‹ Fantasques: Petits poèmes de propos diversChapitre 57 sur 105 · CCLXXII

CCLXXII

MAGIE DU SOIR

Des rameaux sombres, découpés Sur l’horizon drapé... Profils grotesques d’arbres noirs Contre le ciel orange; Instants où le soir Aérien se change Par lente magie en nuit... On dirait que s’apaisent Le monde et son bruit, Tandis que les braises Du soleil meurent, Que le ruisseau parle plus bas, Que la brise s’éteint qui chantait tout-à-l’heure, Que le voyageur tâche de feutrer son pas, Que les oiseaux ont peur De se laisser entendre Parmi tous ces murmures sourds, Que l’occident perd ses couleurs... --Ce sont les cendres D’un beau jour.

CCLXXIII

HEURE MAUVAISE

Vraiment, il pleut depuis trop longtemps, je m’ennuie. Lire? quoi donc? Dormir si je pouvais! et pour Aimer, il n’est plus temps. J’écoute, le cœur lourd, Ce discours interminable que fait la pluie.

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