‹ Fables de La FontaineChapitre 95 sur 238 · XIV - L'ANE PORTANT DES RELIQUES. - XV

XIV - L'ANE PORTANT DES RELIQUES. - XV

Un baudet chargé de reliques S'imagina qu'on l'adoroit: Dans ce penser il se carroit, Recevant comme siens l'encens et les cantiques. Quelqu'un vit l'erreur, et lui dit: Maître baudet, ôtez-vous de l'esprit Une vanité si folle; Ce n'est pas vous, c'est l'idole A qui cet honneur se rend, Et que la gloire en est due. D'un magistrat ignorant C'est la robe qu'on salue.

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LE CERF ET LA VIGNE.

Un cerf, à la faveur d'une vigne fort haute, Et telle qu'on en voit en de certains climats, S'étant mis à couvert et sauvé du trépas, Les veneurs, pour ce coup, croyoient leurs chiens en faute; Ils les rappellent donc. Le cerf, hors de danger, Broute sa bienfaitrice: ingratitude extrême! On l'entend, on retourne, on le fait déloger: Il vient mourir en ce lieu même.

J'ai mérité, dit-il, ce juste châtiment. Profitez-en, ingrats. Il tombe en ce moment. La meute en fait curée: il lui fut inutile De pleurer aux veneurs à sa mort arrivés.

Vraie image de ceux qui profanent l'asile Qui les a conservés.

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