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Elie Faure
HISTOIRE DE L’ART
TOME III : L’ART RENAISSANT
(1914)
Mets-toi quelque part en prière, pendant que j’entreprendrai cet inégal et périlleux combat.
CERVANTES
A ma Mère.
On m’a reproché, lors de la première édition de cet ouvrage, de l’avoir illustré avec des « détails » tirés des œuvres magistrales, plutôt qu’avec ces œuvres elles-mêmes. Ce reproche serait justifié – chaque œuvre constituant un ensemble dont rien, en principe, ne doit être retranché –, si, pour certains tableaux, la réduction aux dimensions d’une page n’enlevait au caractère même de ce tableau toute signification sensible. N’a-t-on pas publié des ouvrages où les « Noces de Cana » étaient réduites à la dimension d’une demi-carte de visite ? Et d’autre part, n’est-il pas déjà admis qu’on puisse détacher une statue du porche d’une cathédrale pour en illustrer un livre, et que la reproduction du chevet de cette cathédrale peut donner de son caractère une idée plus juste qu’une image trop réduite de la cathédrale elle-même ? Il ne s’agit pas, dans un livre tel que j’ai conçu celui-ci, de décrire les tableaux des maîtres dont il est question, mais d’exprimer l’esprit même de l’ensemble de leur œuvre. Je ne commente pas le tableau par le texte, je justifie le texte par le tableau ou par un fragment du tableau.
E. F.
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