‹ Fantasques: Petits poèmes de propos diversChapitre 23 sur 105 · CXCIII - CXCIV

CXCIII - CXCIV

DEUIL

Ils ont perdu, le mois dernier, leur chère tante, Dame pieuse au parler dur... (si méritante!) Ils ne ménagent ni les soupirs, ni les pleurs; Leur cœur sait estimer dix mille francs de rente. La tombe disparaît sous un tapis de fleurs Acquises à bon prix. Cela leur fait honneur.

MIDI

Jour torride... Au ciel pas un nuage, en mer pas une ride: Mer métallique, ciel nu. Des moustiques au chant pointu Intriguent Pour entrer sous ma tente... Spleen épais, inutile fatigue, Fatigue qui m’affadit, Fatigue pesante, Désespoir lourd de midi... Pas un mot... Les cœurs mêmes se taisent! --Je ne saurai plus vivre en ce pays de braise Où le plus cher souvenir se défait, Où la brise jamais ne passe; il me faudrait, Pour mourir en me sentant à l’aise, Pour songer, pour dormir bien au frais, Il me faudrait, pour retrouver le calme, Etre couché, non pas au fond d’un trou, Mais tout en l’air, parmi les palmes, Dans un cercueil très léger de bambou.

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