I. ODE.
. . . . . . . . . . . . . . Amour, gouverneur des villes, Loix civiles Et juste police ordonne. Et l'heur de paix qu'on va tant Souhaitant, C'est luy seul qui le nous donne.
Les richesses de Cérès, Les forests, Les seps, les plantes et fleurs, Prennent d'amour origine, Goust, racine, Vertu, formes et couleurs.
Par luy tout genre d'oiseaux Sur les eaux Et par les bois s'entretient: Tout animal de servage Et sauvage De luy son essence tient.
Par ce petit dieu puissant Délaissant Le doux giron de la mère, La vierge femme se treuve Et fait preuve De la flamme douce amère.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Bien adorer nous devons Dessus son autel sacré, Sçachant gré A luy, de quoy nous vivons.
La jeunesse (hélas!) nous fuit, Et la suit Le froid aage languissant: Adonques sont inutiles Les scintilles Du feu d'amour périssant.