‹ Henri IV en GascogneChapitre 50 sur 99 · XX.

XX.

La surprise de Mont-de-Marsan, en 1580, est racontée par Pœydavant:

«Bertrand Baylens, sieur de Poyanne, un des plus braves gentilshommes de la Gascogne et gouverneur de Dax, fit une entreprise hardie sur la ville de Mont-de-Marsan, qui appartenait au roi de Navarre, et qui était la meilleure place du pays. Il trouva le secret de gagner le meunier d'un moulin, dont il se saisit et où il entra par escalade avec son lieutenant Lartigue, suivi du reste de sa troupe. A la faveur de cet avantage, il aboutit facilement au pied des murs, près de la porte principale de la haute ville, dans laquelle était le château.

«Il y avait un corps de garde à cette porte qu'on ouvrait chaque nuit pour faire passer la ronde dans le faubourg, qui était clos de murailles. Poyanne se tint si tranquille avec ceux qui l'accompagnaient, que la ronde ayant repassé du faubourg dans la ville, il y entra pêle-mêle, tailla en pièces le corps de garde et se rendit maître de la ville.

«Dupleix ajoute que, pendant le combat qui se fit au corps de garde, un des habitants de la ville alla fermer la porte. Poyanne, qui s'en aperçut, courut l'ouvrir au même instant et, par ce moyen, introduisit le reste de ses soldats.»

Il fit ouvrir une autre porte pour livrer passage à Borda, maire de Dax, qui avait rendez-vous avec lui, à la tête d'un détachement. Les assaillants ne perdirent que vingt-cinq hommes. Poyanne fut blessé. La garnison fut plus éprouvée.

«On doit cet éloge à Poyanne que, quoique ayant sujet d'être irrité contre les ennemis, il ne s'en vengea nullement. Il se contenta seulement de réclamer le secours de Biron pour s'emparer du château, qui résistait encore; mais la retraite de Poudenx, par laquelle la garnison fut affaiblie, le força bientôt à se rendre. Poyanne, ayant été laissé gouverneur de la ville, voulait faire démolir les fortifications; mais le roi de Navarre obtint de son beau-frère (Henri III) la défense de continuer la démolition...» (_Page 157._)