barbarum occiderit lectum ministerialem... Qui aurificem lectum... Qui fabrum argentarium... Qui fabrum ferrarium... Qui carpentarium bonum occiderit...» _Lex Burgundionum_, tit. X. Voyez aussi le capitulaire _de Villis_, cap. 45.

[6] Cap. _de Villis_, cap. 43 et 49 et Guérard, _Prolégomènes du Polyptique d’Irminon_, § 336 et 337.

[7] «Quicunque vero servum suum aurificem, argentarium, ferrarium, fabrum ærarium, sartorem vel sutorem, in publico attributum artificium exercere permiserit, et id quod ad facienda opera a quocunque suscepit, fortasse everterit, dominus ejus aut pro eodem satisfaciat, aut servi ipsius, si maluerit, faciat cessionem.» _Lex Burgund._ tit. XXI, § 2. La responsabilité du maître prouve qu’il profitait en partie de l’argent gagné par l’esclave, mais le mot _permiserit_ suppose que celui-ci était intéressé à travailler pour le public et qu’il gardait une partie du salaire.

[8] Voyez les textes note 5 ci-dessus. Gfrörer tire de ces textes des conséquences bien exagérées. Cette distinction entre les ouvriers ordinaires et les ouvriers d’élite, _approuvés_ suppose, selon lui, qu’il existait des corporations libres devant lesquelles ces derniers avaient fait preuve de capacité. _Zur Geschichte Deutscher Volksrechte im Mittelalter_, II, 143. Nous croyons que la supériorité de ces ouvriers était suffisamment établie par l’empressement avec lequel leurs services étaient recherchés.

[9] «Et si in ecclesia vel infra curtem ducis vel in fabrica vel in molino aliquid furaverit... quia istas quatuor domus casæ publicæ sunt et semper patentes.» _Lex Bajuv._ IX, 2.

[10] «Puer Parisiacus, cujus artis erat vestimenta componere... erat enim ingenuus genere.» Gregor. Tur. _Mir. S. Martini_, II, 58.

[11] Voy. le § 2, tit. XXI de la _Lex Burgund._ cité plus haut.

[12] Voyez Leroy, _Dissertation sur l’origine de l’Hôtel de Ville_ en tête de l’_Hist. de Paris_ de Félibien.

[13] _Tractatus de laudibus Parisius_, chap. 3 et 4 de la IIe partie dans _Paris et ses historiens aux XIVe et XVe siècles_, par MM. Le Roux de Lincy et Tisserand.

[14] _Description de Paris au XVe siècle_, par Guillebert de Metz, même ouvrage, p. 198.

[15] Des statuts de 1397 nomment 24 aiguilletiers et 2 aiguilletières. Arch. nat. _Livre rouge vieil du Chât._ Y II, fº 143 vº.

[16] A la fin du XIIIe siècle, 124 faiseuses d’aumônières sarrasinoises, tant maîtresses qu’ouvrières, firent enregistrer leurs statuts au Châtelet. _Ord. relat. aux mét._, à la suite du _Livre des métiers_, p. 382. C’est une preuve entre plusieurs autres que les rôles de tailles ne contiennent pas le dénombrement complet de la population ouvrière de Paris.

[17] En 1325, il y en avait 18. Bibl. nat. Ms. fr. 24069, fol. 128.

[18] En 1404 (n. s.), on comptait environ 23 bourreliers (_Reg. des bann._ Y 2, fº 215 vº); nous en relevons 26 dans un accord passé entre eux et les selliers-lormiers le 16 avril 1405. (n. s.) _Ibid._ fº 224.

[19] En 1321 (n. s.) nous constatons l’existence de 14 boursiers et boursières de bourses en lièvre et en chevrotin. La plupart sont d’origine anglaise. Dans le nombre se trouve un mercier, dont le commerce comprenait bien d’autres objets que les bourses. Ms. fr. 24069, fº 44 vº. Remarquons que ces 14 personnes paraissent s’être occupées seulement de la vente des bourses.

[20] Par lettres-patentes du 26 septembre 1369, Charles V accorda le monopole de la fabrication de la bière à Paris à 21 brasseurs. Le roi réserva seulement aux quatre Hôtels-Dieu le droit de brasser de la cervoise pour la consommation des pauvres et des gens de la maison. (_Ord. des rois de Fr._ V, 222.)

[21] A la fin du XIIIe siècle, Paris comptait 80 brodeuses et 13 brodeurs. (_Ord. relat. aux mét._ p. 379.) Dans un règlement de 1303 figurent 25 brodeuses (ordené de tout le commun... especialment de Jehanne, etc.). Arch. nat. KK 1336, fº 113. En 1316, le nombre des ouvriers et ouvrières en broderie s’élevait à 179. Fr. 24069, fº 179. Dans ce dernier chiffre sont probablement compris les simples ouvriers et ouvrières.

[22] Le commerce des chandelles de cire, autrement dit des bougies, était dans la dépendance du chambellan de France. Cet officier avait inféodé à un particulier la maîtrise des 26 chandeliers de cire, qui avaient le monopole de la fabrication des bougies. Le maître et les chandeliers vendaient, moyennant un prix dont le maximum fut fixé par le Parlement à 5 s. tourn. par an, le droit de faire le commerce des chandelles de cire. C’était presque exclusivement des femmes qui se livraient à ce commerce (_Livre du Chât. rouge troisième_, fº 99 et Félibien IV, 525): «Les venderesses de chandelles de cire par la ville de Paris doyvent avoir congé des maistres des XXVI mestiers de cire.» Enquête du Parlem. de la Toussaint 1279. L. Delisle, _Restitution d’un vol. des Olim_, nº 388. En 1320, les pauvres femmes qui colportaient les bougies étaient en procès devant le prévôt de Paris avec le propriétaire des 26 maîtrises de chandeliers et les 26 maîtres chandeliers. (_Registre des bannières_, Y 3, fº 99.) Les bougies étaient faites aussi par les épiciers. _Ordonnance prévôtale sur les épiciers_, 30 juillet 1311. Ms. fr. 24069, fº 84 vº.

[23] Le _Livre des métiers_ nous fait connaître trois autres corporations qui travaillaient pour la coiffure et qui ne paraissent pas avoir été représentées dans les registres de 1292 et de 1300: les chapeliers de fleurs, les chapeliers de paon et les chapelières d’orfroi.

[24] Les maîtres chauciers qui prêtèrent serment d’observer les statuts rédigés au temps d’Ét. Boileau étaient au nombre de 45. Les mêmes statuts font connaître le nom de 33 ouvriers; mais, en ce qui touche les ouvriers, l’énumération des statuts est loin d’être complète. _Livre des mét._ p. 140-141.

[25] En 1327, il y avait à Paris 46 chaudronniers et chaudronnières. Ms. fr. 24069, fº 32 vº.

[26] Plus d’un siècle après la levée de nos deux tailles, en 1418, l’épidémie enlevait à Paris, en deux mois, 1800 cordonniers, tant patrons qu’ouvriers. (_Journal parisien sous les règnes de Charles VI et de Charles VII._)

[27] En 1369 (n. s.), la fabrication des lames de couteaux occupait environ 23 couteliers. (Arch. nat. KK 1336, fº 25.)

[28] En 1347, 37 coutiers et coutières firent ajouter par le prévôt de Paris plusieurs articles à leurs statuts. Ms. fr. 24069 entre le fº 83 et le fº 84, et _Ord. des rois de Fr._ V, 548, où ces articles sont datés mal à propos de 1341.

[29] En 1404 (n. s.), la corporation fut représentée devant le prévôt de Paris par 27 maîtres ou maîtresses. (_Reg. des bann._ Y 2, fº 210.)

[30] A la fin du XIVe siècle, les écriniers dépassaient le nombre de 24. (_Reg. du Parl._ X{ia} 43, fº 266.)

[31] Nous trouvons 40 émailleurs d’orfévrerie à la fin du XIIIe siècle. Ms. fr. 24069, fº 78.

[32] On ne trouve guère plus d’une vingtaine de noms d’épiciers dans l’ordonnance rendue par le prévôt le 30 juillet 1311. Ms. fr. 24069, fº 84 vº.

[33] A la fin du XIIIe siècle, les forcetiers parisiens étaient au nombre de 13. (_Ord. relat. aux métiers_, p. 358.)

[34] Plus de 300 foulons allèrent au-devant de Philippe le Hardi lorsqu’il rapporta d’outre-mer les ossements de saint Louis. (_Hist. de Fr._ XX, 181, D.)

[35] Les statuts de 1290 nomment 40 patrons et 65 ouvriers fourbisseurs. (_Ord. relat. aux mét._, p. 367-368.) Huit ans après, le nombre des patrons était réduit à 29. (_Ibid._ p. 369.)

[36] Dans ce nombre sont comprises les huilières.

[37] Nous constatons l’existence de 64 lormiers en 1304, de 50 en 1310, de 47 en 1320. Ms. fr. 24069, fº 96-98.

[38] En 1324 (n. s.), je compte 35 patrons mégissiers. Ms. fr. 24069, fº 197. En 1395, les mégissiers établis ne dépassaient guère le nombre de 15. (_Reg. d’aud. du Chât._ Y 5220, à la date du 24 septembre.) Dans des statuts de 1407, on trouve l’énumération «de la plus grant et saine partie des mégissiers de nostre bonne ville». Cette énumération comprend 17 mégissiers. (_Ord. des rois de France_, IX, 210.) Nous connaissons le nombre des simples ouvriers mégissiers en 1399 (n. s.), il ne s’élevait guère au-delà de 32. (_Reg. d’aud. du Chât._ Y 5221, fº 82.)

[39] En 1397, «la plus grant et saine partie» du métier se composait de 29 oubliers. _Ord. des rois de Fr._ VIII, 150.

[40] Au temps d’Ét. Boileau, la fabrication des chapelets de corail et de coquilles occupait 14 patenôtriers et une patenôtrière. (_Livre des mét._ p. 70.)

[41] Une ordonnance de 1305 (n. s.) nous fait connaître les noms de 13 patrons peautriers (Ms. fr. 24069, fol. 31 vº). Quelque temps après que cette ordonnance eut été rendue, 9 personnes y adhérèrent successivement, parmi lesquelles un potier qui travaillait aussi le peautre au martel. (_Ibid._)

[42] En 1340 Paris possédait 14 pierriers de verre. Ms fr. 24069, fol. 268.

[43] En 1304 (n. s.), la corporation des potiers d’étain ne comptait guère plus de 19 patrons. Ms. fr. 24069, fº 29 vº.

[44] On sera frappé de l’absence des pourpointiers ou doubletiers dans cette nomenclature. Ils ne firent rédiger leurs statuts qu’en 1323 (voy. _Append._ nº 45) parce qu’ils commençaient alors à se multiplier et avaient déjà 14 ateliers. Ce n’est donc que vers cette époque que la mode des pourpoints se répandit, elle était encore inconnue au commencement du XIVe siècle. Ce sont ces statuts dont M. Quicherat veut parler, p. 206, et auxquels il donne par distraction la date de 1296.

[45] En 1392 le nombre des serruriers ne dépassait guère 59. (_Reg. des bannières_, Y 2, fº 116 vº.)

[46] En 1302, 10 tapissiers de haute lice et 6 tapissiers sarrasinois représentent la corporation devant le prévôt de Paris. Ms. fr. 24069, fº 241.

[47] Dont 350 tisserands et 10 tisserandes.

[48] Bourquelot, _Études sur les foires de Champ._ p. 134 et suiv.

[49] _Proverbes et dictons populaires_, éd. Crapelet cités par le même auteur, p. 231.

[50] Barbazan et Méon, _Fabliaux et contes_, II, 301.

[51] Bourquelot, _op. laud._ I, 144.

[52] Voy. dans notre nomenclature, vº _foulons_.

[53]

Et reviennent de toz païs Les bons marcheans à Paris Por la mercerie achater...

Le _Dit des marchéans_ à la suite des _Proverbes et dictons populaires_ publiés par Crapelet.

[54] Voy. le même dit et le _Dit des merciers_ dans le même recueil, ainsi qu’à l’append. la pièce nº 51.

[55] Voy. les _Études sur les foires de Champ._ p. 114, 306, 307.

[56] _Cartul. de Notre-Dame_, III, 360.

[57] _Liv. de la taille de 1313_, p. 113 et 114.

[58] _Liv. de la taille de 1313_, p. 99 et le plan de Géraud.

[59] Jaillot, _Rech. sur Paris_, V, _quart. Saint-André_, p. 44, et Sauval, _Antiq. de Paris_, I, 119. Rôle de 1292, ed. Géraud, p. 156-157 et rôle de 1300, fol. 291 vº.

[60] Le _Dit des marchéans_, loc. cit.

[61] _Histor. de Fr._ XX, 299, A. et rôle de 1300.

[62] Voy. son _Dictionnaire_, nº XVIII, à la suite de _Paris sous Philippe le Bel_.

[63] _Liv. de la taille de 1313_, p. 51.

[64] _Liv. des mét._ p. 64.

[65] Jaillot, IV, _quart. de la place Maubert_, p. 104.

[66] «... Duximus ordinandum, quod cambium Parisius erit et tenebitur supra nostrum magnum pontem solummodo a parte Gravie inter ecclesiam Sancti Leofredi et majorem archam sive deffectum ipsius pontis, prout hactenus ante corruptionem pontis ejusdem quondam lapidei extitit consuetum; item quod nulli omnino liceat alibi quam in loco illo cambiare...» _Ordonn. des rois de Fr._ I, 426.

[67] A Rouen, le change ne pouvait se faire que dans la rue de _Corvoiserie_. Ce qui prouve qu’en fixant l’endroit où les changeurs devaient avoir leurs boutiques, l’autorité avait pour but de faciliter la surveillance, ce sont les fraudes commises par plusieurs changeurs rouennais qui s’étaient établis dans des lieux obscurs et retirés. _Ibid._ I, 789.

[68] Arch. de la Préf. de Pol. _Cop. du liv. vert vieil premier_, fº 7 rº.

[69] _Reg. d’aud. du Chât._ Y 5220 à la date du 6 novembre 1395.

[70] «... Car l’en faisoit et les boucheries et les cimentières tout hors des cités pour les punaisies et pour les corrupcions eschiever.» _Descript. de Paris sous Charles V_ faisant partie du commentaire de Raoul de Presles sur la _Cité de Dieu. Paris et ses historiens_, p. 110. Cf. Lebeuf, _Mém. sur l’hist. d’Auxerre_, III, 203.

[71] Géraud, _ouv. cité_, p. 375-76, et le plan.

[72] Sauval, I, 633. C’est ainsi que le siége de la juridiction épiscopale était appelé le For-l’Évêque, _forum episcopi_.

[73] _Livre du Châtelet rouge 3º_, fº 96 rº.

[74] _Hist. de Saint-Germ. des Prés_, p. 137.

[75] T. V, _quart. du Luxembourg_, p. 7.

[76] Géraud, _ouv. cité_, p. 343, et le plan.

[77] _Ordon. des rois de Fr._ VI, 73.

[78]... «Dicebant se et predecessores suos esse et fuisse in possessione... faciendi et constituendi carnifices ad scindendum et vendendum carnes pro tota villa, videlicet filios carnificum, auctoritate et assensu nostro...» _Ibid._ III, 260.

[79] «... Quoscumque et qualescumque et de quocumque genere voluerint eligere...» _Ibid._

[80] _Ordonn. des rois de Fr._ III, 260.

[81] _Voy. Append._, nº 1.

[82] Félibien, _Hist. de Paris_, I, 382, et preuves, III, 253. C’est sans doute cet étal qui constituait la boucherie du Parvis mentionnée par l’auteur du _Ménagier de Paris_, II, 80, dans son énumération des boucheries de cette ville.

[83] L. Delisle, _Restit. d’un vol. des Olim_, nº 736.