‹ Histoire des ducs de Normandie, suivie de: Vie de Guillaume le ConquérantChapitre 24 sur 187 · CHAPITRE XII.

CHAPITRE XII.

Nouvelle guerre de Renaud, prince de France, avec Rollon, et mort de Renaud. — Du siége de la ville de Paris pendant un an, et de la destruction de la ville de Bayeux, dans laquelle Rollon prit une certaine jeune fille nommée Popa, dont il eut Guillaume et Gerloc, sœur de celui-ci. — Comment l’armée de Rollon massacra les citoyens de la ville d’Evreux, tandis que lui-même assiégeait Paris avec quelques-uns des siens.

RENAUD ne pouvant supporter la honte de sa fuite, rassembla de nouveau une plus grande armée, et alla tout à coup attaquer Rollon. Mais celui-ci marchant à sa rencontre, fit périr quelques-uns de ses hommes par le glaive, et les autres ayant pris honteusement la fuite, il les poursuivit; Renaud lui-même tomba mort, percé d’un trait par un certain pêcheur de la Seine qui s’était donné à Rollon. Alors Rollon levant les ancres, fit force de rames vers Paris, mit le siége autour de cette ville, et y fit conduire du butin enlevé de tous côtés. Tandis qu’il demeurait en ce lieu, des éclaireurs arrivèrent, lui annonçant que la ville de Bayeux était dénuée de défenseurs, et pouvait être prise très-facilement, sans que le vainqueur, quel qu’il fût, eût aucun risque à courir. Aussitôt retirant ses navires du siége, Rollon fit voile vers Bayeux en toute hâte. S’étant emparé de cette ville, il la détruisit en partie et massacra ses habitans. Il prit aussi dans cette ville une très-noble jeune fille, nommée Popa, fille de Bérenger, homme illustre; peu de temps après il s’unit avec elle, à la manière des Danois, et [p. 47] il eut d’elle son fils Guillaume et une fille très-belle nommée Gerloc. Cette ville étant ainsi à peu près détruite, Rollon retourna en toute hâte vers Paris. Tandis qu’il s’occupait avec des beliers et des machines à lancer des pierres, il envoya une armée de chevaliers contre la ville d’Evreux, afin qu’ils eussent à la renverser, et à faire périr son évêque nommé Sibor et toute sa population. Les chevaliers y étant arrivés, et n’ayant pas trouvé l’évêque, qui s’était enfui, massacrèrent tous les citoyens, et retournèrent auprès de leur duc avec un très-grand butin. Aussi les peuples de la France étaient-ils effrayés de tous ces faits: les uns payaient tribut à Rollon, et les autres lui résistaient.

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