Scène VIII
GENEVIÈVE, GOLO.
GOLO.
Ah ! elle est cent fois plus belle encore quand elle marche… Geneviève !…
GENEVIÈVE.
Que me voulez-vous, monstre barbare ?
GOLO.
Écoute… pas de phrases… je savais que je te retrouverais ici.
GENEVIÈVE.
Eh bien ?
GOLO.
Eh bien, c’est oui ou non, décide-toi… Une fois ?
GENEVIÈVE.
Non.
GOLO.
Deux fois ?…
GENEVIÈVE.
Encore moins !
GOLO.
Ah ! malheureuse !…
Il lève la main comme pour la frapper.
GENEVIÈVE.
Frappez donc !… qui vous arrête, gentilhomme félon ?…
GOLO, très-calme, à part.
Une réflexion… c’est que si parfois les femmes aiment à être battues après, il est rare que ça les décide avant.
GENEVIÈVE, subitement furieuse.
Ah ! tu n’oses pas… Eh bien, ce que tu n’oses pas, je l’oserai, moi !…
GOLO, effrayé et reculant.
Elle me fait peur !
GENEVIÈVE.
Ah ! tu recules !… messire, tu es un infâme et un lâche !… C’est moi qui te frapperai… tiens !… (Elle lui applique un vigoureux soufflet, Golo tourne sur lui-même…) Tiens…
Second soufflet, Golo tourne de l’autre côté.