CCCXXXV
TEL QU’ON LE PARLE
Je m’exprime très mal, ne sachant point sa langue, Cependant je lui dis combien elle me plaît; Je crois qu’elle s’émeut de ma douce harangue Mais, hélas! on se refuse, même en anglais.
CCCXXXVI
A LA LUNE DIVINE
Depuis que le plus clair des écus, Depuis que la lune m’a plu, Je parle d’elle à tort et à travers, En prose, en rêve, même en vers. --Soit qu’elle visite une mare, Ou fasse figure de phare, Ou glisse sur le dos D’encre et d’étain des flots, Ou sonde la luisante Seine Et s’y détrempe, Ou caresse mes peines Qui ne s’endorment pas quand j’ai soufflé ma lampe, Cette planète me séduit. Je m’empresse de le lui dire, et le lui dis, Pour mon plaisir et pour le sien peut-être, Quand vient le soir, quand je la vois s’en aller paître, Cornes en avant, ce pré noir, Serré comme un étroit couloir Entre deux murs de coton blanc, ou mieux Quand, ronde et grasse, elle traverse les champs bleus.
CCCXXXVII
INCONVENANCE
Au corps disgracieux, il faut de la tenue... Madame, croyez-moi: ne vous montrez pas nue!
CCCXXXVIII
EN CHINE
Grand repos sur la jonque. Un soir taché de rouille... A l’avant, le coolie industrieux s’épouille.
CCCXXXIX
FÊTE CHAMPÊTRE
On soupe dans le parc. Les violons sont là. La voix du rossignol va leur donner le la.