‹ Fantasques: Petits poèmes de propos diversChapitre 2 sur 105 · CXLVII - CXLVIII

CXLVII - CXLVIII

NOVEMBRE

Perchés tous deux sur la cime d’un arbre sec, Au centre de la vaste lande monotone, Deux moineaux se sont mis à repasser leur bec, Dans la bise qui siffle et grince.--Fin d’automne.

PRIMAVERA

Ecoutez la saison charmante Qui nous tente: Ecoutez le printemps qui palpite, qui monte En ondes lentes Au cœur des plantes, Au cœur de l’homme, au cœur du monde; Ecoutez le printemps qui raconte La mort de l’hiver et qui chante De folles rondes Qu’en automne, plus tard, les bacchantes Rousses ou blondes Danseront; respirez la senteur persistante Des roses mûres; Prêtez l’oreille au doux murmure Qui nous poursuit sous l’ombre claire des ramures Et qui dévale sur les pentes; Prenez entre vos doigts cette vive corolle, Si plaisamment ornée, Et souriez, parfait symbole: Jeunesse de l’année.

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