‹ Fantasques: Petits poèmes de propos diversChapitre 16 sur 105 · CLXXVII

CLXXVII

SCÈNE

Les jets d’eau ne sanglotent pas, L’heure est encor trop claire, ils jouent. Sur cette allée où, pas à pas, Le soir vient, des paons font la roue. Au sommet chauve de ce mur, Une chatte marche, sournoise; Dans le feuillage, un coin d’azur Perd ses tons pâles de turquoise. La nuit descend; déjà le sort Du jour malade se décide, Et bientôt prendra son essor Le vol diapré des sylphides. Un farfadet lascif s’étend Sur le lit d’une nymphe brune Et les grenouilles de l’étang Font des madrigaux à la lune. Allons! c’est l’heure de dormir: Le sereno chante sa plainte; Plus un baiser, plus un soupir!... Toutes les lampes sont éteintes!

CLXXVIII

EN CHINE

La plaine, au crépuscule.--Un buffle énorme suit, Bien sagement, l’enfant tout nu qui le conduit. Contre le ciel, ce buffle aux cornes plates semble Démesuré,--l’enfant aussi, mais en petit.

Page 1