‹ FablesChapitre 110 sur 128 · Du Grammairien qui enseignait un Ane.

Du Grammairien qui enseignait un Ane.

Un Grammairien se glorifiait d’exceller dans son art au point que, moyennant un salaire convenable, il s’engageait à instruire non seulement des Enfants, mais même un Ane. Le Prince, apprenant la folle témérité du personnage, lui dit : – Si je te donnais 50 ducats, répondrais-tu de pouvoir en dix ans faire l’instruction d’un Ane ? – Dans son imprudence, il répondit qu’il acceptait la mort si, dans cet espace de temps son Ane n’arrivait pas à lire et à écrire. Ses amis étaient étonnés de ses paroles : ils lui reprochaient de s’engager à faire une chose non seulement malaisée et difficile, mais même impossible, et ils craignaient qu’à l’expiration du délai il ne fut mis à mort par le Prince. Il leur répondit : – Avant le terme, ou l’Ane mourra, ou le Roi, ou moi. – Cette fable montre aux gens qui sont exposés à un danger que le délai souvent leur vient en aide.

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