‹ Fables de La FontaineChapitre 117 sur 238 · XVI

XVI

LE CHEVAL ET L'ANE.

En ce monde il se faut l'un l'autre secourir: Si ton voisin vient à mourir, C'est sur toi que le fardeau tombe.

Un âne accompagnoit un cheval peu courtois, Celui-ci ne portant que son simple harnois, Et le pauvre baudet si chargé qu'il succombe. Il pria le cheval de l'aider quelque peu; Autrement il mourroit devant qu'être à la ville. La prière, dit-il, n'en est pas incivile: Moitié de ce fardeau ne vous sera que jeu. Le cheval refusa, fit une pétarade; Tant qu'il vit sous le faix mourir son camarade, Et reconnut qu'il avoit tort. Du baudet en cette aventure On lui fit porter la voiture, Et la peau par-dessus encor.

[Illustration]

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