‹ Histoire de la Littérature AnglaiseChapitre 20 sur 75 · CHAPITRE IV.

CHAPITRE IV.

La philosophie et l'histoire. Carlyle.

§ 1.

SON STYLE ET SON ESPRIT.

Position excentrique et importante de Carlyle en Angleterre.

I. Ses bizarreries, ses obscurités, ses violences. -- Son imagination, ses enthousiasmes. -- Ses crudités, ses bouffonneries.

II. L'humour. En quoi elle consiste. Comment elle est germanique. -- Peintures grotesques et tragiques. -- Les dandies et les mendiants. -- Catéchisme des cochons. -- Extrême tension de son esprit et de ses nerfs.

III. Quelles barrières qui le contiennent et le dirigent. -- Le sentiment du réel et le sentiment du sublime.

IV. Sa passion pour le fait exact et prouvé. -- Sa recherche des sentiments éteints. -- Véhémence de son émotion et de sa sympathie. -- Intensité de sa croyance et de sa vision. -- Past and Present. Cromwell's Letters and speeches. -- Son mysticisme historique. -- Grandeur et tristesse de ses visions. -- Comment il figure le monde d'après son propre esprit.

V. Que tout objet est un groupe, et que tout l'emploi de la pensée humaine est la reproduction d'un groupe. -- Deux façons principales de le reproduire, et deux sortes principales d'esprit. -- Les classificateurs. -- Les intuitifs. -- Inconvénients du second procédé. -- Comment il est obscur, hasardé, dénué de preuves. -- Comment il pousse à l'affectation et à l'exagération. -- Duretés et outrecuidance qu'il provoque. -- Avantages de ce genre d'esprit. -- Il est seul capable de reproduire l'objet. -- Il est le plus favorable à l'invention originale. -- Quel emploi Carlyle en a fait.

§ 2.

SON RÔLE.

Introduction des idées allemandes en Europe et en Angleterre. -- Études allemandes de Carlyle.

I. De l'apparition des formes d'esprit originales. -- Comment elles agissent et finissent. -- Le génie artistique de la Renaissance. -- Le génie oratoire de l'âge classique. -- Le génie philosophique de l'âge moderne. -- Analogie probable des trois périodes.

II. En quoi consiste la forme d'esprit moderne et allemande. -- Comment l'aptitude aux idées universelles a renouvelé la linguistique, la mythologie, l'esthétique, l'histoire, l'exégèse, la théologie et la métaphysique. -- Comment le penchant métaphysique a transformé la poésie.

III. Idée capitale qui s'en dégage. -- Conception des parties solidaires et complémentaires. -- Nouvelle conception de la nature et de l'homme.

IV. Inconvénients de cette aptitude. -- L'hypothèse gratuite et l'abstraction vague. -- Discrédit momentané des spéculations allemandes.

V. Comment chaque nation peut les reforger. -- Exemples anciens: L'Espagne au seizième et au dix-septième siècle. -- Les puritains et les jansénistes au dix-septième siècle. -- La France au dix-huitième siècle. -- Par quels chemins ces idées peuvent entrer en France. -- Le positivisme. -- La critique.

VI. Par quels chemins ces idées peuvent entrer en Angleterre. -- L'esprit exact et positif. -- L'inspiration passionnée et poétique. -- Quelle voie suit Carlyle.

§ 3.

SA PHILOSOPHIE, SA MORALE ET SA CRITIQUE.

Sa méthode est morale, non scientifique. -- En quoi il ressemble aux puritains. -- Sartor resartus.

I. Les choses sensibles ne sont que des apparences. -- Caractère divin et mystérieux de l'être. -- Sa métaphysique.

II. Comment on peut traduire les unes dans les autres les idées positivistes, poétiques, spiritualistes et mystiques. -- Comment chez Carlyle la métaphysique allemande s'est changée en puritanisme anglais.

III. Caractère moral de ce mysticisme. -- Conception du devoir. -- Conception de Dieu.

IV. Conception du christianisme. -- Le christianisme véritable et le christianisme officiel. -- Les autres religions. -- Limite et portée de la doctrine.

V. Sa critique. -- Quelle valeur il attribue aux écrivains. -- Quelle classe d'écrivains il exalte. -- Quelle classe d'écrivains il déprécie. -- Son esthétique. -- Son jugement sur Voltaire.

VI. Avenir de la critique. -- En quoi elle est contraire aux préjugés de siècle et de rôle. -- Le goût n'a qu'une autorité relative.

§ 4.

SA CONCEPTION DE L'HISTOIRE.

I. Suprême importance des grands hommes. -- Qu'ils sont des révélateurs. -- Nécessité de les vénérer.

II. Liaison de cette conception et de la conception allemande. -- En quoi Carlyle est imitateur. -- En quoi il est original. -- Portée de sa conception.

III. Comment la véritable histoire est celle des sentiments héroïques. -- Que les véritables historiens sont des artistes et des psychologues.

IV. Son histoire de Cromwell. -- Pourquoi elle ne se compose que de textes reliés par un commentaire. -- Sa nouveauté et sa valeur. -- Comment il faut considérer Cromwell et les puritains. -- Importance du puritanisme dans la civilisation moderne. -- Carlyle l'admire sans restriction.

V. Son histoire de la Révolution française. -- Sévérité de son jugement. -- En quoi il est clairvoyant et en quoi il est injuste.

VI. Son jugement sur l'Angleterre moderne. -- Contre le goût du bien-être et la tiédeur des convictions. -- Sombres prévisions pour l'avenir de la démocratie contemporaine. -- Contre l'autorité des votes. -- Théorie du souverain.

VII. Critique de ces théories. -- Dangers de l'enthousiasme. -- Comparaison de Carlyle et de Macaulay.

Lorsqu'on demande aux Anglais, surtout à ceux qui n'ont pas quarante ans, quels sont chez eux les hommes qui pensent, ils nomment d'abord Carlyle; mais en même temps ils vous conseillent de ne pas le lire, en vous avertissant que vous n'y entendrez rien du tout. Là-dessus, comme il est naturel, on se hâte de prendre les vingt volumes de Carlyle, critique, histoire, pamphlets, fantaisies, philosophie; on les lit avec des émotions fort étranges, et en démentant chaque matin son jugement de la veille. On découvre enfin qu'on est devant un animal extraordinaire, débris d'une race perdue, sorte de mastodonte égaré dans un monde qui n'est point fait pour lui. On se réjouit de cette bonne fortune zoologique, et on le dissèque avec une curiosité minutieuse, en se disant qu'on n'en retrouvera peut-être pas un second.

§ 1.

SON STYLE ET SON ESPRIT.

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