‹ Glossaire du patois normandChapitre 11 sur 33 · L.

L.

JEAN-QUIN: mélange de café, de sucre et d'eau-de-vie. Voir sur l'origine de ce mot le Dict. de M. l'abbé Decorde.

JEMENT: jument.

JENNE: Jeune.--JENNESSE: jeunesse.

JÉNOTTE. Voyez JANOTTE. A.

JENS! mot exclamatif. S.-I.

JERGIR: sarcler. Du latin sarcire.

JERGONNER: jaser, babiller. De jargon.

JERQUÉ: perché, juché, placé désagréablement.

JÉSUET: hypocrite. De jésuite. L'abbé Furetière prononça ainsi sur la question de savoir si on devait écrire jésuiste ou jésuite: «Il faut dire jésuite, comme on dit hypocrite, sodomite.» B.

JÉSUITE: dindon; parce qu'on attribuait aux Jésuites l'introduction de cet oiseau en Europe. L.

JETER (v. n.): suppurer. En patois Walon, jeté à matière. L.

JEU (FAIRE SON): jouer son rôle, paraître, figurer. Voilà une belle robe, elle fera son jeu à la prochaine fête.

JEU D'EAU: jet-d'eau. Patois Lorrain. L.

JEUN (A COEUR): à jeun. L.

JEUNDI: jeudi. A.

JEUNESSE: jeune fille.

J'VA; J'VAL: cheval. L.

J'VEU: cheveu. L.

JIFAILLER: folâtrer mal à propos. Voyez JIFER.

JIFALIER, ÈRE: qui aime à jifer. L.

JIFER: jouer en folâtre. L.

JIFFE: soufflet.

JIFFER: donner une jiffe, jifle ou soufflet.

JIFLE (s. f.): soufflet. Patois du Jura.

JIFLER (v. a.): souffleter.

JILE, s. f.: diarrhée des animaux. L.

JILÉE (s. f.): eau ou tout autre liquide qu'on a fait jaillir.

JILER: lancer, faire jaillir un liquide. A.

JILOIRE: petite seringue de sureau. Voyez ÉCLIPE. A.

JION (s. m.): jomarin (Ulex Europæus). A.

JOB (BATTRE LE): perdre son temps, ne rien faire.

JOCER: se moquer, jaser, niaiser. Du latin jocari.

JODANE (s. m.): sot, niais, jocrisse. B.

JODU: sourd, au propre; inintelligent, au figuré. De j'ouïs dur: j'entends ferme. M.

JOE: joue.

JOFIN: poupée ou mannequin que l'on met par amusement dans un lit, pour faire croire qu'une personne y est couchée. Du latin jocus, jeu. A.

JOGANE: espèce de coiffure d'enfant composée d'un fond et d'une passe sans papillon. Comme la jogane laisse la joue (la joe) à découvert, c'est du mot patois joe qu'elle tire sa dénomination A.

JOJO: cheval. Comme dada. De jo et de jor des anciennes langues du Nord.

JOLET: jeu, mouvement. O.

JONFIEUX, SE: oppressé, e. Du verbe patois jonfler. Jonfieux pour jonfleux, comme bieu pour bleu, fieur pour fleur.

JONFLER: respirer avec peine; ronfler; souffler de l'haleine en expirant l'air. Probablement de sufflare, comme le conjecturent MM. Duméril.

JONQUERAIE: terrain où l'on fait croître du jonc.

JONQUETTE: fleurs qu'on jette dans les fêtes et dont on jonche la terre. C.

JONQUIÈRE: terrain où le jonc croît spontanément.

JORER: se parer avec luxe, avec affectation.

JOSTER: joûter, folâtrer, plaisanter. De jocus, jeu.

JOSTEUR: gai, amusant et farceur.

JOUBIBOT; JOUBJEOT: tasse de café. De joué: guère, et de bibere: boire. O.

JOUCET: soufflet, claque sur la joue. O.

JOUÉ (adv.): guère, peu. Cet homme n'a joué de pommiau, guère de gras de jambe. Voyez POMMIAU. A.

JOUG-A-COUE: joug double pour deux boeufs attelés côte à côte à une charrue. Ce joug tient à la charrue au moyen d'une longue pièce de bois, nommée coue (queue) et chevillée dans le joug.

JOUGLER: gambader. Se dit des chevaux reposés qui sortent de l'écurie en gambadant.

JOUGUET: petit joug pour un seul boeuf.

JOUIR DE: venir à bout de. On ne saurait jouir de cet enfant indocile: on ne peut en venir à bout. Voyez CHEVIR.

JOUJOUTE (FAIRE): se jouer.

JOUQUAY; JOUQUÉ: juché, perché. S.-I.

JOUR-FAILLI (A): au soir.

JOURNAL (de terre): ce qu'on peut labourer de terre pendant une journée de travail. A.

JOUSTE; JOUXTE: auprès de, attenant à. Du latin jaxia.

JOUTER: toucher à. Cet herbage joûte à la rivière.

JOUVEUX, SE: aquatique. L.

JUC (s. m.): perchoir du poulailler. En Roman, joc. Ce mot, qui vient de jugum, perche, se trouve dans Des Perriers (Nouvel. 16 et 31). L.

JUDAS (BRAN DE): taches furfuracées qui paraissent, surtout au printemps, sur le visage de certaines personnes. M. Decorde.

JUGAIN: jomarin. Voyez JION. A.

JUIF: espèce d'hirondelle, le martinet.

JUIS: juif, israélite. De judæus. Dans le Pédant joué de Cyrano de Bergerac (acte II, scène 3), Matthieu Gareau s'exprime ainsi: «Ous équiais un vrai jui d'Avignon.» L.

JUPÉE: courte distance. Interrogés sur la distance d'un lieu à un autre, les paysans répondent souvent au voyageur: «Il n'y a qu'une jûpée.» La jûpée peut varier d'un à cinq ou six kilomètres.

JUPER. Voyez HUPER. A.

JUPET. Voyez HUPET.

JUQUER; JUQUIER: percher, jucher.

JUQUOUX: juchoir. Sembler tomber du juquoux: paraître tout étonné.

JUS (adv.): à terre.

JUS D'OCTOBRE: liqueur préparée avec un mélange d'eau-de-vie et de poiré doux, réduit en sirop. L.

JUSÉE (de fumier): liquide qui s'écoule du fumier, en forme de jus.

JUSER: sortir par compression, en parlant des fruits.

JUSEUX: juteux, en parlant des fruits. L.

JUSSE: juste. H.-N.

JUTER: produire du jus.

J'VA: cheval. J'VAS; J'VAUX: chevaux.

K.

KAFIGNONS: corne qui se trouve à l'extrémité du pied des animaux qui l'ont fourchu, tels que la vache, le porc, le mouton, etc. M. l'abbé Decorde.

KAINE: chaîne.

KALIPÈTE: sorte de bonnet de nuit, qui couvre les joues des femmes, et qu'elles conservent le matin jusqu'à ce qu'elles fassent leur toilette.

KARAS: berger.

KARUE; KAIRUE: charrue.

KÉ: quoi. Bé de ké: bien de quoi! se dit ironiquement pour peu de chose.

KERDER: carder.

KERMINNE: charogne.

KÉROIX: croix.

KERSIR: mourir. Voyez CRESSIR. A.

KEVRON: chevron.

KIA VALET! KIA VALET! Cri pour appeler les porcs à la mangeoire. C'est la corruption de tiot, qui est l'abréviation par aphérèse de petiot, diminutif de petit. Voyez TIOT.

KIEF: pièce de bois à laquelle on assujettit le soc de la charrue.

KIEN: chien. Du grec [Grec: chyôn].

KIGNE-EN-COIN (DE): d'un coin à l'autre.

K'MINAIE: cheminée.

K'MINSE: chemise.

K'VA: cheval.

K'VILLE: cheville.

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