Scène II
Les Mêmes, DROGAN.
DROGAN, un paquet à la main et passant la tête.
Madame Geneviève, s’il vous plaît ?
DOROTHÉE.
Tiens, c’est le petit pâtissier de la place.
CHRISTINE.
Mais entre donc.
GUDULE.
Qu’est-ce que tu lui veux à madame ?
HOUBLONNE.
Est-ce qu’on se présente dans cet état-là ?
GRETCHEN.
Nous apportes-tu des gâteaux ? moi je les adore.
CHRISTINE.
Ah ! cette Gretchen, toujours sur sa bouche !
FAROLINE.
Si tu n’as pas de gâteaux, va-t-en.
CHRISTINE.
Mais parle donc.
DROGAN, honteux.
Mesdames, je viens… je viens pour être page.
TOUTES, se moquant de lui.
Ah ! ah ! ah !
CHRISTINE.
Voyez donc ce beau page !
GUDULE.
Un page au caramel !
DOROTHÉE.
Qui arrive la bouche enfarinée !
HOUBLONNE.
Avec cette face écarlate !
GRETCHEN.
Je crois bien, tout chaud, tout bouillant !
FAROLINE.
Et va au feu comme la porcelaine.
TOUTES.
Ah ! ah ! ah !
CHRISTINE.
Moi, je demande à être lectrice de madame.
TOUTES.
Pourquoi ça ?
CHRISTINE.
Dame, si nous avons maintenant des pages à feuilleter.
DROGAN.
Oh ! parce que je suis pâtissier.
TOUTES, riant.
Ah ! ah !
GRETCHEN.
Petit, je te plains, avec nous faudra que tu pâtisses.
DOROTHÉE.
Tu prendras pour ton compte nos boulettes.
HOUBLONNE.
Et il y en aura.
GUDULE.
Et il t’en cuira.
CHRISTINE.
Heureusement qu’il y a la peau faite.
DROGAN.
Avouez, mesdames, que je suis d’une bonne pâte.
TOUTES.
Ah ! ah ! qu’il est drôle !
Brigitte paraît.
CHRISTINE.
Brigitte, Brigitte… Un page qui nous tombe du ciel !