‹ Fables de FlorianChapitre 3 sur 114 · 1 · Le Bœuf, le Cheval et l’Âne

1 · Le Bœuf, le Cheval et l’Âne

LE BOEUF, LE CHEVAL ET L’ÂNE

<span title=U style="page-break-inside:avoid; break-inside:avoid; max-width: 100%; height: auto; float: left; clear: left; margin-right:15px ; padding-left:5px; width:200px ;text-indent: 0; color:inherit; background-color: transparent; padding-top: 10px; padding-bottom: 0px;
-webkit-shape-outsidepolygon(0 0, 100% 0, 100% 50%, 65% 50%, 65% 100%, 0% 100%);
-moz-shape-outside: polygon(0 0, 100% 0, 100% 50%, 65% 50%, 65% 100%, 0% 100%);
shape-outside: polygon(0 0, 100% 0, 100% 50%, 65% 50%, 65% 100%, 0% 100%);
-webkit-clip-path: polygon(0 0, 100% 0, 100% 50%, 65% 50%, 65% 100%, 0% 100%);
-moz-clip-path: polygon(0 0, 100% 0, 100% 50%, 65% 50%, 65% 100%, 0% 100%);
clip-path: polygon(0 0, 100% 0, 100% 50%, 65% 50%, 65% 100%, 0% 100%); ">

n bœuf, un baudet, un cheval,

Se disputaient la préséance.
Un baudet ! direz-vous, tant d’orgueil lui sied mal.
À qui l’orgueil sied-il ? et qui de nous ne pense
Un baudet ! direz-vous, tant d’orgueilValoir ceux que le rang, les talents, la naissance,
Élèvent au-dessus de nous ?
Le bœuf, d’un ton modeste et doux,
Alléguait ses nombreux services,
Sa force, sa docilité ;
Le coursier sa valeur, ses nobles exercices ;
Et l’âne son utilité.
Prenons, dit le cheval, les hommes pour arbitres.
En voici venir trois, exposons-leur nos titres.

Si deux sont d’un avis, le procès est jugé.
Les trois hommes venus, notre bœuf est chargé
D’être le rapporteur ; il explique l’affaire,
Et demande le jugement.
Un des juges choisis, maquignon bas-normand,
Crie aussitôt : La chose est claire,
Le cheval a gagné. Non pas, mon cher confrère,
Dit le second jugeur : c’était un gros meunier ;
L’âne doit marcher le premier :
Tout autre avis serait d’une injustice extrême.
Oh ! que nenni, dit le troisième,
Fermier de sa paroisse et riche laboureur,
Au bœuf appartient cet honneur.
Quoi ! reprend le coursier, écumant de colère,
Votre avis n’est dicté que par votre intérêt ?
Eh ! mais, dit le Normand, par quoi donc, s’il vous plaît !
N’est-ce pas le code ordinaire ?

Page 1