CCCXLV - CCCXLVI
LE SPECTRE
Retourner sur ses pas est dangereux: on craint De rencontrer, si beau que soit le paysage, Tapi dans l’herbe, cet insidieux chagrin Que l’on pensait avoir tué par le voyage.
SURPRISE
Il pleut, je me sens triste et loin de ce que j’aime... Quelle est cette lueur? Ferait-il beau? Soudain, Je vois dans le ciel gris monter la lune blême, Et les ombres des pins tombent dans mon jardin.
CCCXLVII
LE DANGER
Crains les pièges soyeux et, surtout, ne te livres Pas toute entière aux invites d’un vent subtil, Mouche à l’armure d’or, aux bourdonnements ivres!... L’araignée a, devant ton vol, tendu ses fils.
CCCXLVIII
INUTILE PRUDENCE
Pour que tes rossignols ne puissent voyager Et n’aillent pas chanter chez le seigneur d’en face, Un mur suffira-t-il, autour de ton verger? Souviens-toi que l’oiseau change aisément de place.