‹ Histoire de ma jeunesseChapitre 2 sur 63 · I. PARTIE LITTÉRAIRE ET BIBLIOGRAPHIQUE.

I. PARTIE LITTÉRAIRE ET BIBLIOGRAPHIQUE.

Je crois être l’interprète de la voix publique, au milieu de toutes les dissidences des opinions, en vantant, dans les Éloges académiques de M. Arago, le soin critique qu’il apporte à la recherche des faits, l’impartialité des jugements, la lucidité des expositions scientifiques, une chaleur qui grandit à mesure que le sujet s’élève. Ces mêmes qualités distinguent les divers discours qu’il a prononcés dans les assemblées politiques où il occupait un rang si éminent par la noblesse et la pureté de ses convictions, et les rapports qu’il a rédigés afin de faire rendre aux sciences, dans les personnes de quelques inventeurs célèbres, un hommage éclatant.

Pour faire apprécier avec justesse le mérite des hommes dont il veut retracer la vie et caractériser les travaux, M. Arago débute généralement par un tableau de l’état des connaissances à l’époque où ils ont commencé à se produire. M. Arago apportait au travail autant de patience que d’ardeur; aussi ses éloges sont-ils d’une haute importance pour l’histoire des sciences, et en particulier pour l’histoire des grandes découvertes. Des convictions profondes, acquises par de longues et pénibles recherches, ont quelquefois rendu ses jugements sévères et l’ont exposé lui-même à d’injustes critiques. La découverte de la décomposition de l’eau, par exemple, et l’invention de la machine à vapeur à haute pression, qui a si puissamment secondé la domination de l’homme sur la nature, sont de ces faits pour lesquels, comme pour plusieurs autres encore, le sentiment national n’est point l’unique cause de la divergence d’opinion qui existe entre les savants.

Défenseur zélé des intérêts de la raison, M. Arago nous fait souvent sentir dans ses Éloges combien l’élévation du caractère ajoute de noblesse et de gravité aux œuvres de l’esprit. Dans l’exposition des principes de la science, sur laquelle il sait répandre une admirable et persuasive clarté, le style de l’orateur est d’autant plus expressif, qu’il offre plus de simplicité et de précision. Il atteint alors à ce que Buffon a nommé la vérité du style.

II. PARTIE RELATIVE A L’ASTRONOMIE ET A LA PHYSIQUE CÉLESTE.

Travaux de la méridienne de France dans sa partie la plus méridionale, accomplis conjointement avec M. Biot.--Figure de la terre.--Recherches sur la détermination précise des diamètres des planètes.--Nouveau micromètre oculaire et nouvelle lunette prismatique différente de celle de Rochon.--Solstices d’été et d’hiver; équinoxes de printemps et d’automne; déclinaisons d’étoiles australes et circumpolaires; position absolue de la polaire en 1813; latitude de Paris; parallaxe de la 61e du cygne (recherches faites avec M. Mathieu).--Observations géodésiques faites sur les côtes de France et d’Angleterre, avec M. Mathieu et des savants anglais, pour déterminer la différence de longitude entre Greenwich et Paris.--Recherches sur la déclinaison de quelques étoiles de première et de seconde grandeur, faites avec MM. Mathieu et Humboldt.--Nouvelles recherches photométriques sur l’intensité comparative de la lumière des astres, et de la lumière qui émane du bord et du centre du disque solaire.--Intensité lumineuse dans les différentes parties de la lune.--Variabilité de la lumière cendrée du disque lunaire.--Régions polaires de Mars.--Bandes de Jupiter et de Saturne.--Lumière des satellites de Jupiter comparée à celle de la planète centrale du petit système.--Constitution physique du soleil et de ses diverses enveloppes.--Lumière qui émane des parties gazeuses du soleil.--Phénomènes singuliers que présentent les éclipses totales de soleil.--Proéminences rougeâtres qui se montrent sur le contour de la lune pendant la durée d’une éclipse solaire totale.--Rayons de lumière polarisée dans la lumière qui émane des comètes.--Cause de la scintillation des étoiles.--Tables de réfraction.--Irradiation.--Effet des lunettes sur la visibilité des étoiles pendant le jour.--Considérations sur la lumière atmosphérique diffuse.--Vitesse de la lumière des étoiles vers lesquelles la terre marche, et des étoiles dont la terre s’éloigne.--Vitesse de transmission des rayons de différentes couleurs.--Moyen fourni par les phases d’Algol pour mesurer la vitesse de transmission des rayons lumineux.

L’Astronomie populaire qui offre l’exposé des cours publics faits par M. Arago, de 1812 à 1845, dans le magnifique amphithéâtre de l’Observatoire, et suivis avec le plus vif intérêt par toutes les classes de la société, sera le principal ornement de cette seconde partie de ses Œuvres. La lecture du traité d’Astronomie populaire réveillera des souvenirs bien doux et bien tristes à la fois chez ceux qui ont eu le bonheur d’assister aux leçons de M. Arago, d’admirer ce débit si simple, si persuasif, si attachant.

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