XII. 476
Lettres Inédites de Colbert sur la marine, le commerce et les manufactures.--Nº XIII. 492
INVENTAIRE FAIT APRÈS LE DECEDZ DE MONSEIGNEUR COLBERT.--Pièce nº XIV.--Inédite. 501
Indication des manuscrits et ouvrages imprimés qui ont été consultés pour l'Étude sur Fouquet, et l'Histoire de Colbert.--Pièce nº XV. 503
FIN DE LA TABLE.
FOOTNOTES:
[1] Une partie de ce travail a été publiée dans un de nos recueils périodiques, le Correspondant. J'ai fait depuis des additions et des changements importants.
[2] Voici l'indication des ouvrages dont je veux parler:
1º Recherches et considérations sur les finances de France, par Forbonnais.--L'examen seul de l'administration de Colbert remplit la moitié d'un fort volume in-4º.
2º Vies des Surintendants des finances et des Contrôleurs généraux, 3 vol. in-12--Particularités sur les minisires des finances célèbres, par M. de Montyon, 1 vol. in-8º.
3º OEuvres complètes de Lemontey, t. V. Notice sur Colbert.
4º Biographie universelle de Michaud, article Colbert, par M. Villenave.
5º Histoire financière de la France, par M. Bailly; t. I, Administration de Colbert.
6º Histoire de l'économie politique en Europe, depuis les anciens jusqu'à nos jours par M. Blanqui; t. I et II; chap. XXVI et XXVII; Administration de Colbert.
7º Histoire de l'économie politique, ou études historiques, philosophiques et religieuses sur l'économie politique des peuples, anciens et modernes, par M. le Vic Alban de Villeneuve-Bargemont; t, I, chap. XV. Administration de Colbert.
8º Système financier de la France, par M. d'Audiffret, t. II. Notice historique sur la vie de Colbert.
9º Histoire de Colbert. par M. A. de Serviez; 1 vol. in-18.
Il y a encore plusieurs éloges de ce ministre, entre autres celui de Necker, couronné, en 1773, par l'Académie Française; le tableau du ministère de Colbert, 1774, par M. Brunet; l'Éloge politique de Colbert, par M. de Pelissery, 1775, etc.
[3] Catalogue raisonné des manuscrits françois de la Bibliothèque du Roi, par M. Paulin Paris; t. I, p. 7 et suiv.
[4] Bibliothèque royale, Mss. Lettres de Mazarin, Baluze, Arm. VI.
[5] Colbert et Seignelay, Mss.--1669 à 1677.--Collection de pièces originales sur la marine émanées de Colbert et du marquis de Seignelay, de 1669 à 1677.6 vol. in-folio.
Cette collection composée de 403 pièces est divisée en vingt-deux cotes où chaque pièce est classée selon la matière principale qu'elle traite ou l'année à laquelle elle appartient.
[6] Pièces justificatives; pièce nº XV; p. 503.--Cet ouvrage était en grande partie imprimé, lorsque M. Champollion-Figeac a eu la bonté de me communiquer un manuscrit original de Colbert, manuscrit très-considérable, d'une grande importance historique, et resté entièrement inconnu jusqu'à ce jour. Il est intitulé: Mémoires sur les affaires des finances de France pour servir à l'histoire. Ces mémoires renferment de curieux détails sur l'administration des finances depuis Henri IV, mais principalement à partir de 1648, époque où Colbert a été attaché à Mazarin, jusqu'en 1663. L'administration de Fouquet y est surtout jugée avec une sévérité extrême où l'on croit voir même percer de la passion. Sous ce rapport, les mémoires dont il s'agit présentent donc le plus vif intérêt. J'ai reproduit à la fin du volume, (pièce justificative nº II, p. 427) les parties les plus importantes de ce travail, où l'on trouvera l'appréciation faite par Colbert lui-même de l'administration de Fouquet, pendant que celui-ci était en prison et que la Chambre de justice instruisait son procès.
[7] Vers 1783, à l'époque des négociations auxquelles donna lieu le traité de commerce entra la France et l'Angleterre signé en 1786, le secrétaire de M. de Vergennes, alors ministre des affaires étrangères, M. le comte Mollien, qui a été depuis ministre du Trésor sous l'Empire, eut à sa disposition plusieurs volumes contenant la correspondance commerciale de Colbert et prit copie des lettres les plus importantes. Plus tard, après la Révolution, M. le comte Mollien chercha cette correspondance et la copie qu'il en avait faite; mais l'une et l'autre avaient été égarées. Il est probable que ces volumes étaient précisément du nombre de ceux qui manquent aujourd'hui, et voici une particularité qui paraît confirmer cette hypothèse. M. Hippolyte Passy, qui a bien voulu me donner ces détails, se rappelle avoir entendu dire à M. le comte Mollien que, dans une de ses lettres, Colbert engageait les échevins de Lyon à considérer les faveurs dont leur industrie était l'objet comme des béquilles à l'aide desquelles ils devaient se mettre en mesure d'apprendre à marcher le plus tôt possible et qu'il leur retirerait ensuite. Cette restriction était, en effet, toute logique. Malheureusement, les registres de correspondance de Colbert, ses manuscrits, les dépêches qui lui ont été adressées, sont muets à ce sujet. La perte des registres dont il s'agit est donc des plus fâcheuses, et force m'a été, dans l'absence de ces précieux documents, de m'appuyer, en ce qui touche cette partie si importante de l'administration de Colbert, sur les pièces, très-nombreuses et parfaitement concordantes, du reste, qui m'ont été communiquées.
[8] Mr Eugène Sue a publié dans son Histoire de la marine au XVIIe siècle (1re édition, 5 vol. in-8º), un grand nombre de pièces très curieuses sur cette époque et sur Colbert. J'ai indiqué, d'ailleurs, dans le courant de l'ouvrage, les pièces que j'ai reproduites après lui, et celles qui sont entièrement inédites.
[9] Je dois faire remarquer, au sujet de ces pièces et des nombreuses citations éparses dans l'ouvrage, que j'ai reproduit très-fidèlement l'orthographe de tous les documents originaux auxquels j'ai pu remonter. Quant aux copies ou aux pièces déjà imprimées, dans l'impossibilité de recourir à tous les documents originaux, je les ai reproduites comme elles ont été copiées ou imprimées. Cela est cause, plus d'une fois, que des documents de la même époque, cités dans la même page, ont une orthographe différente. C'est, je l'avoue, une anomalie; mais il était impossible de l'éviter, et il aura suffi d'en donner l'explication.
[10] De l'Industrie française, par M. le comte Chaptal, t. I; Discours préliminaire, p. XLVII.
[11] Dans tous les manuscrits du temps et dans le plus grand nombre des pièces imprimées à l'occasion de son procès, le nom du surintendant est écrit comme il suit: Foucquet. J'ai cru néanmoins devoir adopter l'orthographe qui a prévalu.
[12] Abrégé chronologique du président Hénault, année 1661.
[13] Défenses de M. Fouquet sur tous les points de son procès. 15 vol. in-18. Édition à la Sphère, 1665; t. II, p. 356.
[14] Pélisson, dans son second discours au roi pour Fouquet, et celui-ci dans ses Défenses, t. II: donnent à ce sujet les plus grands détails. Dans ses Mémoires sur la vie et les écrits de madame de Sévigné, M. le baron Walckenaer les a analysés avec beaucoup de clarté et je n'ai eu en quelque sorte qu'à résumer cette partie de son travail.
[15] Mémoires de Gourville (t. LII de la collection Petitot).
[16] Mémoires pour servir à l'histoire de Louis XIV, par l'abbé Choisy. «On croit, dit l'abbé de Choisy, qu'une des choses qui gâta autant Fouquet dans l'esprit du roi, fut une querelle qu'il eut dans l'antichambre du cardinal deux mois avant sa mort, avec l'abbé Fouquet, son frère. Cet abbé était fort insolent de son naturel, et prétendait que son frère lui devait sa fortune. Ils s'étaient brouillés, et se dirent publiquement tout ce que leurs ennemis pensaient dans le coeur. L'abbé, entre autres choses, reprocha à son frère, qu'il avait dépensé quinze millions à Vaux, qu'il donnait plus de pensions que le roi, et qu'il avait envoyé tantôt trois, tantôt quatre mille pistoles à des dames qu'il nomma tout haut. Le surintendant, piqué au vif, reprocha à l'abbé les dépenses excessives qu'il avait faites pour faire l'agréable auprès de madame de Châtillon, et fort inutilement» (Liv. II, p. 135 et 136). Voir aussi, au sujet des profusions de Fouquet, un document contemporain intitulé: Portraits de la cour qui a été publié dans les Archives curieuses de l'histoire de France, par MM. Cimber et Danjou, IIe série, t. VIII, p. 415. Il y est dit entre autres choses, que, d'après Fouquet, il n'y avait aucune fidélité à l'épreuve de cinquante mille écus, et que la collation de Vaux avait coûté, au dire de tout le monde, quarante mille écus.
[17] Mémoires de Gourville, etc.
[18] M. Hervart était intendant des finances et l'un des plus intrépides joueurs de l'époque, avec Fouquet, Gourville et le marquis de Clérambault (Mémoires de Gourville).
[19] Bibliothèque royale, manuscrit. Lettres de Mazarin. Cette lettre et la réponse de Colbert ont été publiées par M. Champollion-Figeac: Documents inédits sur l'histoire de France, t. II, p. 501 et suiv.--On voit par la réponse de Colbert, publiée également dans les Documents inédits, que la lettre du cardinal, qui ne porte point de date, était du 20 octobre 1659.
[20] On lit ce qui suit au sujet de la fortune du cardinal Mazarin dans les Remontrances du parlement de Paris au roi et à la reine régente, en date du 21 janvier 1649. «Quant à l'abus et à la deprédation des finances, le cardinal Mazarin oserait-il dire qu'il y ait eu quelques limites à sa convoitise?... Il suffit de dire qu'il est le maître, qu'il prend tout ce qu'il peut toucher comme s'il était sien; qu'il a conservé et augmenté le nombre des partisans et gens d'affaires, qui sont les sangsues qui lui facilitent les moyens pour avoir de l'argent comptant, et qu'on ne trouve presque plus d'or ni de bonne monnaie en France. Jugez de là, sire, où il est.» Le parlement ajoute que, grâce à ces concussions, le royaume est si fort épuisé qu'il y a peu de personnes à la campagne auxquelles il reste un lit pour se coucher, moins encore qui aient du pain pour se nourrir en travaillant, et qu'il n'y en a point du tout qui puissent vivre sans incommodité, (Collection des anciennes lois françaises, etc., par MM. Isambert, Decrusy et Taillandier, t. XVII, année 1649). Enfin, on cite un mot très-naïvement plaisant du duc de Mazarin, héritier des biens immenses du cardinal, «Je suis bien aise, disait-il, qu'on me fasse des procès sur tous les biens que j'ai eus de M. le cardinal. Je les crois tous mal acquis, et du moins quand j'ai un arrêt en ma faveur, c'est un titre, et ma, conscience est en repos» (Mémoires de l'abbé de Choisy, liv. II).
[21] Mémoires de madame de Motteville, de l'abbé de Choisy, de Gourville, de Brienne, etc. Madame de Motteville, si calme et si circonspecte d'ordinaire, appelle Fouquet un grand voleur. Dans un autre passage de ses mémoires, on lit ce qui suit: «On a dit qu'on avait trouvé du poison chez lui et on a quelque soupçon qu'il avait empoisonné le cardinal.»
[22] Défenses de M. Fouquet, t. II, p. 98. Il est à remarquer que, dans tout le cours de ses défences, Fouquet parle de Colbert dans les termes les plus méprisants, l'accuse à son tour de concussion, de vol, l'appelle le domestique de Mazarin, qui avait sa bourse et son coeur. Il semble donc que si Colbert était perfidement intervenu auprès de Fouquet pour l'engager à vendre sa charge de procureur général, celui-ci n'eût pas manqué de le lui reprocher. Cependant, car il faut tout dire, on lit dans le premier discours au roi de Pélisson en faveur de Fouquet, que Louis XIV avait insinué au surintendant de loin, et comme en passant, que peut-être il ne ferait pas mal de quitter sa charge de procureur général, étant obligé désormais d'employer tout son temps à autre chose. C'est alors que, suivant Pélisson, fermant l'oreille aux conseils de ses amis alarmés, Fouquet se serait défait sans hésitation de la chose du monde qu'il avoit toujours tenue pour la plus précieuse.
[23] OEuvres de Louis XIV. T. I. Instructions au Dauphin.
[24] Mémoires inédits de Brienne, publiés par M.F. Barrière; t. II, p. 186.
[25] Mémoires inédits de Brienne, t. II, p, 200.
[26] OEuvres de Louis XIV, t. I, p. 101. Les Instructions au Dauphin ont été dictées par Louis XIV à Pélisson et rédigées par ce dernier. C'est un document historique des plus intéressants et dont l'authenticité a été établie d'une manière irréfutable par les éditeurs des OEuvres de Louis XIV. Comment Pélisson, qui avait publié des plaidoyers si touchants en faveur de Fouquet, eut-il le triste courage d'écrire les accusations que l'on vient de lire? C'est ce que l'on a peine à comprendre. Lors de la révocation de l'édit de Nantes, Pélisson, protestant converti, fut chargé de diriger les conversions de ses anciens coreligionnaires, et reçut, en raison des services qu'il rendit alors, des gratifications considérables (V. Histoire de Colbert, chap. III). C'est de lui que Voltaire a dit: «Il eut le bonheur d'être éclairé et de changer de religion dans un temps où ce changement pouvait le mener aux dignités et à la fortune» (Siècle de Louis XIV, chap. XXVI).
[27] OEuvres de Louis XIV, t. V.
[28] Mémoires de Brienne, de Gourville, etc. Voici un quatrain que l'on fit sur cette arrestation. On sait que Fouquet avait dans ses armoiries un écureuil et Colbert une couleuvre; Le Tellier avait trois lézards dans les siennes.
Le petit écureuil est pour longtemps en cage; Le lézard plus adroit fait mieux son personnage; Mais le plus fin des trois est un vilain serpent, Qui, s'abaissant, s'élève et s'avance en rampant.
[29] Biblioth. roy. Mss. Discours sommaire de ce qui s'est passé, et a été inventorié à Saint-Mandé. A la suite du Journal d'Ormesson. Suppl. Franç. 1096.
[30] Biblioth. roy. Mss. Inventaire et estimation de la bibliothèque de Saint-Mandé. 2611.
[31] Biblioth. roy. Mss. Discours sommaire, etc. Ce livre était intitulé: L'École des Filles.
[32] Biblioth. roy. Mss. R.B., n. 3,184. Ce manuscrit a été acquis récemment par la Bibliothèque royale. En voici le titre exact: «Procez verbal de la levée du sellé apposé par MM. Payet et Dalbertas, conseillers du Roy en ses conseils sur un coffre trouvé dans la maison de Vaux, avec l'inventaire et description faicte des papiers trouvez en celui par MM. Poncet et Delafosse, commissaires à ce depputez.» C'est, je le répète, le procès-verbal original, signé par MM. Poncet et Delafosse. L'inventaire des papiers dont il s'agit fut fait par liasses et non par ordre de dates. J'ai reproduit les fragments de lettres qu'on va lire dans l'ordre adopté par le procès-verbal.
[33] On lit dans une lettre d'Artagnan à Colbert, datée d'Angers, du 17 septembre 1661; «J'ay esté obligé de luy acheter un peu de vaisselle et je suis après luy chercher un lit, celuy où il couche n'estant pas des plus honnestes et c'est un lit qu'il a loué» (Biblioth. roy. Mss. Lettres adressées à Colbert).
[34] C'étaient des ordonnances que la Cour des comptes était obligée d'admettre, bien qu'elles ne fissent pas mention des motifs de la dépense. Il en sera parlé avec détail dans l'Histoire de Colbert; chap. III.
[35] Droit établi sur les bestiaux à pied fourché. Encyclopédie méthodique. Finances.
[36] Droit spécial établi à Bordeaux sur le sel et plusieurs autres marchandises. Dans l'origine, après la conquête de la Guyenne par Charles VII, le produit de ce droit fut appliqué à l'entretien de plusieurs navires dont la destination était de convoyer les bâtiments marchands qui naviguaient le long des côtes, et pour les protéger contre les incursions des Anglais auxquels la Guyenne venait d'être enlevée. Encyclopédie Méthodique.
[37] Biblioth. roy., Mss. Procès Fouquet, collection des pièces, ordres, inventaires, rapports, significations, relatifs à cette affaire. 8 vol. in-fol. Il y a dans le nombre quelques pièces imprimées à l'époque du procès.
[38] Voici de curieux extraits de ces comptes. En dix mois, Vatel avait reçu, en sa qualité de maître d'hôtel, 336,212 livres; en 1660 la dépense pour les domestiques seulement s'élève à 371,407 livres; de 1653 à 1656, il est dépensé à Saint-Mandé, pour divers ouvrages, 327,607 livres; argent donné à madame Duplessis-Bellière, 204,499 livres; à la même, 31,260 livres; sommes payées à des dames, 32,506 livres; au sieur de Graves, pour affaires secrètes et particulières, 152,800 livres; à Jarnay, pour idem, 66,300 livres; à Gargot, pour idem, 13,500 livres, etc., etc. (Extrait du réquisitoire de M. Talon). Il faut ajouter que Bruant des Carrières, le principal commis de Fouquet, avait eu le temps de brûler tous ses registres.
[39] Biblioth. roy., Mss. Procès Fouquet.--Réquisitoire de M. Talon.
[40] Biblioth. roy., Mss. Collection des lettres adressées à Colbert. 11662.
[41] Biblioth. roy., Mss. Registres de la Chambre de justice, aux armes de Colbert. Procès Fouquet. 3 vol. in-fol., n. 235, 236, 237. T.