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Éducation de la jeunesse.
Quand les enfants passent de l’enfance à l’adolescence l’usage des autres Grecs est alors de les retirer des mains des pédagogues et des maîtres, de ne plus leur imposer aucune autorité, et de les laisser indépendants. Lycurgue a suivi une tout autre méthode. Persuadé qu’à cet âge on a une forte dose de vanité, d’insolence qui déborde, de passion désordonnée pour les plaisirs, il lui a imposé, pour ce moment même, de nombreux travaux, et il a imaginé mille moyens de l’occuper. De plus, en prescrivant que quiconque se dispenserait de ces exercices serait exclu des hautes fonctions, il a rendu nonseulement les magistrats, mais tous ceux qui prennent soin des jeunes gens, attentifs à prévenir en eux toute action lâche, qui les exposerait au mépris de tous leurs concitoyens.
En outre, voulant imprimer fortement la modestie dans les cœurs, il a ordonné qu’on marchât dans les rues les mains sous la robe, en silence, sans tourner la tête, les yeux devant les pieds. En cela il a fait comprendre qu’en fait de modestie l’homme a encore plus de fermeté que la femme. Aussi l’on n’entend pas plus la voix des jeunes gens, que s’ils étaient de pierre ; ils ne détournent pas plus les yeux que des statues d’airain ; et ils ont plus de pudeur qu’il n’en règne dans les appartements les plus inaccessibles des vierges ; puis, quand ils arrivent au repas commun, ils ont pour habitude d’attendre, en écoutant, qu’on les interroge. Tels sont les soins que Lycurgue a donnés à la jeunesse.