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CHAPITRE CLXXXIV.

LE GOÛT POUR MICHEL-ANGE RENAÎTRA.

Voltaire ni madame du Deffand ne pouvaient sentir Michel-Ange. Pour ces âmes-là, son genre était exactement synonyme de laid, et qui plus est, du laid à prétention, la plus déplaisante chose du monde.

Les jouissances que l'homme demande aux arts vont revenir sous nos yeux presque à ce qu'elles étaient chez nos belliqueux ancêtres.

Lorsqu'ils commencèrent à songer aux arts, vivant dans le danger, leurs passions étaient impétueuses, leur sympathie et leur sensibilité dures à émouvoir. Leur poésie peint l'action des désirs violents. C'était ce qui les frappait dans la vie réelle, et rien de moins fort n'aurait pu faire impression sur des naturels si rudes.

La civilisation fit des progrès, et les hommes rougirent de la véhémence non déguisée de leurs appétits primitifs.

On admira trop les merveilles de ce nouveau genre de vie. Toute manifestation de sentiments profonds parut grossière.

Une politesse cérémonieuse[540], bientôt après des manières plus gaies et plus libres de tout sentiment, réprimèrent et finirent par faire disparaître, au moins en apparence, tout enthousiasme et toute énergie[541].

Comme le bois, léger débris des forêts, suit les ondes du torrent qui l'emporte, aussi bien dans les cascades et les détours rapides de la montagne que dans la plaine, lorsqu'il est devenu fleuve tranquille et majestueux, tantôt haut, tantôt bas, mais toujours à la surface de l'onde, de même les arts suivent la civilisation. La poésie d'abord si énergique prit un raffinement affecté, tout devint persiflage, et de nos jours l'énergie eût souillé ses doigts de roses[542].

Tant qu'il est nouveau et en quelque sorte distingué de plaisanter avec grâce sur tous les sujets, la dérision agréable de toute passion vraie et de tout enthousiasme donne presque autant d'éclat dans le monde que la possession de ces avantages[543]. On ne supporte plus les passions que dans les imitations des arts. On voudrait même avoir les fruits sans l'arbre. Les cœurs amusés par la dissipation ne sentent presque pas l'absence de plaisirs qu'ils n'ont plus la faculté de goûter.

Mais, quand le talent de se moquer de tout est devenu vulgaire, quand des générations entières ont usé leur vie à faire les mêmes choses frivoles, avec le même renoncement à tout autre intérêt que celui de vanité, et la même impossibilité de laisser quelque gloire, on peut prédire une révolution dans les esprits. On traitera gaiement les choses gaies, et sérieusement les choses sérieuses; la société gardera sa simplicité et ses grâces; mais, la plume à la main, un dédain profond des petites prétentions, et des petites élégances, et des petits applaudissements, se répandra dans les esprits. Les grandes âmes reprendront leur rang, les émotions fortes seront de nouveau cherchées; on ne redoutera plus leur prétendue grossièreté. Alors le fanatisme a sa seconde naissance[544], et l'enthousiasme politique son premier véritable développement. Voilà peut-être où en est la France. La présence de tant de jeunes officiers si braves et si malheureux, refoulés dans les sociétés particulières, a changé la galanterie.

Je crois que ces vers de Shakspeare ont eu bien des applications:

She lov'd me for the dangers I had pass'd And I lov'd her, that she did pity them[545].

(Othello, acte I, scène III.)

L'usage de la garde nationale va changer la partie de nos mœurs qui appartient aux arts du dessin[546]. Ici le nuage de la politique éclipse notre âme. Pour suivre l'observation, il faut passer à une nation voisine, qui, pendant vingt ans exilée du continent, en a été plus elle-même.

La poésie anglaise est devenue plus enthousiaste, plus grave, plus passionnée[547]. Il a fallu d'autres sujets que pour le siècle spirituel et frivole qui avait précédé. On est revenu à ces caractères qui animèrent les poëmes énergiques des premiers et rudes inventeurs, ou on est allé chercher des hommes semblables parmi les sauvages et les barbares.

Il fallait bien avoir recours aux siècles ou aux pays où l'on permettait aux premières classes de la société d'avoir des passions. Les classiques grecs et latins n'ont pas offert de ressource dans ce besoin des cœurs. La plupart appartiennent à une époque aussi artificielle et aussi éloignée de la représentation naïve des passions impétueuses que celle dont nous sortons.

Les poëtes qui ont réussi depuis vingt ans en Angleterre, non-seulement ont plus cherché les émotions profondes que ceux du dix-huitième siècle, mais, pour y atteindre, ils ont traité des sujets qui auraient été dédaigneusement rejetés par l'âge du bel esprit.

Il est difficile de ne pas voir ce que cherche le dix-neuvième siècle: une soif croissante d'émotions fortes est son vrai caractère.

On a revu les aventures qui animèrent la poésie des siècles grossiers; mais il s'en faut bien que les personnages agissent et parlent, après leur résurrection, exactement comme à l'époque reculée de leur vie réelle et de leur première apparition dans les arts.

On ne les produisait pas alors comme des objets singuliers, mais tout simplement comme des exemples de la manière d'être ordinaire.

Dans cette poésie primitive, nous avons plutôt les résultats que la peinture des passions fortes; nous trouvons plutôt les événements qu'elles produisaient que le détail de leurs anxiétés et de leurs transports.

En lisant les chroniques et les romans du moyen âge, nous, les gens sensibles du dix-neuvième siècle, nous supposons ce qui a dû être senti par les héros, nous leur prêtons une sensibilité aussi impossible chez eux que naturelle chez nous.

En faisant renaître les hommes de fer des siècles reculés, les poëtes anglais seraient allés contre leur objet, si les passions ne se peignaient dans leurs ouvrages que par les vestiges gigantesques d'actions énergiques: c'est la passion elle-même que nous voulons.

C'est donc par une peinture exacte et enflammée du cœur humain que le dix-neuvième siècle se distinguera de tout ce qui l'a précédé[548].

On me pardonnera d'avoir pris cette révolution en Angleterre. Les arts du dessin n'ont pas une vie continue dans l'histoire du Nord, on ne les voit prospérer de temps en temps qu'à l'aide de quelque abri. Il faut donc prendre les lettres, et la France, occupée de ses ultra et de ses libéraux, n'a pas d'attention pour les lettres, il est vrai que quand l'époque de paix sera venue, en dix ans, nous nous trouverons à deux ou trois siècles de nos poëtes spirituels et froids.

La soif de l'énergie nous ramènera aux chefs-d'œuvre de Michel-Ange. J'avoue qu'il a montré l'énergie du corps qui parmi nous exclut presque toujours celle de l'âme. Mais nous ne sommes pas encore arrivés au beau moderne. Il nous faut chasser l'afféterie; le premier pas sera de sentir que dans le tableau de Phèdre, par exemple, Hippolyte appartient au beau antique, Phèdre à la beauté moderne, et Thésée au goût de Michel-Ange.

La force athlétique éloigne le feu du sentiment; mais, la peinture n'ayant que les corps pour rendre les âmes, nous adorerons Michel-Ange jusqu'à ce qu'on nous ait donné de la force de passion absolument exempte de force physique.

Nous avons longtemps à attendre, car un nouveau quinzième siècle est impossible, et même alors il restera toujours à Michel-Ange les caractères odieux et terribles.

[540] Manières espagnoles en France sous Louis XIV; ensuite siècle de Louis XV. Romans de Duclos et de Crébillon, M. Vacarmini. On ne pardonnait à l'énergie qu'autant qu'elle était employée à faire de l'argent.

[541] A la Révolution, l'énergie du quatorzième siècle ne se retrouva que dans le Bocage de la Vendée, où n'avait pas pénétré la politesse de la cour.

[542] En 1785 Marmontel, Grimm, Morellet.

[543] Correspondance de madame du Deffand; cela voile le plus grand des ridicules: s'ennuyer.

[544] Madame de Krudner, Peschel; la Société de la Vierge, avec le tutoiement.

[545] Elle m'aima à cause des dangers que j'avais courus, et je l'aimai parce qu'elle en eut pitié.

[546] La démarche change, et, à Paris, le perruquier couche sur le même lit de camp que le marquis (1817).

[547] Edinburgh Review, n° 54, page 277.

[548] Le dix-neuvième siècle portera les gens de génie au rôle de Fox ou de Bolivar; ceux qui se consacreront aux arts, il les portera à une peinture froide. Mais une peinture froide n'est pas de la peinture. Ceux qui échapperont à ces deux écueils marcheront dans le sens du chapitre.

En 1817, j'aimerais parbleu bien mieux être un Fox qu'un Raphaël. (W. E.)

ÉPILOGUE

COURS DE CINQUANTE HEURES

Il n'est pas impossible qu'après avoir lu ce livre quelqu'un se dise: «Ce sujet, quoique mal traité, est pourtant intéressant.--Je veux connaître les styles des diverses écoles, et les grands peintres.» Il ira demander avis à quelque amateur. On lui proposera Vasari, 16 vol. in-8°; Baldinucci, 15 ou 20 vol. in-4°; les livres de Félibien, de Cochin, de Reynolds, de Richardson, etc., etc.

Je suppose qu'il se fixe à quelque ouvrage en 3 vol. in-4°, où il trouvera à peu près une idée par feuille d'impression. Trois in-4° font cinquante heures de lecture. Or je prétends, pour peu que ce lecteur ait la faculté de penser par lui-même, qu'il peut, en cinquante heures, devenir presque artiste.

1° Pour prendre une idée du coloris, il ira passer en diverses fois 10 heures à l'école de natation. 10 h.

2° Il ira au palais des Arts et à la Sorbonne, où, moyennant une légère rétribution, il sera admis à l'école du nu. Il ira quatre fois dessiner, une demi-heure chaque fois[549]. 2 ----- 12 h.

3° Il achètera des gravures médiocres, d'après Raphaël et Michel-Ange, les Sacrements du Poussin, par exemple, fera arranger une glace en forme de table, placera un miroir au-dessous réfléchissant contre la glace la lumière d'une fenêtre. Il attachera une feuille de papier à l'estampe par quatre épingles, et, armé d'un crayon, il suivra au calque les contours de chaque figure.

4° Il est essentiel qu'avant d'aller voir la Transfiguration, la Communion de saint Jérôme, ou le Martyre de saint Pierre, le jeune adepte les dessine ainsi sur sa table de glace: Il n'est pas moins essentiel qu'il se livre à cet exercice seul, et sans se laisser empoisonner par les avis d'aucun amateur, quelque éclairé qu'on le suppose. On sent qu'il ne s'agit pas d'apprendre à dessiner, mais bien d'apprendre à penser. L'ennui le portera à une foule de petites remarques insignifiantes pour tout autre, très-profitables pour lui, parce qu'elles seront de lui. Je voudrais consacrer au calque des estampes quarante séances de demi-heure chacune. 20

5° Il achètera le Gladiateur (muscles disséqués), par Sauvage; il le calquera. 2

6° Il apprendra par cœur le nom des principaux muscles, le deltoïde, les pectoraux, les gémeaux, le tendon d'Achille, etc., etc. 1

Il comprendra que si le deltoïde est contracté, il faut que le biceps soit étendu. Beaucoup de peintres manquent à cette règle, et cherchent tout simplement, non pas une belle position, mais un beau contour. ----- 35 h.

7° S'il en a le courage, il ira au jardin des Plantes se faire montrer ces vingt muscles dont il sait les noms. A l'amphithéâtre, deux séances de demi-heure chacune[550]. 1 ----- 36 h.

8° Si le jeune amateur veut sacrifier trente louis à cette fantaisie, il ôtera les gravures, cartes géographiques, portraits, qui meublent sa chambre à coucher, et y placera vingt gravures[551] avec des cadres noirs et des glaces parfaitement pures. Il mettra dans un angle le plâtre entier de la Vénus de Médicis, recouvert d'une cloche de gaze. Il aura soin de prendre ce plâtre à la fabrique du Musée, sous peine de se gâter l'œil en admirant de faux contours. Il se procurera les bustes de l'Apollon, de la Diane de Velletri, du Jupiter Mansuetus. Il achètera au péristyle du Théâtre-Français une cinquantaine de médailles antiques en soufre. Tout cela restera étalé dans sa chambre pendant six mois. Je suppose qu'il perdra 4 heures à considérer cet attirail[552]. 4

Il n'a encore employé que 40 heures à son étude de la peinture.

9° Il emploiera les 10 heures qui lui restent à calquer la nature elle-même. Il se procurera une glace légèrement dépolie à l'acide fluorique, qui remplacera un carreau d'une fenêtre d'où l'on ait une belle vue. Un demi-cercle en gros fil de fer, fixé par un bout dans la croisée, portera à l'autre une petite plaque de fer-blanc, doublée de velours noir, avec un très-petit trou au milieu. Je prétends que l'amateur qui veut suivre mon traitement applique l'œil contre ce lorgnon, et, soutenu par le dos d'une chaise, dessine le paysage sur sa glace dépolie. En vingt séances, de demi-heure chacune, il prendra l'habitude de se figurer, entre tout ce qu'il regardera avec des yeux de peintre et lui, une glace sur laquelle, en idée, il tracera des contours. Rien ne lui sera plus aisé, après cela, que de voir les raccourcis, autrement si difficiles. 10 ------ TOTAL 50 h.

Il verra plusieurs des apôtres du Corrége à la coupole de Parme, qui, de grandeur colossale pour le spectateur, n'ont pas deux pieds de hauteur effective. Tendre le bras nu et armé d'une épée contre une glace donne une première idée du raccourci.

Ce cours de cinquante heures fini, mais de cette manière et non autrement, et avec le soin de se sevrer totalement de toute lecture sur les arts, fût-ce les lettres qui nous restent de Raphaël, de Michel-Ange ou d'Annibal Carrache[553], je prétends que mon amateur aura toutes les idées élémentaires de la peinture. Il ne lui restera plus qu'à s'accoutumer aux phrases par lesquelles les auteurs désignent ces idées, et il ne pourra s'accoutumer aux phrases qui n'ont point d'idées.

Je ne puis rien lui dire des auteurs français que je n'ai pas lus. Il trouvera le grand goût des arts dans les Lettres de Debrosses sur l'Italie. S'il sait l'italien, je lui conseille la Felsina pittrice de Malvasia, qu'il faut lire en présence des tableaux de Bologne que nous avons à Paris; ensuite Zanetti, della Pittura veneziana, toujours avec la même précaution; ensuite le volume de Bellori. Pour l'historique, la Vie anonyme de Raphaël, publiée à Rome en 1790; la Vie de Michel-Ange, par Condivi: les Vies des peintres vénitiens, par Ridolfi; la Vie de Léonard, par Amoretti. Il en saura assez alors pour n'être pas endormi par la Philosophie platonicienne, de Mengs, et pour profiter de ce qu'il y a de juste dans ses Réflexions sur Raphaël, le Corrége et le Titien[554]; mais toujours aller vérifier sur les tableaux ce que tous ces auteurs en disent, et ne le croire qu'autant qu'on le voit.

C'est là la règle sans exception. Il vaut infiniment mieux ne pas voir tout ce qui est que de voir sur parole[555]. Le voile qui est sur les yeux peut tomber; mais l'homme qui croit sur parole restera toute sa vie un triste perroquet brillant à l'académie, et cruellement ennuyeux dans un salon. Il ne voit plus les petites circonstances de ses idées; il ne peut plus les comparer et s'en faire de nouvelles, du moment qu'il prend la funeste habitude de croire que Michel-Ange est un grand dessinateur, uniquement parce que c'est un lieu commun de toutes les brochures sur les arts.

C'est à l'école de natation et aux ballets de l'Opéra qu'il doit trouver que Michel-Ange a rendu avec une vérité énergique les singuliers raccourcis qu'il aperçoit. Les livres ne doivent être que des indicateurs. Le curieux qui prend les vérités telles qu'elles sont dans l'auteur n'a qu'une très-petite partie même de l'idée de cet auteur. Par exemple, Mengs admire le Corrége et déteste le Tintoret. Si l'amateur se jette en aveugle dans l'admiration de Mengs, il ne verra plus dans les coupoles de Parme ce que le Tintoret y admirait, la vérité et la force des mouvements. Après ce cours de cinquante heures, si le lecteur a encore de la patience, il faut recommencer dans le même ordre.

Je répéterai à mon amateur le conseil de l'homme rare qui commença mon éducation pittoresque à Florence. Je n'étais pas sans un secret orgueil pour certains premiers prix d'académie d'après nature que j'avais remportés dans une école assez bonne, mais française. Il me fit promettre de ne parler de peinture à qui que ce fût d'un an entier, et me conseilla les exercices précédents. Cet arrangement fait, quand je lui parlais des arts, il ne me répondait guère que par monosyllabes: «Il faut laisser naître vos idées.--J'aime bien cette image d'un de vos grands écrivains, qui peint un enfant semant une fève, et allant gratter la terre une heure après pour voir si elle a germé.»

Je n'en obtins rien de mieux pendant plus d'un an; et lorsque enfin il rompit le silence, il fut enchanté de me voir en état de disputer contre lui, et, sur plusieurs points, d'un avis extrêmement différent. «C'est sans doute par ces précautions, me disait-il, que le sage Louis Carrache formait le Guide, et le Dominiquin, et tant de peintres de son école, tous bons, et, ce qui fait peut-être encore plus d'honneur au maître, tous différents entre eux.»

Un génie élevé se méfie de ses découvertes; il y pense souvent. Dans une chose qui intéresse de si près son bonheur, il se fait une objection de tout.

Ainsi un homme de génie ne peut faire qu'un certain nombre de découvertes. Il est rare qu'il ose partir de ses découvertes comme de bases inattaquables. On a vu Descartes déserter une méthode sublime, et, dès le second pas, raisonner comme un moine.

Ghirlandajo devait sans cesse trembler de se tromper dans la perspective aérienne, et d'outrer sa découverte. Au contraire, l'artiste qui naît dans une bonne école est averti des effets de la nature; il apprend à les voir, il apprend à les rendre, et n'y songe plus. La force de son esprit est employée à faire des découvertes au delà.

Aujourd'hui l'esprit humain prend une marche contraire. Il s'éteignait faute de secours, il est étouffé par les exemples. Ce serait un avantage pour les artistes que demain il ne restât plus qu'un tableau de chaque grand maître.

Dès qu'ils font autre chose qu'avertir le génie qu'il y a telle beauté possible, ils nuisent. Mais ils servent au public, en produisant des plaisirs, et des plaisirs variés comme le caractère des lieux où ils sont répandus.

Les alliés nous ont pris onze cent cinquante tableaux. J'espère qu'il me sera permis de faire observer que nous avions acquis les meilleurs par un traité, celui de Tolentino. Je trouve dans un livre anglais, et dans un livre qui n'a pas la réputation d'être fait par des niais, ou des gens vendus à l'autorité:

«The indulgence he showed to the Pope at Tolentino, when Rome was completely at his mercy, procured him no friends, and excited against him many enemies at home.» (Edinburg Review, décembre 1816, page 471.)

J'écris ceci à Rome, le 9 avril 1817. Plus de vingt personnes respectables m'ont confirmé ces jours-ci qu'à Rome l'opinion trouva le vainqueur généreux de s'être contenté de ce traité. Les alliés, au contraire, nous ont pris nos tableaux sans traité.

[549] A l'instant où un modèle quitte ses vêtements, ses membres sont d'accord, si l'on peut parler ainsi. Dans la nature, si un homme serre le poing droit, par un mouvement de colère, la main gauche change de physionomie, et, sans nous en rendre compte, nous sommes très-sensibles à ces sortes de changements, à ce que je crois, un peu par instinct. Saint Bernard fit de grandes conversions en Allemagne en parlant aux Germains le latin qu'ils n'entendaient pas.

L'étude du modèle peut ôter au peintre le sentiment de l'accord des membres; il y a des choses qu'il faut savoir ne pas imiter. Copier le modèle sans savoir l'anatomie, c'est transcrire un langage qu'on n'entend pas. Mais, dira-t-on, l'anatomie ne paraît pas dans les tableaux des grands peintres; elle paraissait dans leurs esquisses.

[550] Le meilleur livre d'anatomie pour les artistes est celui de Charles Bell. Londres, 1806, in-4° de cent quatre-vingt-cinq pages.

[551] La Cène, de Léonard, gravée par Raphaël Morghen; la Transfiguration, du même, cent vingt francs la nouvelle, quarante francs l'ancienne. Les Jeux de Diane, du Dominiquin; le Martyre de saint André, fresque du Dominiquin; Saint André allant au supplice, du Guide. Les portraits de Raphaël et de la Fornarina, de Morghen; l'Aurore du Guide; l'Aurore du Guerchin. La Léda, du Corrége, par Porporati; la Déjanire, de Bervic; la Sainte Cécile, de Massart; la Madeleine, du Corrége, par Longhi; le Mariage de la Vierge, du même. La Famille en Égypte et l'Arcadie, du Poussin. Quelques paysages du Lorrain; quelques gravures des chambres du Vatican, par Volpato, quoique la pureté virgilienne de Raphaël y soit cruellement ornée. Huit Prophètes ou Sibylles, de Michel-Ange, au bistre; le Jugement dernier, de Michel-Ange, gravé par Metz. Le Saint Jean et la Madone de Saint-Sisto, de Müller; quelques gravures de Bartolozzi, d'après un auteur classique; quelques gravures de Strange. La Danse, de l'Albane, par Rosaspina; la Madone, du Guide, par Gandolfo; la Madone alla Seggiola, par Morghen; la Madone del Sacco, par le même; le Laocoon, de Bervic[xl].

[xl] Il faut acheter deux de ces gravures par semaine, celles pour lesquelles on se sentira du goût, et les changer souvent de place.

[552] Je ne porte pas en compte le temps qu'il gagnera dans le monde à étudier la distribution de la lumière, ou le génie de Rembrandt et du Guerchin, sur la figure des ennuyeux qu'il faut quelquefois faire semblant d'écouter.

[553] Lettere Pittoriche, recueil en six volumes.

[554] Œuvres de Mengs, trad. par Jansen.

[555] Ainsi, ne pas lire ce qu'on ne peut pas vérifier. C'est ce qui m'empêcherait de conseiller à un jeune amateur, à Paris, la judicieuse Histoire de la peinture par le jésuite Lanzi, six volumes in-8°. C'est un guide sûr.

APPENDICE

TABLE CHRONOLOGIQUE

DES ARTISTES LES PLUS CÉLÈBRES.

+----------------------------------+---------------------------------+ | PEINTRES ET DESSINATEURS. | SCULPTEURS ET GRAVEURS. | |----------------------------------+---------------------------------| | | | IXe SIÈCLE AVANT JÉSUS-CHRIST. | | | | | 895. Dibutade, Grec, mort en | | | 895. | | | | VIIIe SIÈCLE AVANT JÉSUS-CHRIST. | | | | 765. Ludius, Grec. | | | | | VIIe SIÈCLE AVANT JÉSUS-CHRIST. | | | | | | | 654. Cléophante, Grec. | | | | | VIe SIÈCLE AVANT JÉSUS-CHRIST. | | | | | 590. Turianus, d'Étrurie. | | | 568. Dipaenus, Grec. | | | 569. Scyllis, Grec. | | | 560. Mnésarque, graveur, Grec. | | | 538. Bupale, Grec. | | | 539. Antermus, Grec. | | | | Ve SIÈCLE AVANT JÉSUS-CHRIST. | | | | 480. Agatharque, Grec. | 487. Téléphanès, Grec. | | 457. Panacus, Grec. | 453. Sophroniscus, Grec. | | 439. Apollodore, Grec. | 445. PHIDIAS, Grec. | | 424. Damophile, Grec. | 444. Alcamène, Grec. | | 423. Gorgasus, Grec. | 430. Scopas, Grec. | | 422. POLIGNOTE, Grec. | 410. Myron, Grec. | | 420. Timarète, Grecque. | | | 420. PARRHASIUS, Grec. | | | 400. Micon, Grec. | | | | | IVe SIÈCLE AVANT JÉSUS-CHRIST. | | | | 380. ZEUXIS, Grec. | 399. Socrate, Grec. | | 360. Pamphile, Grec. | 355. Briaxis, Grec. | | 352. Pausias, Grec. | 354. Timothée, Grec. | | 350. Timanthe, Grec. | 353. Léocharès, Grec. | | 331. Antiphile, Grec. | 352. Echion, Grec. | | 330. APELLE, Grec. | 351. Thérimachus, Grec. | | 329. Melantius, Grec. | 350. Lysippe, Grec. | | 328. Amphion, Grec. | 340. PRAXITÈLE, Grec. | | 327. Asclépiodore, Grec. | 329. Céphisodote, Grec. | | 320. PROTOGÈNE, Grec. | 327. Lysistrate, Grec. | | 303. Nicias, Grec. | 326. Eutycrate, Grec. | | 300. Aristide, Grec. | 325. Pyrgotelès, Grec. | | | | IIIe SIÈCLE AVANT JÉSUS-CHRIST. | | | | 269. Fabius Pictor. | 289. Charès, Grec. | | | 232. Polyctète, Grec. | | | | IIe SIÈCLE AVANT JÉSUS-CHRIST. | | | | 111. Euphranor, Grec. | 176. Euphranor, Grec. | | | | 1er SIÈCLE AVANT JÉSUS-CHRIST. | | | | 61. Timomaque, Grec. | 72. Arcésilaüs, Grec. | | | 70. Posis, Romain. | | | 57. Praxitèle, grav. et | | | sculpt., Romain. | | | 28. Diogène, Grec. | | | | 1er SIÈCLE DEPUIS JÉSUS-CHRIST. | | | | | 14. Dioscoride, graveur, Grec.| | | 15. Apollonide, graveur, Grec.| | | 17. Solon, graveur, Grec. | | | 18. Cronius, graveur, Grec. | | | 40. Archélaüs, Grec. | | | 66. Zénodore, Gaulois. | | | 76. Agésandre, Grec. | | | 77. Polydore, Grec. | | | 78. Athénodore, Grec. | | | | IIe SIÈCLE DEPUIS JÉSUS-CHRIST. | | | | | 138. Maxalas, graveur, Grec. | | | | XIIIe SIÈCLE DEPUIS JÉSUS-CHRIST. | | | | 1294. Taffi (André), Ital. | | | 1300. Cimabué, Ital. | | | | | XIVe SIÈCLE DEPUIS JÉSUS-CHRIST. | | | | 1312. Gaddo Gaddi, Ital. | 1360. Calendario (Phil.), | | 1340. Lorenzetti (Ambrozio), | Italien. | Ital. | 1389. Pisani (André), Italien. | | 1350. Gaddi (Taddeo), Ital. | | | 1389. Pisani (André), Ital. | | | | | XVe SIÈCLE DEPUIS JÉSUS-CHRIST. | | | | 1426. Eych (Hub. Van), Flamand. | 1466. Donato, dit le Donatello, | | 1427. Eych (Jean Van) ou Bruges | Italien. | | (J. de), Flamand. | | | 1433. Antoine de Messine, Ital. | | | 1443. Francesca (Pietro della), | | | Ital. | | | 1488. Verrochio (André), Ital. | | | | | XVIe SIÈCLE DEPUIS JÉSUS-CHRIST. | | | | 1501. Bellin (Gentil), Ital. | 1526. Propertia de Rossi, Ital. | | 1511. Giorgion (le), Ital. | 1528. Rustici (Jean-Franç), | | 1512. Bellin (Jean), Ital. | Ital. | | 1517. Mantegna (André), Ital. | 1540. Marc-Antoine, Italien. | | 1518. VINCI (Léonard de), Ital. | 1546. Valerio Vincentini, Ital. | | 1518. Francia (François), Ital. | 1548. Nassaro (Math. del), Ital.| | 1520. RAPHAEL (d'Urbin), Ital. | 1551. Caraglio (J.-J.), Italien.| | 1521. Cosimo (Pietro), Ital. | 1552. Anichini (Louis), Italien.| | 1524. Pérugin (Pierre), Ital. | 1555. Benardi (Jean), Italien. | | 1527. Maturino, Ital. | 1570. Cellini (Benvenuto), Ital.| | 1528. Durer (Albert), Allemand. | 1572. Goujon (Jean), Français. | | 1529. Matsys (Quintin) Mesius, | 1574. Ponce (Paul), Italien. | | Flamand. | 1578. Cort (Corneille), Holl. | | 1550. ANDRÉ DEL SARTO, Italien. | 1589. Biragne (Clément), Ital. | | 1553. Lucas de Leyde, Hollandais.| 1590. Pilon (Germain), Français.| | 1534. CORRÈGE (Le), Italien. | 1590. Vico (Enée), Italien. | | 1540. Pordenone (J.-A. Licinio | 1598. Bry (Théod. de), Flamand. | | de), Italien. | | | 1540. Parmesan (Le), Italien. | | | 1541. Rosso (Le), maître Roux, | | | Italien | | | 1543. Caravage (Polidore de), It.| | | 1546. Romain (Jules), Italien. | | | 1547. Buonacorsi ou Perrin del | | | Vaga, Italien. | | | 1554. Holbein (Jean), | | Allemand-Suisse. | | | 1560. Abbate (Nicolo del), Ital. | | | 1561. Pordenone le jeune (Jules | | | Licinio de), Italien. | | | 1563. Salviati (le Rossi ou | | | Franc), Italien. | | | 1564. MICHEL-ANGE BUONAROTTI, | | | Italien. | | | 1564. Udine (Jean de), Italien. | | | 1566. Zuccharo (Thadée), Italien.| | | 1570. Primatice (Franc), Italien.| | | 1570. Floris (Franc), Flamand. | | | 1574. Hesmekerk, Hollandais. | | | 1576. TITIEN (Le), Italien. | | | 1582. Schiavone, Italien. | | | 1585. Cangiage ou Cabiazi | | | (Lucas), Italien. | | | 1588. VERONESE (Paul), Italien. | | | 1589. Cousin (Jean), Français | | | 1590. Vargas (Louis de), Espag. | | | 1590. Muziano (Jérôme), Italien. | | | 1592. Tibaldi (Pelegrino), Ital. | | | 1592. Bassan (Le), Italien. | | | 1592. Sophonisbe de Crémone, | | | Italien. | | | 1594. Tintoret (Le), Italien. | | | 1594. Schwartz (Christ), Allem. | | | | | XVIIe SIÈCLE DEPUIS JÉSUS-CHRIST. | | | | 1606. Farinato (P.), Italien. | 1606. Bologne (Jean de), Ital. | | 1607. Vermander (Ch.), Flam. | 1612. Thomassin (Phil.), Franç. | | 1612. Baroche (Frédéric), Ital. | 1629. Sadeler (Gilles), Belge. | | 1613. Civoli (Louis), Italien. | 1630. Gonnelli (Jean), Italien. | | 1617. Paduanino (Francesco), It. | 1635. Callot (Jacques), Franç. | | 1618. CARRACHE-ANNIBAL. | 1639. Vosterman (Lucas), Holl. | | 1619. Calvart (Denis), Flamand. | 1644. Quesnoy (Fr. le), Flamand.| | 1619. Freminet (Martin), Franç. | 1648. Villamène (François), It. | | 1622. Porbus (Fr.), Flamand. | 1654. Algari (Alexandre), Ital. | | 1624. Feti (Dominique), Italien. | 1658. Guillain (Simon), Franç. | | 1629. Bril (Paul), Flamand. | 1660. Sarazin (Jacques), Franç. | | 1629. Paggi (J.-J.), Italien. | 1660. Bosse (Abraham), Français.| | 1630. Carlone (Jean), Italien. | 1666. Volterre (Daniel de), It. | | 1630. Tempesta (Antoine), Ital. | 1667. Lasne (Michel), Français. | | 1630. Gonelli (Jean), Italien. | 1668. Obstal (Gerard van), Holl.| | 1631. Scorza-Sinibaldo, Italien. | 1671. Silvestre (Israël), Franç.| | 1632. Valentin, Français. | 1674. Marsy (Balthasar), Franç. | | 1634. Venius-Otto, Hollandais. | 1676. Chauveau (François), Fr. | | 1635. Callot, (Jacques), Franç. | 1678. Ballin (Claude), Français.| | 1637. Romboutz (Théod.), Flam. | 1678. Nanteuil (Rob.), Français.| |1638. Blanchart (Jacq.), Français.| 1680. Bernini (Jean-Laurent), | | 1640. RUBENS (Pierre-Paul), Flam.| Italien. | | 1640. Baur ou Bawr (Guill.), All.| 1681. Marsy (Gaspard), Flamand. | | 1640. Arpino (Jos. Ces. d'), | 1686. Anguier (Michel), Franç. | | Italien. | 1690. Hongre (Etienne le), Fr. | | 1641. LE DOMINIQUIN, Italien. | 1693. Poilly (François), Franç. | | 1641. VAN-DYCK (Ant.), Flamand. | 1694. Desjardins (Martin | | 1641. Vouet (Simon), Français. | Bogaert), Flamand. | | 1641. Le Guide, Italien. | 1699. Anguier (François), Franç.| | 1642. Breughel (Jean), Flamand. | 1699. Roullet (Jean-Louis), Fr. | | 1645. Toutin (Jean), peintre en | 1700. Zumbo (Gaétan-Jules). | | émail, Français. | | | 1647. Lanfranc (Jean), Italien. | | | 1647. Blomaert (Abraham), Holl. | | | 1647. Dobson (Guill.), Anglais. | | | 1650. Pierre (François du), Fr. | | | 1654. Légers (Gérard et Daniel), | | | Flamands. | | | 1654. Poter (Paul), Hollandais. | | | 1655. LE SUEUR (Eustache), Fr. | | | 1655. Pierre (Guillaume du), Fr. | | | 1655. Testelin (Louis), Français.| | | 1656. Hire (Laurent de la), Fr. | | | 1656. Espagnolet (L'), Espagnol. | | | 1657. Stella (Jacques), Français.| | | 1657. Snyders (François), Flam. | | | 1658. Metzu (Gabriel), Holl. | | | 1660. Van-Huden (Lucas), Holl. | | | 1660. Albane (L'), Italien. | | | 1660. Poelemburg (Corn.), Holl. | | | 1660. Michel-Ange-des-Batailles, | | | Italien. | | | 1660. Cavedone (Jacques), Ital. | | | 1660. Metelli (Augustin), Ital. | | | 1660. Bréenberg (Barthol.), Holl.| | | 1660. Veenin (J.-B.), Hollandais.| | | 1660. VELASQUEZ (Diego de), Esp. | | | 1661. Sacchi (André), Italien. | | | 1663. Dorigny (Michel), Français.| | | 1664. Miel (Jean), Flamand. | | | 1665. POUSSIN (Nicolas), Franç. | | | 1665. Dufresnoy (Ch. Alph.), Fr. | | | 1666. Daniel de Volterre. | | | 1667. LE GUERCHIN, Italien. | | | 1668. Wouvermans (Phil.), Holl. | | | 1670. Benedette (Benoît | | | Castiglione le), Italien.| | | 1670. Veronese (Alex.), Italien. | | | 1671. Bourdon (Sébast.), Franç. | | | 1673. Rosa (Salvator), Italien. | | | 1673. Schurman (Anne-Marie | | | de), Hollandais. | | | 1673. Fiori (Mario di), Italien. | | | 1674. Boullongne (Louis), Fr. | | | 1674. Champagne (Phil.), Flam. | | | 1674. REMBRANDT (Paul), Holl. | | | 1675. Diepenbeck (Abrah.), Flam. | | | 1675. Fievre (Cl. le), Français. | | | 1676. Chauveau (François), Fr. | | | 1678. Nanteuil (Rob.), Français. | | | 1678. Jordaens (Jacq.), Flamand. | | | 1678. Dujardin (Karel), Holl. | | | 1680. Grimaldi (Jean-François), | | | surnommé le Bolognese, | | | Italien. | | | 1680. Bernini ou Bernin | | | (Jean-Laurent), Italien. | | | 1680. Dow (Gérard), Hollandais. | | | 1680. Lely (Pierre), | | | All.-Anglais. | | | 1681. Mieris (François), Holl. | | | 1681. Terburg (Girard), Holl. | | | 1682. Gelée (Claude-Lorrain), | | | Français. | | | 1683. Sandrurt (Joachim), All. | | | 1683. Berghem (Nicolas), Holl. | | | 1684. Coquès-Gonzalès, Esp. | | | 1684. Robert (Nicolas), Français.| | | 1685. MURILLO (Barthél.), Esp. | | | 1685. Van-Ostade (Adrien), All. | | | 1686. Dolci (Charles), Italien. | | | 1687. Nestcher (Gasp.), Allemand.| | | 1688. Mellun (Claude), | | | dessinateur, Français. | | | 1689. Ciro-Ferri, Italien. | | | 1690. Brun (Charles le), Franç. | | | 1690. Vander-Meulen (Ant.-Fr.), | | | Flamand. | | | 1691. Slingeland (Jean-Pierre), | | | Hollandais. | | | 1691. Petitot (Jean), Genevois. | | | 1693. Rousseau (Jacq.), Français.| | | 1694. Teniers (David), Flamand. | | | 1695. Félibien (And.), écrivain | | | français. | | | 1695. Mignard (Pierre), Français.| | | 1699. Preti (Mathias), surnommé | | | le Calabrois, Italien. | | | | | XVIIIe SIÈCLE DEPUIS JÉSUS-CHRIST. | | | | 1704. Parrocel (Joseph), Franç. | 1703. Smith (Jean), Anglais. | | 1705. Jordans (Lucas), Italien. | 1703. Audran (Gérard), Français.| | 1707. Coypel (Noël), Français. | 1707. Edelinck (Gerard), Franç. | | 1709. Piles (Roger de), écrivain | 1713. Théodon (Jean-Bapt.), Fr. | | français. | 1714. Clerc (Sébast. le), Franç.| | 1711. Chéron (Elisabeth-Sophie), | 1715. Girardon (François), Fr. | | Française. | 1720. Coysevox (Antoine), Fr. | | 1712. Vender-Heyden (Jean), | 1721. Picart (Etienne), Holl. | | Hollandais. | 1725. Reisen (Ch. Christ), Ang. | | 1713. Maratte (Carle), Italien. | 1728. Simonneau (Charles), Fr. | | 1716. Fosse (Charles de la), Fr. | 1733. Picart (Bernard), Franç. | | 1717. Jouvenet (Jean), Français. | 1733. Coustou (Nicol.), Franç. | | 1717. Boullongne (Bon.) Franç. | 1733. Cléve (Joseph Van), Franç.| | 1717. Merian (Marie-Sibylle), | 1737. Sirlet (Flavius), Franç. | | Allemand. | 1739. Drevet (Pierre fils), | | 1717. Santerre (J.-B), Français. | Français. | | 1721. Vatteau (Ant.), Français. | 1741. Thomassin (Henri-Simon), | | 1722. Coypel (Ant.), Français. | Français. | | 1723. Kneller (Godefroy), All. | 1743. Lorrain (Robert le), Fr. | | 1724. Lutti (Benedetto), Italien.| 1743. Becker (Phil.-Christ.), | | 1730. Troy (Franç. de), Français.| Allemand. | | 1733. Boullongne (Louis), Fr. | 1744. Pautre (Pierre le), Franç.| | 1733. Picart (Bernard), | 1744. Frémin (René-Franç.), Esp.| | dessinateur, Français. | 1746. Barrier (Franç.-Julien), | | 1734. Raoux (Jean), Français. | Français. | | 1734. Tournhill (Jacq.), Anglais.| 1748. Germain (Thomas), Fr. | | 1735. Rivalz (Ant.), Français. | 1749. Tardieu (Nicol.-Henri), | | 1735. Vivien (Jean), Français. | Français. | | 1735. Ranc (Jean), Français. | 1754. Cochin (Ch.-Nicolas), Fr. | | 1736. Hallé (Cl. Guy), Français. | 1754. Vinache (Jean-Joseph), | | 1737. Moine (Franç. le), Franç. | Français. | | 1739. Bianchi (Pierre), Italien. | 1754. Cochin (Ch.-Nicolas père),| | 1743. Arlaud (Jacq.-Ant.), Genev.| Français. | | 1743. Rigaud (Hyacinthe), Fr. | 1755. Lépicié (Bernard), Fr. | | 1743. Desportes (François), Fr. | 1757. Duchange (Gaspard), Fr. | | 1745. Vanloo (Jean-Baptiste), Fr.| 1759. Dassier (J.-Ant.), Genev. | | 1746. Largillière (Nic.), Franç. | 1759. Adam (Lambert-Sigisbert), | | 1747. Crespi (Jos.-Mar.), | Français. | | Italien. | 1761. Duvivier (Jean), Français.| | 1749. Subleyras (Pierre), Fr. | 1763. Slodtz (René-Michel), Fr. | | 1749. Vanhuysum (Jean), Holl. | 1764. Dacier (Jean), Français. | | 1752. Troy (Jean-Franç. de), Fr. | 1765. Balechou (Nicolas), Fr. | | 1752. Parrocel (Charles), Fr. | 1769. François (Jacq.-Ch.), Fr. | | 1754. Cases (P.-Jacq.), Français.| 1775. Schmidt (George-Frédéric),| | 1754. Piazetta (J.-Bap.), Ital. | Prussien. | | 1755. Oudry (J.-Bap.), Français. | 1777. Coustou (Guill.), Franç. | | 1757. Carriera (Rosa-Alba), Ital.| 1778. Piranési (Jean-Bapt.), It.| | 1760. Sylvestre (Louis), Franç. | 1784. Lépicié (Nic.-Bernard), | | 1761. Galloche (Louis), Français.| Français. | | 1761. Hogarth (Guill.), Anglais. | 1785. Pigalle (Jean-Bapt.), Fr. | | 1763. Verdussen (J.-Pierre), Fr. | 1790. Cochin (Ch.-Nicolas fils),| | 1765. Vanloo (Carle), Français. | Français. | | 1766. Servandoni (J.-N.), Ital. | | | 1766. Nattier (Jean-Marc), Fr. | | | 1767. Massé (J.-B.), Français. | | | 1768. Restaut (Jean), Français. | | | 1770. Boucher (François), Fr. | | | 1771. Vanloo (Louis-Michel), Fr. | | | 1779. Mengs (Ant.-Raphaël), All. | | | 1786. Watelet (Cl.-Henri), Fr. | | | 1789. Vernet (Joseph), Français. | | | 1792. Reynolds (Josué), Anglais. | | | | | XIXe SIÈCLE DEPUIS JÉSUS-CHRIST. | | | | 1805. Greuze (J.-B), Français. | 1809. Masquelier | | 1806. Barry (Jacques), Anglais. | (Nic.-Fr.-Jos.), Franç. | | 1807. Vien, Français. | 1810. Chaudet (François). | | 1807. Opie, Anglais. | 1816. Bossi (Giuseppe), | | | Milanais. | | | | +----------------------------------+---------------------------------+

ARTISTES VIVANTS

Canova (Antonio), marquis d'Ischia, né en 1757 à Possagno, près de Trévise. Appiani (André), peintre, né à Bosizio, dans le Milanais, vers 1750. Morghen-Raphaël, graveur à Florence. Longhi, graveur à Milan. Cammucini, peintre à Rome. Landi, idem à Rome. Thorwalsen, sculpteur danois, à Rome. Garavaglia, graveur à Milan. Anderloni, id. Raffaelli, mosaïste à Milan. Sabatelli, peintre et dessinateur, id. Demeulemeester, dessinateur et graveur, à Rome. Metz, dessinateur, à Rome. David, peintre français. Girodet, id. Guérin, id. Gros, id. Gérard, id. Prudhon, id. Isabey, peintre en miniature. Bervic, graveur. Ponce, id. Desnoyers, id. Massard. West, peintre, à Londres. Westall, id. Woolett, graveur, à Londres. Bartolozzi, graveur, en Portugal. Sanquirico, Landriani, Fuentès, Perego, peintres de décorations à Milan. Benvenuti, peintre, à Florence.

COMPOSITEURS CÉLÈBRES

Pergolese né en 1704 mort en 1733 Cimarosa 1754 1801 Mozart 1756 1792 Durante 1693 1755 Leo 1694 1745 Vinci 1705 1732 Hasse 1705 1783 Haendel 1684 1759 Galuppi 1703 1785 Jomelli 1714 1774 Porpora 1685 1767 Benda 1714 1790 Piccini 1728 1800 Sacchini 1730 1786 Paisiello 1741 1816 Guglielmi 1727 1804 Anfossi 1736 1775 Sarti 1730 1802 Traetta 1738 1779 Ch. Bach 1735 1782 Haydn 1732 1809

COMPOSITEURS VIVANTS

Rossini, né à Pezzaro en 1783. Mayer, né en 1765. Zingarelli, né en 1752. Paër. Beethowen.

LISTE DES GRANDS PEINTRES

Je sais ce que je perds à sortir du vague. Je prête le flanc aux critiques amères des gens qui savent la peinture, et aux critiques respectables des gens qui sentent autrement. Je n'écris pas pour eux; c'est pour toi seulement, noble Wilhelmine. Tu n'es plus et j'ose invoquer ton nom! Mais peut-être ton petit appartement dans le monastère, au milieu de la forêt, est-il échu en partage à quelque âme semblable à la tienne. Combien tu étais inconnue! Que de jours j'ai passés près de toi! Tu n'étais que la plus belle et la plus silencieuse des femmes! Le ciel si sévère envers moi m'a privé d'une consolation à tous mes malheurs, en ne permettant pas que je pusse lire avec toi cet ouvrage entrepris pour tâcher de t'oublier. Je placerai du moins ici la liste que je t'envoyais pour guider ton attention parmi cette foule de grands artistes dont le nombre t'effrayait.

CINQ ÉCOLES.

ÉCOLE DE FLORENCE.

MICHEL-ANGE (1474-1563). LÉONARD, chef de l'école lombarde (1452-1519). 2. Le FRATE. 2. ANDRÉ DEL SARTO. 3. Daniel de VOLTERRE. 4. Le BRONZINO. 4. PONTORMO. 4. Le ROSSO. 4. Le CIGOLI. CIMABUE. } GIOTTO. } MASACCIO. } Intérêt historique. GHIRLANDAJO. } LIPPI. } VASARI, écrivain.

ÉCOLE ROMAINE.

RAPHAËL (1483-1520). 2. JULES ROMAIN. 2. Le POUSSIN. 3. Le FATTORE. 3. PERINO DEL VAGA. 3. SALVATOR ROSA. 3. Le Lorrain. 3. Gaspard POUSSIN. 3. Polydore de CARRAVAGE. 3. Michel-Ange de CARRAVAGE. 3. Le GAROFOLO. 4. Frédéric ZUCCARI. 4. Pierre PERRUGIN. 5. RAFFAELLINO da Reggio. 5. Le cavalier d'ARPIN. 2. Le BAROCHE. 4. Andrea SACHI. 4. Carle MARATTE. 3. PIERRE de CORTONE. 3. Raphaël MENGS. 6. BATTONI.

ÉCOLE LOMBARDE.

LÉONARD de Vinci.

Imitateurs de Léonard à Milan.

3. LUINI (Bernardino). 4. CESARE DA SESTO. 4. SALAÏ. 3. GAUDENZIO FERRARI. 4. MARCO D'OGGIONE; duquel les meilleures copies de la Cène. 5. Le MORAZZONE. 4. Le MANTÈGNE, probablement le maître du Corrége (1430-1506). Le CORRÈGE (1494-1534). 3. Le PARMIGIANINO. 4. Daniel CRESPI. 4. Camille PROCACINI. 4. Hercule PROCACINI. 5. Jules CÉSAR-PROCACINI. 6. LOMAZZO, écrivain.

ÉCOLE VÉNITIENNE.

GIORGION, mort d'amour en 1511, à trente-quatre ans. Morto da Feltre, un de ses élèves, lui avait enlevé sa maîtresse. Le TITIEN (1477-1576). 2. PAUL VÉRONÈSE. 2. Le TINTORET. 2. Jacques BASSAN. 3. PARIS-BORDONE. 3. Sébastien Fra del PIOMBO. 4. PALMA vecchio. 4. PALMA giovine. 4. Le MORETTO. 4. Jean D'UDINE. 4. Le PADOVANINO. 5. Le LIBERI. 6. Les deux BELLIN, maîtres du Giorgion et du Titien.

ÉCOLE DE BOLOGNE.

Annibal CARRACHE. Guido RENI (1575-1642). Le DOMINIQUIN (1586-1614). Le GUERCHIN (1590-1666). 2. Louis CARRACHE. 2. Augustin CARRACHE. 2. L'ALBANE (1578-1660). 2. LANFRANC, le peintre de coupoles (1581-1647). 3. Simon CANTARINI, detto il Pesarèse, mort jeune. 4. TIARINI. 4. Lionello SPADA. 4. Lorenzo GARBIERI. 4. Le CAVEDONE. 4. Le CIGNANI. 5. Le PRIMATICE. 5. Élisabeth CIRANI. 5. BAGNACAVALLO. 5. FRANCIA. 5. INOCENZO DA IMOLA. 5. MELOZZO. 5. Dosso DOSSI. 5. Le BONONE.

Un ami me donna les listes qui précèdent; j'y mis des numéros en parcourant l'Italie et le musée de Dresde; je n'en mis point à ces noms dont le rang changeait à mes yeux comme les dispositions de mon âme.

NOTE POUR LA PAGE 80 [Note 103].

L'éditeur aurait mis un carton, s'il n'avait trouvé dans le Gentlemen Magasine d'avril 1817, page 365, la bulle que N. S. P. le pape a adressée, le 29 juin 1816, au primat de Pologne.

Les lignes suivantes sont assez remarquables:

«Horruimus sane vaferrinum, inventum, quo vel ipsa religionis fondamenta labefactantur, adhibitisque in consilium...... vener. fratr. N. S. R. E. cardinalibus, quænam pontificiæ auctoritatis remedia ad eam pestem, quoad fieri posset curandam delendamque opportuniora futura sint...... cum tua jam sponte exarseris ad impias novatorum machinationes detegendas et opugnandas...... experimento autem manifestum esse, e sacris Scripturis, quæ vulgari lingua edantur, plus detrimenti quam utilitatis oriri ob hominum temeritatem, etc., etc.»

FIN.

TABLE

Dédicace. 5

INTRODUCTION. 7

Les sauvages libres et pleins d'énergie. Ib. Sont corrompus par le despotisme. 9 En 900, les villes d'Italie essayent un peu de commerce. Ib. Les papes donnent la finesse. Ib. Le loisir, l'opulence et le climat donnent ce que l'on ne reverra jamais au monde, les mœurs du quatorzième siècle. 11 Anecdotes de la famille de Médicis. 16 Aventures de Bianca Capello. 17 Florence 27 Politique des Médicis. 28 Venise 30 Politique de Venise, seconde patrie de la peinture. Ib. Rome 31 Politique de Rome, la capitale des arts au quinzième siècle. Ib. Considérations générales sur les mœurs de ce siècle. 35 La peinture, après avoir donné tout ce qui était compatible avec la civilisation du seizième siècle, tombe dans le genre ennuyeux. 38 Cause de la misère actuelle; la vie est dans les idées et non dans les jouissances données par les beaux-arts. 39 Milan 40 Naples Ib. Le Piémont Ib. De la monarchie absolue et des arts. 41 De la monarchie constitutionnelle. 42

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