‹ Histoire de l'art, Tome II : L'Art médiévalChapitre 21 sur 45 · III

III

On pourrait le croire, quand on essaie de retrouver la trace des vieux habitants de l’île morte. Hors de l’art des Polynésiens, rien ne rappelle plus l’esprit de l’archaïsme océanien que les formes hiératisantes retrouvées chez les Aymaras des Andes péruviennes. Là, comme dans l’Egypte du Moyen Empire, la formule architectonique semblait arrêtée. En échange des terres distribuées à tous leurs sujets, le socialisme bureaucratique des Incas avait sans doute exigé d’eux cette soumission aveugle et définitive des âmes à tout ce qui touchait au domaine spirituel. Les Aymaras en étaient arrivés à ne plus chercher dans la nature que des motifs idéographiques implacablement stylisés.

Des hiéroglyphes découpés et plats, des images combinées où de vagues formes humaines apparaissent dans l’entrelacs précis et mystérieux des figures géométriques, encadraient les portes monolithes des temples et des palais. Pizarre a fait fondre et monnayer les statues d’argent et d’or qu’ils élevaient à leurs héros. Etaient-elles d’un art plus libre ? Sans doute. Les poteries quichuas du même temps témoignent d’un charmant esprit populaire. Ces peuples étaient bons. Ils aimaient les hommes et les bêtes. Ils les regardaient d’un œil goguenard, mais très doux. Presque tous leurs pots, leurs bouteilles, leurs alcarazas où l’eau reste froide, avaient pour becs des têtes d’animaux, des bras, des pattes pour anses, formes imprévues quelquefois belles, monstrueuses presque toujours, grotesques, contorsionnées, renflées, écrasées, déviées, bedonnantes. L’Egypte aussi réservait les formes hiératiques à la face des sanctuaires et s’attendrissait sur elle-même dans l’ombre où, comme le Pérou, elle enfouissait ses momies. Elle aimait aussi donner des formes animales à ses menus objets, terminer les cruches et les brocs en têtes de chats, de panthères, de chacals, de cynocéphales, comme les Péruviens les étiraient ou les aplatissaient en têtes de chiens, de pumas, de canards, d’alligators. Mais un esprit plus pur, plus haut, était en elle. Et si l’intention ironique l’entraînait parfois, très discrète, très effacée, elle n’allait presque jamais jusqu’à la caricature. Au lieu de tasser ses cadavres dans des vases de terre, elle les allongeait dans des cuves de granit. Elle avait le culte de la forme, même par delà la mort, et purifiée jusqu’à l’abstraction. L’aile de l’esprit l’avait touchée, notre monde en devait sortir.

Ici pourtant, ni les ingénieux systèmes sociaux, ni les grands rêves ne manquaient. Une légende aymara ne montre-t-elle pas le créateur peuplant le monde de statues qu’il anime pour leur donner mission de le civiliser ? Nulle part, dans aucune autre cosmogonie, ce mythe profond ne se trouve. Les vieux poètes péruviens avaient senti que l’éclair ne jaillit jamais que du contact de l’âme avec la forme et que c’est aux artistes qu’il appartient d’introduire dans l’univers plus d’ordre, une harmonie toujours devenante et projetant sur l’avenir une réalisation anticipée de notre espoir. Mais le climat meurtrier et l’aveulissement des populations décimées par les sacrifices sanglants que les prêtres offraient au Soleil, déjouaient les prophéties des aèdes et neutralisaient les enseignements des sociologues les mieux intentionnés. Dans cette Amérique torride et tremblante, les plus vastes efforts devaient avorter brusquement au choc d’une civilisation supérieure malgré tout, malgré l’esprit de meurtre et de rapine de ses envoyés, malgré l’Inquisition qu’ils apportaient. Ces aventuriers venus d’un vieux monde où l’esprit humain était en proie au plus profond bouillonnement qui l’eût agité depuis quinze siècles, ces fous violents qui avaient heurté ce continent en essayant de contourner la terre, représentaient contre eux-mêmes la conquête de l’avenir.

Ils n’eurent qu’à toucher du doigt le fruit pourri pour qu’il tombât du vieil arbre où la sève ne montait plus. Au Mexique plus encore qu’au Pérou, les massacres rituels qui ne cessaient pas avaient plongé les peuples dans une torpeur hébétée qui les rendit incapables de résister plus de deux ans à l’effort de l’envahisseur. Ils ne retrouvèrent un reste d’énergie que pour aider Cortez à chasser de Tenochtitlan[16] les Aztèques qui les tenaient depuis deux siècles sous le joug. A tout prendre, la religion de Torquemada immolait moins de victimes que celle de Montezuma. Et d’ailleurs, sur ce sol, il était passé de si profonds flots d’hommes, depuis mille ans, qu’une indifférence absolue venait à ses plus anciens possesseurs, du maître auquel il fallait payer, au nom du dieu qu’il apportait, l’impôt d’or et de sang.

Comme les Doriens dans la Grèce primitive, comme les Germains dans l’Italie contemporaine des civilisations du Mexique, tous les conquérants étaient venus du Nord, les Toltèques au VIe siècle, les Chichimèques au XIe, les Aztèques au XIIIe. Par où ils étaient entrés, l’Orient ou l’Occident, le Groenland ou la mer de Behring, nous ne le savons pas. Par les deux côtés sans doute. On trouve tous les types chez les habitants actuels ou dans les vieilles sculptures du Mexique, l’Asie mongolique, probablement l’Europe Scandinave, peut-être l’Atlantide engloutie. Ils avaient sans doute traversé les régions boréales, entraînant dans leurs migrations quelques-uns de ces Inoïts qui peuplent encore les bords de l’Océan arctique et que certains disent descendre du plus vieux peuple artiste de la terre, les Troglodytes périgourdins remontés vers le nord avec le froid. Ils avaient pris contact, aussi, laissant des leurs au milieu d’eux, en emmenant d’autres vers le sud, avec les Indiens nomades de l’Amérique du Nord. Là, ils avaient passé des hivers parmi les Hyperboréens blottis dans leurs huttes sordides, puantes, à peine éclairées, et rythmé avec eux l’interminable nuit polaire par la préparation des engins de pêche, de chasse et de commandement, bois de rennes, mâchoires de rennes et de phoques, os de baleine qu’ils gravaient d’images précises comme les souvenirs de leur vie monotone qui recommençait chaque année avec le retour du soleil pâle. Ici, en descendant la vallée du Mississipi ils avaient bu l’eau, pétri la farine, mangé la viande et les fruits dans de beaux vases rouges à larges taches noires où l’ornement géométrique prend quelquefois le fruste aspect d’une bête ou d’un oiseau. Ils avaient couché dans la prairie sous des tentes de peau ornées de dessins enfantins, bisons chassés, démons, dieux effroyables, qui réunissaient dans leur coloriage violent, leur dessin gauche, le plus primitif des symbolismes à la plus primitive des écritures et où pouvaient se pressentir les hiéroglyphes des manuscrits du Mexique et des bas-reliefs péruviens, leur vie géométrique, leur raideur de jeux de patience. Le visage caché sous des masques horribles, empennés, becqués, encornés, violemment peints et couverts du crâne au talon de plumes multicolores qui leur donnaient l’aspect de ces monstres à crête dorsale enfouis dans les houillères des Montagnes Rocheuses, ils avaient dansé les terribles danses de guerre qui rôdent autour de la mort[17]. Des souvenirs encore plus lointains remuaient en eux peut-être, ils emportaient au fond des yeux l’image des rochers sculptés de la Scandinavie préhistorique, et leurs traditions millénaires leur conservaient la technique primitive transformée avec le temps et adaptée à des climats nouveaux, de la construction en bois que leur plus vieil aïeul leur avait apportée des plateaux iraniens[18].

En tout cas les ruines dont fourmille le Yucatan en portent toutes la trace. Les conquérants mayas qui avaient construit ces édifices, probablement avant l’arrivée des Toltèques et peut-être même à l’époque des civilisations gréco-latines, rattachaient par leurs pyramides à degrés extérieurs et leurs édifices à murailles inclinées, le rameau américain des Aryas aux rameaux d’Asie et d’Europe qui s’étaient répandus, aux premiers temps de notre histoire, sur la Mésopotamie, l’Inde, l’Egypte, la Grèce et l’Italie du Sud. Et dans tout le reste du Mexique, couvert au Moyen Age d’aqueducs, de quais, de jetées, de canaux, de ponts, de réservoirs, de chaussées de pierre, de temples pyramidaux, de palais à terrasses, de remparts, le génie des peuples blancs plus ou moins mêlé, plus ou moins résistant persiste, quelquefois presque pur comme chez les Yucatèques, étouffé souvent comme à Mitla de formules théocratiques, épaissi de sang noir ou jaune quand on erre sur les plateaux où tant de races se croisèrent, où la nature reprend tout, où des bois épais recouvrent si souvent d’énormes ruines portant à leur sommet un temple du dieu catholique.

Comme aux Indes, quand on monte du Sud au Nord, de l’ivresse confuse des peuples sensualistes aux claires conceptions des peuples rationalistes, ici, quand on descend du Nord au Sud, on passe par tous les degrés, des façades regorgeant de sculptures touffues aux grandes bandes horizontales lisses ou creusées d’ornements abstraits soutenues par des colonnades et coupées en arêtes pures, aussi nues que le profil du sol. Des plaines calcaires du Yucatan aux plateaux frais du haut Mexique, on traversait des broussailles enfiévrées, grouillantes de serpents, de scorpions, d’insectes empoisonnés où l’esprit pouvait s’obscurcir de miasmes épais, l’œil se voiler de brouillards sanglants pour fusionner les styles, imposer aux architectes les fantaisies les plus bizarres de l’orgueil théocratique, mêler l’Inde primitive, l’Europe du nord, l’Asie et l’Amérique comme leurs mythologies s’étaient confondues et défigurées dans l’âme farouche des vieux prophètes mexicains. Rien ne peut exprimer le trouble ardent de l’âme de ces peuples qui connaissaient l’astronomie, avaient divisé l’épopée humaine en quatre âges grandioses, les Soleils d’eau, d’air, de feu, de terre, la lutte contre le déluge, le froid, la lave et la faim, chantaient des amours de volcans, adoraient le soleil, le père profond de la vie, du haut des terrasses, mais croyaient nécessaire que les murs des temples qu’ils lui élevaient fussent toujours baignés de sang humain pourrissant sur la terre brûlante et qu’à leur faîte une Pierre des Cœurs offrît aux aigles les viscères des sacrifiés[19].

A Teoyaomiqui, déesse de la mort, à Huitzilopoctli, dieu du carnage, à Tlaloc, dieu de l’eau, des forêts, des orages, dieu qui réglait les torrents tièdes ruisselant du ciel pendant six mois, à Quetzalcuatl, le serpent emplumé qu’adoraient déjà les Toltèques[20] auxquels les maîtres de Tenochtitlan avaient pris l’art, le culte du soleil, la soif du sang, il fallait des cadavres frais. Pour consacrer à Tenochtitlan le temple d’Huitzilopoctli, on égorgea quatre-vingt mille prisonniers. Le pain offert en sacrifice était pétri avec le sang des enfants et des vierges. On arrachait les cœurs pour les élever vers le dieu, on faisait savamment fuser sur son image pour qu’elle disparût sous un manteau de caillots fumants à la fin des cérémonies, les flots de sang jaillis des artères tranchées. On élevait aussi haut que les temples pyramidaux, des amas de têtes coupées. Il y avait des sanctuaires où l’on entrait par une bouche dont les dents écrasaient des crânes et déchiquetaient des entrailles et qu’on ne pouvait franchir qu’en marchant dans le sang jusqu’aux genoux. Les prêtres écorchaient des hommes pour se vêtir de leur peau.

Du fond de cette horrible buée rouge qui montait de partout, prenait à la gorge, faisait rouler dans les veines un poison nauséeux, voilait le souvenir, comment l’âme énervée et découragée des peuples eût-elle pu tout à fait dégager des formes qui l’environnaient ces grandes lois de la structure vivante d’où sortit, par l’Egypte et la Grèce, la civilisation de l’Occident ? On dissimulait à leurs yeux tout ce qui n’était pas la mort. Le soleil ne touchait qu’au zénith l’autel sculpté qui se cachait au sein de la montagne artificielle creusée d’un puits en son milieu. Les bas-reliefs plats dont on recouvrait les murailles et où l’on aurait pu voir des hommes aux casques emplumés chasser le tigre et le boa sous le vernis brillant des verts, des bleus turquoise et des rouges, disparaissaient sous le sang. Une vapeur d’abattoir masquait les idoles. La tradition de la matière sculptée ne pouvait se transmettre à des générations mutilées, et la nature sur laquelle elles jetaient trop hâtivement les regards fumait toujours de pluie ou vibrait toujours de soleil. C’est par l’intuition de la masse, non par l’intelligence du profil qu’on peut comparer les idoles de pierre que leurs outils de bronze dégageaient peu à peu du bloc aux purs colosses égyptiens dont les plans se répondent, s’amènent l’un l’autre et se balancent comme le flot des sables et des mers. Ils ne pouvaient pas dépasser, à peine pouvaient-ils atteindre l’étape architecturale de l’évolution de l’esprit. Sans doute, le souci d’une symétrie essentielle les hante quand ils dressent sur leur socle ornementé Tlaloc accroupi, les yeux caves au ciel, immobilisé dans une expression prodigieuse d’attente et d’ennui, Chac-Mool recueillant la pluie dans son ventre et la déesse de la mort vêtue de serpents et de griffes et levant sa face de squelette et ses horribles mains pourries. Sans doute parviennent-ils souvent ainsi, par un effort qu’on sent douloureux vers l’expression la plus tranchante, à des résumés structuraux profondément émouvants, un équilibre soudain qui arrête et assied la forme titubante avec l’énergie du désespoir même. La continuité du monstre composite n’est plus alors, comme chez l’Egyptien, dans l’ondulation progressive et fuyante du modelé, coulant ainsi qu’une eau limpide. Comme une végétation tropicale boursouflée de bulbes spongieux, de dards, de dartres, de verrues, elle procède en poussant, du cœur qui bat sous ses profondeurs torpides, son sang épais dans les proéminences grasses, têtes et tronçons de reptiles, crânes dénudés, doigts humains, bréchets d’oiseaux qui, au premier abord, semblent accrochés au hasard. Cependant une architecture sommaire, mais imposante, faisant masse sous toutes ses épaisseurs, et vue par l’ensemble vivant plus que par le plan abstrait, le ramène à l’unité organique sans qui l’œuvre s’effondrerait. Seulement, leur destin épouvantable les avertit qu’ils n’auront pas le temps d’en approfondir le sens, de s’élever dans l’abstraction, de parvenir à la notion de l’harmonie. En hâte, ils disent ce qu’ils ont à dire, des visions confuses et violentes, brèves, morcelées, un cauchemar pesant de tristesse et de cruauté.

Même quand ils élèvent des statues entières, quand ils abandonnent pour un jour leurs combinaisons hiéroglyphiques de figures géométriques et de formes animées, on dirait à leur façon d’articuler les membres et d’architecturer les masses, qu’ils n’ont jamais vu que des troncs mutilés, des membres épars, des crânes scalpés, des faces écorchées aux orbites vides, où claque le rictus des dents. La vie n’est là que par tronçons, coupée comme elle est dans leur âme, n’ayant que des tressaillements courts, figée par le dogme et la peur. Ils combinent en formes confuses des morceaux d’animaux vivants, d’énormes masses pulpeuses, gonflées d’eau trouble, hérissées d’épines comme les échinocactus. Dans l’Amérique centrale où, sur la terre imbibée d’averses brûlantes, la végétation est plus broussailleuse, les miasmes plus mortels, les fourrés infestés de bêtes malsaines, où les buissons de dards vénéneux sont impossibles à traverser, le rêve est plus horrible encore. On ne distingue plus dans les roches sculptées que des amoncellements de chairs broyées et palpitantes, des paquets soubresautants d’entrailles, des visages sanglants dont on a arraché la peau, un amas confus de viscères des bords duquel il semble qu’on voit couler du sang.

Par quelle aberration l’art qui est fait pour réunir les hommes a-t-il si exclusivement célébré chez ces peuples-là le meurtre et la mort, et si fréquemment aussi chez les plus civilisés ? Notre cœur bat plus régulier et plus fort quand nous suivons les Assyriens dans leurs montagnes, quand ils étranglent des lions dont les muscles de fer se bandent et qui déchirent de leurs ongles le ventre des chevaux. Nous nous réunissons comme pour une prière autour des groupes harmonieux qui, sur les frontons grecs, évoquent les terribles mythes d’Hercule, la guerre des dieux et des hommes, des centaures et des lapithes, des amazones, toujours l’égorgement, la chute des haches, le vol des piques, les doigts crispés sur les couteaux. Les défilés militaires des arcs de triomphe romains, le passage des licteurs, des légionnaires, des enseignes, du sombre imperator lauré, le piétinement des captifs, le pas sonore des chevaux nous comblent de calme et d’énergie. Nous savons sur quels amas de cadavres s’élèvent les mosquées et les alcazars, de quelle boue sanglante leurs pierres sont cimentées, et pourtant nous aimons la fraîcheur de leur ombre et de leurs jardins. Nous ressentons une ivresse puissante devant les monstres indiens même qui boivent du sang et dévorent des chairs pourries. C’est que le spectacle de la force exalte notre force. C’est aussi que nous nous trompons sur le sens de nos actes et que nous aimons les formes nécessaires au développement de notre faculté d’ordonner et de comprendre, à travers même les monstres composites et les tronçons mutilés, comme nous poursuivons à travers le combat et la violence un idéal illusoire et lointain d’harmonie et de communion. Nous tâtonnons dans l’obscurité et heurtons douloureusement les murailles. La porte de lumière ne se trouve jamais.

Il convient donc de la chercher ensemble, ou tout au moins de s’interdire d’assommer au fond des ténèbres ceux qui la cherchent passionnément. Au Mexique, au Pérou, l’égorgement des peuples fauchait à tout instant des pensées nécessaires au développement d’autres pensées et coupait une à une, à mesure qu’elles repoussaient, les racines de l’avenir. Si la guerre, parfois, peut exalter et même révéler l’énergie créatrice d’un peuple, le massacre systématique éteint toute énergie. L’arrivée des Espagnols dans le Nouveau Monde, qui mettait face à face la plus implacable des races européennes et les plus implacables des races exotiques fut une confrontation terrible et providentielle dans l’histoire. L’Espagne, à qui la conquête de son unité avait donné un siècle d’élan créateur, allait s’apercevoir, grâce à l’Inquisition, du besoin que l’homme a de l’homme pour se réaliser. Le désert moral ne devait pas tarder à s’étendre sur elle, comme il commençait à s’étendre sur l’Amérique quand elle en avait fait un désert matériel en incendiant ses villes et en jetant ses idoles brisées dans le lac de Tenochtitlan.

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