‹ Fables de La FontaineChapitre 115 sur 238 · XIV

XIV

LE LION MALADE ET LE RENARD.

De par le roi des animaux, Qui dans son antre étoit malade, Fut fait savoir à ses vassaux Que chaque espèce en ambassade Envoyât gens le visiter; Sous promesse de bien traiter Les députés, eux et leur suite, Foi de lion, très-bien écrite: Bon passe-port contre la dent, Contre la griffe tout autant. L'édit du prince s'exécute; De chaque espèce on lui députe. Les renards gardant la maison, Un d'eux en dit cette raison: Les pas empreints sur la poussière Par ceux qui s'en vont faire au malade leur cour, Tous, sans exception, regardent sa tanière; Pas un ne marque de retour: Cela nous met en méfiance. Que sa majesté nous dispense: Grand merci de son passe-port. Je le crois bon: mais dans cet antre Je vois fort bien comme l'on entre, Et ne vois pas comme on en sort.

[Illustration]

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