‹ Histoire de la vie et de l'administration de ColbertChapitre 46 sur 48 · XXVI.

XXVI.

[321] L'estame est une laine tricotée à l'aiguille.

[322] Très-humbles remontrances au Roi par les six corps des marchands de la ville de Paris sur le fait du commerce, etc. (Recherches sur les finances, etc., année 1661.)

[323] Biblioth. roy., Mss. Mémoires sur le commerce et les finances de la France, de l'Angleterre et de l'Espagne; Commerce d'Angleterre. 1 vol. in-fol. suppl. franç. 1792.

[324] Mémoires de Jean de Witt, t. VI, p. 182, cités par M. Blanqui, Histoire de l'économie politique, t. I, chap. XXVI.--En 1646, on ne fabriquait en France que des draps très-grossiers. A cette époque, le roi accorda aux sieurs Binet et Marseilles un privilége de vingt ans pour fabriquer des draps fins. Ils s'établirent à Sedan, et à l'expiration de leur privilége, ils possédaient dans cette ville ou aux environs, cinq ou six cents métiers dont les produits rivalisaient dès lors avec les plus beaux draps de l'Angleterre et de la Hollande. En 1698, au contraire, le nombre des métiers de Sedan était réduit d'environ moitié (État de la France, par M. de Boulainvilliers. 3 vol. in-fol.; Généralités de Paris et de Champagne, article Commerce). Cet ouvrage est le résumé de tous les Mémoires qui avaient été demandés en 1698 aux intendants par le duc de Bourgogne, sur l'organisation administrative, ecclésiastique, judiciaire, sur les ressources et la population de leur province.

[325] Mémoires de l'abbé de Choisy, liv. II.--L'extrait suivant des Soupirs de la France esclave (1er Mémoire) emprunte une grande force des réflexions si judicieuses de l'abbé de Choisy. Il est juste de rappeler toutefois que ce livre a été écrit, en 1698, dans un esprit essentiellement hostile au gouvernement. «Il n'y a point de rigueurs et de cruautés qui n'ayent été exercées par les fermiers des douanes sur les marchands; mille friponneries pour trouver lieu de faire des confiscations; des marchandises injustement arrêtées se perdent et se consument. Outre cela, certains marchands par la faveur de la Cour mettent le commerce en monopole, et se font donner des privilèges pour en exclure tous les autres, ce qui ruine une infinité de gens. Et enfin, bien loin que la défense des marchandises étrangères ait bien tourné pour le commerce, c'est ce qui l'a ruiné. On ne pense pas que l'âme du commerce c'est l'argent, et que la vie de l'argent, c'est le mouvement. Le commerce ne s'entretient que par le mouvement qui se fait de l'argent d'un pays à l'autre. Nous envoyons aux étrangers nos blés, nos vins, nos manufactures, ils nous envoyent leurs poissons salés, leurs espiceries et leurs estoffes, et l'argent roule par ce moyen. Nous avons appris aux étrangers un secret dont ils se servent pour nous ruiner. Nous avons voulu nous passer de leurs estoffes de laine; ils ont trouvé moyen d'établir des manufactures de soye et d'imiter nos estoffes; ce gui est cause que ce commerce est entièrement ruiné, et que de sept ou huit mille métiers qui travailloient à Tours, il n'en reste pas aujourd'hui huit ou neuf cents. Et tout cela par le pouvoir despotique et souverain qui se pique de faire tout à sa fantaisie, de donner à tout un nouveau train, et de réformer toutes choses par un pouvoir absolu. La persécution des Huguenots, autre effet de cette puissance tyrannique, a mis la dernière main à la ruine du commerce. Parce que ces gens étoient exclus des charges, ils s'étoient entièrement jetés dans le commerce des bleds, vins, manufactures; la persécution qu'on a exercée contre eux les a obligés de se retirer, etc., etc.»

[326] Mémoires historiques, par Amelot de la Houssaye. «Cela m'a été conté, ajoute-t-il, par un maître des requêtes présent à l'assemblée.» Au surplus, le témoignage de cet écrivain ne saurait être suspect; car voici le jugement qu'il porte de Colbert: «De tous les ministres de France ou étrangers à qui j'ai eu l'honneur de parler en ma vie, je n'en ai point connu qui fussent à beaucoup près aussi habiles ni aussi courageux que M. Colbert. C'est un témoignage que je dois à sa mémoire, malgré tout ce qu'on a dit ou écrit contre lui.»

[327] Mémoires concernant les impositions et droits en France, par Moreau de Beaumont, t. III, p. 505.

[328] Tarif général des droits de sorties et d'entrées du royaume, 1664-1667.

[329] Arch. de la mar. Registre des despesches, etc. Lettre du 3 septembre 1670.

[330] Ibidem. Lettre du 29 août 1670.

[331] Arch. de la mar., Registre des despesches. Lettres du 8 août 1670 et du 24 avril 1671.

[332] Ibidem. Lettre du 13 novembre 1670.

[333] Recueil des règlements, etc. Arrest qui ordonne des peines contre les marchands et ouvriers qui fabriquent et mettent en vente des marchandises défectueuses et non conformes aux règlements. T. I, p. 524.

[334] Recherches sur les finances, année 1667.

[335] Arch. de la mar. Expéditions concernant le commerce de 1660 à 1683.

[336] Arch. de la mar. Registres des despesches, etc. Lettres du 27 octobre 1671 et du 3 décembre 1672.

[337] Biblioth. roy., Mss. Lettres adressées à Colbert, année 1677. Les entrepreneurs de la manufacture de bouracan de La Ferté-sous-Jouarre se plaignent à Colbert de ne plus vendre leurs marchandises, bien qu'ils aient établi des magasins à Lyon, Rouen, Nismes, et que les prix soient tombés de 70 à 55 livres, ce qui fait qu'ils perdent 10 livres par pièce. En outre, les fonds qui leur avaient été promis, ne leur ayant pas été payés en entier, ils demandent de suspendre leur fabrication et de compter de clerc à maître, afin d'éviter leur ruine totale.

[338] Recherches sur les finances, etc., année 1667.

[339] Recueil des règlements, etc., t. II, p. 228.

[340] Je ne voudrais pas médire d'Isaac Vossius, mais je dois constater que les pensions aux savants étrangers avaient été supprimées avant 1680.

[341] Recherches et considérations sur la population en France, par Moheau. 1 vol. Paris, 1778.--La Dîme royale, par Vauban. Collection des principaux économistes, t. I, p. 121, édition Guillaumin.--De la Balance du Commerce et des Relations commerciales extérieures de la France à la fin du règne de Louis XIV et à la Révolution; par Arnould. L'auteur de cet ouvrage donne à ce sujet quelques renseignements assez curieux, un peu hasardés, peut-être, dans certaines parties, et que je reproduis avec toute la réserve que commandent les travaux statistiques de ce genre.

A la fin A l'époque du XVIIe siècle. de la Révolution.

Population de la France, d'après les Mémoires des intendants 20,093,000 hab. 24,677,000 hab. Contributions (non compris les sommes votées par les pays d'États pour leur administration intérieure) 260,748,000 livr.[*] 568,000,000 livr. Estimation du numéraire effectif de la France 800,000,000 » 2,000,000,000 » Valeur du produit territorial et de l'industrie en France 1,984,800,000 » 3,400,000,000 » Dépenses générales de la France 304,670,000 » 633,213,000 »

Montant de la dette publique de la France 4,500,000,000 » 4,132,000,000 »

En 1700, la contribution de chaque individu aux dépenses générales du royaume, en calculant cette contribution d'après la valeur de l'argent en 1790, était évaluée à 12 livr. 13 s. (environ 7 livres, monnaie du temps).

En 1790, cette contribution s'élevait à 22 livr. 15 s.

(Balance du Commerce, etc., t. III, tableau xv.)

Elle est aujourd'hui de 40 francs environ par individu.

[*] D'après la valeur de l'argent en 1790; c'est-à-dire que les sommes du temps ont été presque doublées: le marc d'argent ayant valu 30 livres en 1700 et 53 livres 10 sous en 1790. Même observation pour les autres sommes de cette colonne.

[342] Collection des anciennes lois françaises, etc.

[343] Arch. de la mar., Registre des despesches, etc., lettre du 15 août 1671.

[344] Recherches sur les finances, année 1666.

[345] Collection des anciennes lois françaises, etc.

[346] OEuvres de Louis XIV. t. II, p. 238.--Instructions pour le Dauphin.

[347] Recueil des arrêtés de M. le P. P. de Lamoignon. Lettre de M. Auzannet, avocat, du 1er décembre 1669.--Cette lettre se trouve, comme appendice, à la fin du Recueil des arrêtés.

[348] Recueil des arrêtés, etc., t. I. Vie de M. de Lamoignon.

[349] Biblioth. roy., Mss. Journal des bienfaits du Roy, année 1667.

[350] Collection des anciennes lois franç., etc. Ces diverses ordonnances s'y trouvent en entier.

[351] Rapport de M. Roy à la Chambre des Pairs sur le Code forestier, 1827.--Notice historique sur la vie de Colbert, par M. d'Audiffret.--Hist. financière de la France, etc., ann. 1669.

[352] Un premier essai avait été tenté en 1558; mais il paraît qu'il ne réussit pas. Voir à la Bibliothèque royale, Mss., un volume du fonds Cinq cents de Colbert, nº 252, p. 186. Il y est question de l'établissement des lanternes à Paris, le 14 novembre 1558, au lieu des flambeaux qui ne s'allumaient précédemment que dans les cas de nécessité.

[353] Collection des anciennes lois françaises, etc.

[354] Biblioth. roy., Mss, Lettres adressées à Colbert.

[355] Arch. de la mar., Registre des despesches, etc., 1671.

[356] Collection des anciennes lois françaises, etc.

[357] Recueil des règlements de police, par M. Peuchet.--Collection des anciennes lois françaises, etc.

[358] Siècle de Louis XIV, chap. XXVI.

[359] Collection des anciennes lois françaises, etc.

[360] Arch. de la mar., Registre des ordres du Roy.--Hist. de la mar., par M. Eugène Sue, pièces justif.--Règlement du Roy qui conserve à M. Colbert, contrôleur général des finances, le détail et le soin qu'il avait déjà pour la marine, les galères, le commerce, etc., etc., et laisse à M. de Lionne les expéditions à faire en conséquence.

[361] Arch. de la mar., Registre des ordres du Roy, 1669.--Histoire de la marine, etc.--Règlement concernant les détails dont M. Colbert est chargé, etc.--Voir, à la fin de ce volume, pièces justif., nº VIII.

[362] Biblioth. roy., Mss. Registre des despesches, etc., 1669, nº 204.

[363] Collection des lois maritimes antérieures au XVIIIe siècle, par M. Pardessus, t. IV, note de la page 536.--Journal des Économistes, t. II, 1842, p. 255 et suiv; Note sur les consulats, par M. F. de Lesseps.

[364] Arch. de la mar., Registre des despesches, etc., etc., année 1670. «Mémoire pour former l'instruction de M. Delahaye-Vantelet, s'en allant à Constantinople en qualité d'ambassadeur du roi vers le Grand-Seigneur.» Ce mémoire, qui contient l'historique complet du commerce français dans le Levant antérieurement à 1660, est des plus curieux. Il est transcrit comme renseignement sur le registre de 1670 et ne porte pas de date. M. Delahaye était ambassadeur à Constantinople en 1660.

[365] Biblioth. roy., Mss. Registre des despesches, etc., 1669, nº 204. «Mémoire du Roy sur ce que les consuls de la nation françoise establis dans les pays estrangers doivent observer, pour en rendre compte à Sa Majesté par toutes les occasions.» Ce mémoire a été reproduit par Forbonnais. Il y a au commencement du registre de 1669 plusieurs documents intéressants sur les consulats, entre autres un mémoire sur la valeur et le revenu de ceux du Levant. Ce qui suit en est extrait.

CONSTANTINOPLE. Il n'y a point de consul; c'est M. l'ambassadeur qui en fait les fonctions et en retire les émoluments, ce qui semble avilir la dignité de l'ambassadeur.

En marge du mémoire, de la main de Colbert: «Le sieur Robolly fera cette fonction en son absence, jusqu'à ce que l'on y aye pourveu.»

SMIRNE. Le prix de la charge de consul est évalué à 24,000 liv.

ALLEP. id. id. 24,000 liv.

SEYDE. Affermé 2,400 fr. par an.

ALEXANDRIE. Affermé 12,000 fr. par an;

Satalie. Affermé 12,000 fr. par an, etc., etc.

Avant 1669, le consul français à Livourne percevait les droits suivants:

Pour chaque tartane de 400 à 800 quintaux 10 liv. Pour chaque barque de 800 à 1500 quint 15 Pour chaque polacre de 1500 à 3000 quint 30 Pour chaque navire de 3000 à 5000 quint 45 Au-dessus de 5000 quintaux 60 Droit de sceau 1 10 s.

En 1669, Colbert réduisit ces droits comme il suit:

De toute sorte de tartanes 5 De toute sorte de barques 7 10 De toute sorte de polacres 10 De toute sorte de navires 15 Droit de sceau 1 10

C'était donc une diminution de moitié dans tous les cas, et quelquefois des deux tiers.

[366] Biblioth. roy., Mss. Registre des despesches, etc., année 1669. Estat du commerce du Levant, contenant les raisons du mauvais estat auquel il est réduit et les remêdes que l'on pourroit y apporter.

[367] Arch. de la mar. Registre des despesches, etc., année 1770.

[368] C'était un droit perçu à Marseille et dans le Levant sur les navires faisant le commerce des échelles. Son nom lui vint sans doute du mot français côte, autrefois cotte. Ce droit ne figure pas dans le Dictionnaire des finances, de l'Encyclopédie méthodique.

[369] Registre des despesches, etc., 1669.--Collection des anciennes lois françaises, etc.--Une déclaration du mois de novembre 1662 avait accordé la franchise au port de Dunkerque. Bayonne était également port franc, mais cette franchise n'était pas aussi étendue qu'à Marseille et à Dunkerque.

[370] Biblioth. roy., Mss. Registre des despesches, etc., année 1669.--Marseille et les intérêts nationaux qui se rattachent à son port, par M. S. Berteaut, t. Ier, p. 22.--Au lieu de cela, le droit de cottimo fut augmenté par la suite, et un arrêt du 25 septembre 1721 chargea la Chambre de commerce de Marseille de percevoir les droits de cottimo et de consulat sur les marchandises du Levant, afin de pourvoir aux appointements des consuls et aux dépenses extraordinaires des consulats de Smyrne, Tripoli, Le Caire, Alep, etc. (Collection de décisions nouvelles relatives à la jurisprudence, par Denisart. Paris, 1751.)

[371] Arch. de la mar., Registre des despesches, etc., année 1671. Lettre du 31 mai.

[372] Arch. de la mar., Registre des despesches, etc., août 1671, p. 73 et suiv.

[373] Recueil des traités de commerce et de navigation, etc., t. II, p. 468 et suiv.

[374] Mémoires pour servir à l'histoire du Languedoc, par M. de Basville.--Cependant, en 1716, les exportations de la France pour le levant ne s'élevaient encore qu'à 2,776,000 liv.

A la même époque, les importations étaient de 3,449,000

En 1788, les exportations s'élevaient à 19,639,000

Id. les importations à 38,936,000

Excédant, à cette dernière époque, des importations sur les exportations 19,297,000

(De la Balance du Commerce, etc., t. III, tableau nº xi.)

[375] C'était en général et principalement par les draperies que la France payait ses achats de denrées du Levant. Châlons rivalisait avec les villes du Languedoc; Provins était renommée pour ses couvertures[*]; Reims pour ses toiles et ses serges; Paris et Saint-Denis avaient leurs fabriques et leurs dépôts de draperie, dont les assortiments entraient également dans les cargaisons pour les pays d'outre-mer, etc., etc. (Histoire du Commerce entre le Levant et l'Europe, depuis les croisades jusqu'à la fondation des colonies d'Amérique, par M. G.-B. Depping, t. I, p. 311.)

[*] Au XIVe siècle, Provins avait jusqu'à trois mille deux cents métiers en draperie. Voyez le règlement de Charles VI de l'an 1399. (Ordonnances des rois de France, t. VIII.)

[376] Encyclopédie méthodique, Finances, art. Offices.--Collection des édits et arrêts sur les parties casuelles. 1 vol, in-4º.--OEconomies royales, par Sully.

[377] Esprit des Lois, liv. V, chap. XIX.

[378] Recherches sur les finances, années 1614 et 1615.

[379] On lit dans le même chapitre qu'il ne faut point de Censeurs dans les monarchies, parce qu'elles sont fondées sur l'honneur et que la nature de l'honneur est d'avoir pour Censeur tout l'univers. Pourquoi craindre alors que l'indigence et l'avidité des courtisans fissent profit des emploi? Tout cela est bien spécieux.

[380] Recherches sur les finances, année 1664.

[381] Collection des anciennes lois françaises, etc.--Supernuméraires, au-dessus du nombre.

[382] OEconomies royales, etc., par Sully.--Recherches sur les finances, etc., années 1601 et 1602.

[383] Ibidem, année 1634.

[384] Ibidem, année 1665.

[385] Collection des anciennes lois françaises, etc.

[386] Dans le Dauphiné, province de taille réelle, les propriétés étaient évaluées à cinq mille feux, dont quinze cents étaient exempts des tailles: c'est près d'un tiers. (Note de M. de Montyon. Particularités, etc., etc.)

[387] M. de Montyon fait toutefois au sujet de cette opération une observation fort juste. La généralité de Montauban était un pays d'élection. On nommait ainsi les pays qui n'avaient pas d'assemblée provinciale pour consentir ou discuter les impôts qu'il plaisait au roi d'y établir. A ce titre, elle se trouvait très-surchargée d'impôts, et l'établissement de la taille réelle, au moyen du cadastre, vint ajouter encore à ceux déjà fort lourds qu'elle avait peine à payer. M. de Montyon fait connaître aussi que Colbert avait demandé aux intendants des provinces de taille réelle un projet de reconstitution de cet impôt, projet qui allait être mis à exécution lorsque ce ministre mourut. Il n'en fut plus question depuis.

[388] Recherches sur les finances, année 1664.

[389] Encyclopédie méthodique: Finances, art. Cadastre.

[390] Biblioth. roy., Mss. Registre des despêches, etc., année 1669, nº 204.--Recherches sur les finances, année 1664.

[391] Arch. de la mar. Registre des despesches, etc., année 1670.

[392] Collection des anciennes lois françaises, etc.

[393] Arch. de la mar., Registre des despesches, etc., année 1671. Lettre du 30 novembre.

[394] Collection des anciennes lois françaises, etc.

[395] Collection des anciennes lois françaises, etc.--On lit dans une lettre de Louis XIV à Colbert, du 7 mars 1669: «Je fais état d'envoyer le sieur de Garsaut en Angleterre, non-seulement pour y acheter quelques chevaux pour moi, mais encore pour y observer tout ce qui se pratique dans les haras de ce royaume, etc., etc.» (L'Ombre du grand Colbert, par Lafont de Saint-Yonne, p. 100.)

[396] En 1665, le sel fut diminué d'un écu par minot (100 livres); en 1667, on exempta de l'impôt vingt-deux greniers (arrondissement comprenant plusieurs communes); en 1668, autre diminution; en 1674, augmentation de 30 sous à cause de la guerre; en 1678, diminution de ces 30 sous; en 1680, ordonnances sur le fait des gabelles qui remédièrent à un très-grand nombre d'abus, abrégèrent les procédures et firent cesser presque entièrement les procès tant en première instance que d'appel.

Quoi qu'il en soit, l'impôt du sel n'en était pas moins très-élève, car il rapportait à cette époque près de 24 millions. En 1668, le prix du minot fut fixé à 30, 35, 37, 38, 40, 41 et 42 livres, suivant la position des greniers à sel, ce qui faisait de 6 à 8 sous la livre. Et il ne fallait pas songer à échapper à cet impôt, même en se privant de sel; car dans les pays dits de grande gabelle, qui comprenaient les neuf dixièmes de la France, la loi fixait la quantité que chaque individu devait en consommer! On lit dans un mémoire au roi, écrit de la main même de Colbert: «Si Sa Majesté se résolvoit de diminuer ses dépenses et qu'elle demandât sur quoi elle pourroit accorder des soulagements à ses peuples, mon sentiment seroit:

«De diminuer les tailles et de les mettre en trois ou quatre années à 25 millions;

«De diminuer d'un écu le minot de sel;

«Abolir la ferme du tabac et celle du papier timbré, qui sont préjudiciables au commerce du royaume;

«Diminuer le nombre des officiers autant qu'il sera possible, parce qu'ils sont à charge aux finances, aux peuples et à l'État, etc., etc.» (Recherches sur les finances, année 1683.--Encyclopédie méthodique, art. Gabelles.)

[397] Notice sur la vie de Colbert, par M. le marquis d'Audiffret.

[398] Recherches sur les finances, année 1683; Mémoire au roi.

[399] Voici ce qu'on lit à ce sujet dans l'Histoire de l'Administration en France, par M. Costaz, t. I, p. 62: «Avant Colbert, la plupart des grandes routes étaient impraticables; après les avoir fait réparer, il en fit ouvrir de nouvelles. Ce n'est point lui qui a imaginé les corvées.... Loin de là il a manifesté plusieurs fois l'intention de les abolir aussitôt que les circonstances le permettraient.... Bien que le canal de Bourgogne n'ait été commencé qu'après sa mort, on lui doit néanmoins l'idée de le construire. Il établit au Roule une pépinière pour les parcs et jardins des maisons royales. Des encouragements qu'il a accordés ont fait multiplier les mûriers.» A l'exception des grandes routes, je n'ai rien trouvé dans mes recherches qui soit relatif aux divers objets mentionnés par M. Costaz, sans indication des sources historiques où il a puisé; mais le champ de l'administration de Colbert est si vaste et les documents qui s'y rapportent sont si éparpillés, si nombreux, qu'il y aura longtemps encore à découvrir et à glaner.

[400] OEuvres de Louis XIV, t. I, p. 150.

[401] Histoire de l'économie politique, par M. le vicomte A. de Villeneuve-Bargemont; t. 1, chap. XV, p. 418.

[402] Lettre de M*** sur l'imputation faite à M. Colbert d'avoir interdit le commerce des grains; Paris, 1763.--Cette lettre, curieuse par les recherches auxquelles l'auteur s'est livré, est signée d'Éprémesnil. Biblioth. roy., F, 1125--D. 3.

[403] Contenance du muid: 18,72 hectol.

[404] Biblioth. roy. Mss. Lettres adressées à Colbert, année 1677.--Édit du 6 octobre.

[405] Dans ses Recherches et considérations sur les finances, année 1662, Forbonnais avait d'abord nettement blâmé le système de Colbert sur les grains. Plus tard, ce système ayant été attaqué avec beaucoup de violence dans l'Encyclopédie, Forbonnais, sans revenir tout à fait sur sa première opinion, se montra beaucoup plus disposé à excuser l'erreur de Colbert. Voir ses Principes et observations économiques, IIIe partie. Dans cet ouvrage, Forbonnais abandonne ses propres chiffres sur le prix des blés, conteste absolument ceux de Boisguillebert, et adopte ceux donnés par Dupré de Saint-Maur dans son Essai sur les monnaies. Ces derniers sont en effet un peu moins défavorables à l'administration de Colbert. Postérieurement, l'auteur de la Balance du Commerce a relevé le prix du blé de première qualité, en s'appuyant, d'un côté, sur les chiffres de Dupré de Saint-Maur, de l'autre sur ceux de Messance, dans ses Réflexions sur la valeur du blé en France, qui font suite à ses Recherches sur la population, et il est arrivé aux résultats suivants. Le calcul a été fait par lui d'après la valeur du prix de l'argent en 1789, soit environ 54 livres le marc.

Prix moyen du blé de première qualité de 1643 à 1652 35 liv. 14 s. 1 d. -- de 1653 à 1662 31 12 2 -- de 1663 à 1672 23 6 11 -- de 1673 à 1682 25 13 8 -- de 1683 à 1692 22 0 4 -- de 1693 à 1702 31 16 -- de 1703 à 1712 23 17 1 du Commerce, etc. t. III, tableau XVI.)

Il ne sera pas inutile de rappeler à cette occasion que le prix du marc d'argent a été

de 1641 à 1678 de 26 liv. 10 s. de 1679 à 1689 de 29 6 11 d. de 1690 à 1714 de 30 10 11 de 1714 à 1772 de 31 18 3 de 1775 à 1794 de 53 9 5 de 1803 à 1834 de 53 fr. 57 cent. de 1835 à 1845 de 83 84

(Précis historique de la marine française, par M. Chassériau, t. I; pièces justificatives.)

[406] Biblioth. roy., Mss. Registre des despesches, etc., année 1669, nº 204.

[407] Arch. de la mar., Registre des despesches, etc., année 1670.

[408] Biblioth. roy., Mss. Lettres adressées à Colbert, année 1675.

[409] Biblioth. roy., Mss. Lettres adressées à Colbert; année 1675, à sa date.

[410] Recherches sur les finances, etc., année 1681.

[411] Cependant en Angleterre, vers la même époque, c'est-à-dire de 1689 à 1764, non-seulement la loi permit l'exportation des grains, mais elle accorda une prime d'exportation de 5 schillings par quarter (un peu moins de trois hectolitres). Voici comment un écrivain anglais contemporain, John Nichols, décrit les résultats de cette mesure: «Tant que l'Angleterre n'a songé à cultiver que pour sa propre subsistance, elle s'est trouvée souvent au-dessous de ses besoins, obligée d'acheter des blés étrangers; mais depuis qu'elle s'en est fait un objet de commerce, sa culture en a tellement augmenté qu'une bonne récolte peut la nourrir cinq ans.» (Revue des deux mondes, 1er décembre 1845; Question des céréales, par M. C. Coquelin.) Toutefois, cette exportation avec prime n'était autorisée, en Angleterre, que lorsque le prix des grains avait atteint un chiffre déterminé par la loi. (Théorie du Commerce, par Ustaritz, chap. XXVIII.)

[412] Vauban, la Dîme royale, p. 34 et 35 des Économistes financiers de XVIIIe siècle; édition Guillaumin.

[413] Lettre à M..., sur l'imputation faite à M. Colbert, etc., etc.

[414] Arch. curieuses de l'hist. de France, par MM. Cimber et Danjou. Ire série; t. XIV; Règne de Henri IV.--Voici le titre de la brochure qui renferme le procès-verbal très-sommaire de cette assemblée: Recueil présenté au Roy de ce qui s'est passé en l'assemblée du commerce, au Palais, à Paris; faict par Laffemas, controlleur général du dit commerce. Paris, 1604.--Il y a dans le même recueil plusieurs autres opuscules de Laffemas sur le commerce.

[415] Recherches sur les finances, etc., années 1607, 1626 et 1700.

[416] Recherches sur les finances, etc., année 1670.

[417] Biblioth. roy., Mss. Registre des despesches, année 1669, nº 204.--Recherches sur les finances, année 1669.

[418] Esprit des Lois, liv. XX, chap, xxi.

[419] Recherches sur les finances, années 1669 et 1701.--Collection des anciennes lois françaises, etc.

[420] Arch. de la mar. Registre des despesches, année 1670.--On a dû trouver étrange de voir Colbert écrire à des premiers présidents, à des archevêques, à des évêques, pour des affaires purement commerciales. Ces renversements d'attributions se présentent très-fréquemment lorsqu'on parcourt sa volumineuse correspondance. Sans doute, Colbert choisissait dans chaque province, dans chaque localité, le fonctionnaire le plus intelligent, le plus dévoué, et c'est à lui qu'il s'adressait pour toutes les affaires, quelle qu'en fût la nature, au succès desquelles il portait un intérêt particulier.

[421] Collection des anciennes lois françaises, etc.

[422] Recherches sur les finances, années 1673 à 1678.--Histoire financière de la France, par M. Bailly, année 1666.

[423] Recherches sur les finances, années 1673 à 1678.

[424] Histoire financière, etc., année 1666.

[425] Arch. de la mar., Registre des despesches, etc., année 1670.

[426] Ibidem.

[427] Arch. de la mar. Registre des despesches, année 1670.

[428] Voir, pour le commerce de la France avec l'Espagne, une instruction de Colbert, du 29 septembre 1681, à M. de Vauguyon, ambassadeur extraordinaire à Madrid. Pièces justificatives; pièce nº

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