‹ Fables de La FontaineChapitre 103 sur 238 · II

II

LE LION ET LE CHASSEUR.

Un fanfaron, amateur de la chasse, Venant de perdre un chien de bonne race, Qu'il soupçonnoit dans le corps d'un lion, Vit un berger: Enseigne-moi, de grâce, De mon voleur, lui dit-il, la maison, Que de ce pas je me fasse raison. Le berger dit: C'est vers cette montagne. En lui payant de tribut un mouton Par chaque mois, j'erre dans la campagne Comme il me plaît; et je suis en repos. Dans le moment qu'ils tenoient ces propos, Le lion sort, et vient d'un pas agile. Le fanfaron aussitôt d'esquiver: O Jupiter, montre-moi quelque asile, S'écria-t-il, qui me puisse sauver!

La vraie épreuve du courage N'est que dans le danger que l'on touche du doigt; Tel le cherchoit, dit-il, qui, changeant de langage, S'enfuit aussitôt qu'il le voit.

[Illustration]

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