II
«Noël! Noël! Par ma gaîne, il pleut des carolus!
--Je vous en bâillerai à chacun une boisselée.
--Point de gab?
--Foi de chevalerie!
--Et qui vous bâillera, à vous, si grosse chevance?
--La guerre.
--Où?
--En Espagnes. Mécréants y remuent l'or à la pelle, y ferrent d'or leurs hacquenées. Le voyage vous duit-il? Nous rançonnerons au pourchas les Maures qui sont des Philistins!
--C'est loin, messire, les Espagnes!
--Vous avez des semelles à vos souliers.
--Cela ne suffit pas.
--Les argentiers du roi vous compteront cent mille florins pour vous bouter le coeur au ventre.
--Tope! nous rangeons autour des fleurs de lys de votre bannière la branche d'épine de nos bourguignotes. Que ramage la ballade?
Oh! du routier Le gai métier!
--Eh bien! vos tentes sont-elles abattues? vos basternes sont-elles chargés? Décampons.--Oui, mes soudrilles, plantez ici à votre départ un gland, il sera, à votre retour, un chêne!»
Et l'on entendait aboyer les meutes de Jacques d'Arquiel qui courait le cerf à mi-côte.