‹ Histoire des œuvres de BalzacChapitre 16 sur 28 · Première Partie. I. – La Comédie humaine · Études philosophiques · INTRODUCTION

Première Partie. I. – La Comédie humaine · Études philosophiques · INTRODUCTION

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Romans et Contes philosophiques.

Qu’est-ce que le talent du conteur, sinon tout le talent ? Il renferme en lui la déduction logique dans sa rigueur, le drame avec sa mobilité, l’essence même du génie lyrique avec son extase intérieure. Le narrateur est tout. Il est historien ; il a son théâtre, sa dialectique profonde qui meut ses personnages, sa palette de peintre et sa loupe d’observateur. Non-seulement il peut réunir les talents spéciaux que je viens d’indiquer, mais, pour exceller dans son art, il le doit. Imaginez un conte sans intérêt de drame, sans émotion lyrique, sans couleurs nuancées, sans logique exacte ; il sera pâle, extravagant et faux ; il n’existera pas.

La narration est toute l’épopée ; elle est toute l’histoire ; elle enveloppe le drame et le sous-entend. Le conte est la littérature primitive. De quelle joie, dites-moi, durent être saisis ceux qui, les premiers, découvrirent et ressentirent cette jouissance ! Ils inventèrent de pittoresques symboles, en témoignage de leur ivresse nouvelle. Ce fut l’Hercule Gaulois, dont la bouche laissait tomber les chaînes d’or qui retenaient les auditeurs ; ce fut la baguette de Mercure, forçant à s’unir les hommes, plus acharnés que les serpents ; c’est le chant de la sirène, entraînant le navigateur dans l’onde d’où ses accents émanaient. Le premier conteur fut un dieu. Mais les époques primitives une fois passées, conter devint difficile.

Où est le merveilleux ? qu’est devenue la foi ? L’analyse ronge la société en l’expliquant : plus le monde vieillit, plus la narration est une œuvre pénible. Rendez-moi compte de cet incident ? Apportez-moi le comment de cet acte et le pourquoi de ce caractère ? Disséquez ce cadavre et sachez me plaire ! Soyez commentateur et amuseur !

Voici un conteur, qui arrive à l’époque la plus analytique de l’ère moderne, toute fondée sur l’analyse : sociétés, gouvernements, sciences, reposent sur elle ; elle s’empare de tout, pour tout flétrir. Il naît dans le pays le plus rationnel de l’Europe ; point d’oreilles faciles à duper comme en Italie, où la musique est dans le langage et l’ode dans le son ; point de croyance surnaturelle et populaire, le scepticisme est partout ; la faculté raisonneuse a pénétré jusqu’aux classes inférieures. De l’ironie, mais peu caustique ; de l’indifférence, excepté pour les intérêts matériels ; par-dessus tout, de l’ennui et de la lassitude.

Quel conte allez-vous faire à de telles gens ? Ils vous répondront qu’ils ont vu Bonaparte, bivaqué au Kremlin et couché à l’Alhambra. Ils mettront vos sylphides en fuite, et vos magiciens n’auront pas le moindre intérêt pour eux. Ils vous demanderont par quel procédé chimique l’huile brûlait dans la lampe d’Aladin. Ils ont demandé à M. de Balzac ce qui serait advenu, si Raphaël eût souhaité que la peau de chagrin s’étendît !

Osez donc leur réciter de beaux contes ! enlevez-les, comme il faut qu’un bon narrateur le fasse, dans ce char d’Élie, dans cette narration aux ailes de feu et aux roues brûlantes, qui plonge dans le ciel et fait disparaître les villes, les maisons, les bois, les collines de l’horizon terrestre !

L’analyse, dernier développement de la pensée, a donc tué les jouissances de la pensée. C’est ce que M. de Balzac a vu dans son temps ; c’est le dernier résultat de cet axiome de Jean-Jacques : L’homme qui pense est un animal dépravé.

Assurément il n’est pas de donnée plus tragique ; car, à mesure que l’homme se civilise, il se suicide ; et cette agonie éclatante des sociétés offre un intérêt profond.

Le désordre et le ravage portés par l’intelligence dans l’homme, considéré comme individu et comme être social : telle est l’idée primitive qui règne dans les œuvres de Byron et de Godwin. M. de Balzac l’a jetée dans ses contes. Il a vu de quels éclatants dehors cette société valétudinaire s’enorgueillit, de quelles parures ce moribond se couvre, de quelle vie galvanique ce cadavre s’émeut et s’agite par intervalles, de quelle lueur phosphorique il scintille encore. Opposant au néant intérieur et profond du corps social cette agitation factice et cette splendeur funèbre, il a cru que la mission du conteur n’était pas finie et perdue ; qu’il y avait encore une magie dans ce contraste ; une féerie dans cette industrie créatrice de merveilles ; un intérêt dans le jeu cupide des ressorts sociaux, cachés sous de si beaux dehors, dans ce spectacle d’une société rendant le dernier soupir sous des rideaux de pourpre, d’argent et de soie.

Un conteur, un amuseur de gens qui prend pour base la criminalité secrète, le marasme et l’ennui de son époque ; un homme de pensée et de philosophie, qui s’attache à peindre la désorganisation produite par la pensée : tel est M. de Balzac.

Voilà sur quelles bases sont appuyés ces contes de nuances diverses, de formes variées, que M. de Balzac a osé lancer dans le dix-neuvième siècle, blasé, indifférent et peu amusable. Ce fonds misanthropique, qu’une verve de gaieté et une fécondité d’invention incontestables raniment et font étinceler, vous le retrouvez dans l’Auberge rouge, que la Revue de Paris a récemment publiée ; dans l’Élixir de longue vie, dans Sarrasine, dans la Comédie du Diable, farce terrible dont le fantastique Introït lui a été généreusement donné par une des plus mordantes plumes de notre époque. Mais cette pensée première s’élève jusqu’aux proportions de la tragédie dans El Verdugo, où le parricide est sublime, parricide ordonné par une famille et au nom d’une chimère sociale, le parricide pour sauver un titre ! Ainsi, partout l’égoïsme : égoïsme de la famille, égoïsme physique, personnalités féroces qui naissent d’une civilisation sensuelle et raffinée. Tel est spécialement le fonds et la pensée créatrice de la Peau de chagrin.

Rabelais, dans un autre temps, avait vu l’étrange effet de la pensée religieuse, qui, à force de pénétrer la société, achevait de la dissoudre. L’âme, divinisée par le christianisme, avait tout envahi. Le spiritualisme effaçait la matière. Le symbole, l’idéalisation régnaient sans partage ; pour un symbole, l’Occident s’était rué sur l’Orient. Il dominait la poésie qu’il réduisait à l’état de fantôme, en multipliant les personnifications allégoriques, en bannissant de son domaine les êtres vivants, la chair et le sang humains : Rabelais s’arma d’un symbole pour faire la guerre au symbole.

Holà ! messer Gaster, voici notre règne ! Tonnes pleines d’hypocras, bons saucissons chargés d’épices, bombance gigantesque, culte de la dive bouteille, douce abbaye de Thélème, dont le rien faire est la liturgie ; venez !… Et, dans une épopée immense, donnez-nous l’apothéose de ce corps humain que l’on foule aux pieds, et que le curé de Meudon ne se contente pas de remettre à sa place. Il l’installe sur son trône.

Or, voici l’ère de Gargantua. On boit plus sec, on mange sans perdre jamais l’appétit : l’élément physique de l’homme se trouve déifié par cette ironie matérialiste, qui semble une prédiction du xviii siècle et un oracle des destinées futures auxquelles le monde est réservé.

Passe joyeusement la vie et ris-toi du reste. Trinque ! comme l’a dit M. de Balzac dans la Peau de Chagrin, voilà le sens des amères dérisions du Pantagruel, et peut-être l’arrêt définitif de ce livre.

Certes, Babelais, s’il n’eût pas vécu au commencement du seizième siècle, tout à la fin de ce qu’on appelle le moyen âge, n’eût rien écrit de pareil. Dans Pantagruel et Gargantua, il résuma le passé, railla le présent et s’empara de l’avenir, qu’une civilisation matérielle allait isoler de l’ancienne société chrétienne et spiritualiste, de l’avenir qu’une philosophie sensualiste allait dominer et mouler à son plaisir.

L’ère de Babelais a expiré. Celle qu’il annonçait parcourt son cycle et l’accomplit. Ce ne sont plus les ravages de la pensée idéaliste, mais ceux du sensualisme analytique, que le conteur philosophe peut retracer aujourd’hui.

Aussi, voyez tous ces types d’égoïsme civilisé qui se donnent rendez-vous dans la Peau de chagrin : Fœdora, femme sans cœur, type d’une société sans cœur ; Raphaël, symbole de la misère éclatante, le dandy sans un écu ; le malheur même que donne l’étude solitaire, avec la gloire en perspective, le grenier pour théâtre, et la souffrance pour escorte. Le vaste plan, caché sous ces fantaisies, a dû échapper à plusieurs yeux. Des critiques n’ont pas vu que la Peau de chagrin est l’expression de la vie humaine, abstraction faite des individualités sociales ; la vie avec ses ondulations bizarres, avec sa course vagabonde et son allure serpentine, avec son égoïsme toujours présent sous mille métamorphoses. La même signification se trouve cachée sous les plus légers incidents de cette fiction. À part l’intérêt dramatique du livre, il renferme un intérêt de philosophie allégorique qui s’attache aux plus minces détails et poursuit sans pitié cette science d’égoïsme que la civilisation fait naître. Voyez Raphaël ! Comme le sentiment de sa conservation étouffe en lui toute autre idée ! Comme dans la scène du duel, chez les paysans, dans son hôtel de Paris, le même sentiment l’absorbe ! Soumis à ce talisman terrible, il vit et meurt dans une convulsion d’égoïsme.

C’est cette personnalité qui ronge le cœur et dévore les entrailles de la société où nous sommes. À mesure qu’elle augmente, les individualités s’isolent ; plus de liens, plus de vie commune. La personnalité règne : c’est son triomphe et sa fureur que la Peau de chagrin a reproduits. Dans ce livre, il y a toute une époque. Là, comme on l’a dit dans un journal : « Vous pouvez, si cela vous séduit, voir apparaître, sous forme vivante, notre civilisation d’hier et d’aujourd’hui : toute parée, toute folle d’ennui et de luxe, avec son dégoût, son désespoir, ses bons mots, ses velléités de science et de religion, ses créations qui avortent, ses vertus qui ne sont pas écloses, son éclat semblable à la lueur émanée des endroits infects ; ses prétentions de grandeur, de sévérité, de patriotisme, d’énergie, de rénovation, de génie, d’organisation, de conservation, de durée ; et son néant réel, son mal intime ; son manque de foi, sa faiblesse de volonté, son inanité, sa décrépitude, sa force factice, comme celle de l’ivresse ; passagère, comme celle que la pile de Volta communique à un corps mort.

» Il serait curieux de contempler le critique de l’ancienne école, l’homme de bon goût et de bonnes mœurs, en face de cette œuvre. Oh ! le pauvre homme ! que fera-t-il de sa toise, lui qui veut de la raison ; lui le jugeur, le peseur des mots ; lui, le compas en main, la loupe appliquée sur l’œil, heureux de découvrir une irrégularité dans un livre, une verrue dans un beau visage ? Assurément il ne comprendra pas un mot de ce conte. Il aime la littérature de plain-pied ; ici tout est abîmes, précipices, saillies, excroissances, hautes montagnes, profondeurs sans fond.

» Je jure que le plus habile critique de 1800 à 1820 ne se ferait pas une idée nette sur un pareil ouvrage. Il briserait sa toise, il jetterait son compas. Autant vaudrait demander à M. d’Aguesseau l’explication satisfaisante d’un journal de 1831. En vain diriez-vous à notre Aristarque dans l’embarras que l’auteur de La Peau de chagrin a voulu, comme feu Rabelais, formuler la vie humaine et résumer son époque dans un livre de fantaisie, épopée, satire, roman, conte, histoire, drame, folie aux mille couleurs. Le critique vous dira que Pantagruel est une allégorie, que Panurge est évidemment Rabelais et Pantagruel François I ; mais que, dans l’œuvre de M. de Balzac, rien de pareil ne frappe ses yeux. Et si vous répliquez en disant que la prétendue allégorie, découverte dans Rabelais par la lubie des savants, n’a jamais eu d’existence ; que le monstre comique, créé par le médecin chinonais, est une immense arabesque, fille du caprice accouplée avec l’observation : notre homme vous tournera le dos, non sans prier Dieu qu’il vous rende votre raison perdue et vous fasse cadeau d’une bonne édition de Laharpe.

» Il y a dans l’œuvre de M. de Balzac le cri éclatant, le cri de désespoir d’une littérature expirante. Œuvre puissante… Je ne parle pas de la souplesse d’un style qui insulte à tout moment la critique, et d’une vivacité extrême de teintes chatoyantes ; mais de la portée générale d’un livre où le siècle et le pays les plus confus qui aient jamais existé se concentrent sous des formes poétiques, réelles, colorées, qui éblouissent le regard. Avoir trouvé le fantastique de notre époque, ce n’est ni un petit mérite, ni un mince travail. L’avoir vivifié sans tomber dans la froideur de l’allégorie, c’est chose méritoire, c’est le témoignage d’un rare talent. Il fallait, pour obtenir ce résultat, n’oublier aucune des brillantes nuances dont elle se pare, nous donner les fêtes, l’esprit, le dévergondage, les riches étoffes, les jouissances effrénées, le jeu, l’amour, la poésie de costume, qui se pressent dans les grandes villes ; il fallait n’oublier non plus aucune des misères sociales ; ces cœurs desséchés, ces existences perdues, ces arts qui augmentent la richesse sans ajouter rien au bonheur ; il fallait faire voir, au sein de la civilisation, fleur éclatante et factice, le ver qui la ronge, le poison qui la tue.

» Ce livre a tout l’intérêt d’un conte arabe, où la féerie et le scepticisme se donnent la main, où des observations réelles et pleines de finesse sont enfermées dans un cercle de magie. Vous y trouverez de grands salons et de grandes orgies, la mansarde du jeune savant et le boudoir de la femme à la mode, la table de jeu et le laboratoire du chimiste : tout ce qui influe sur notre société, depuis le sourire de la jeune fille jusqu’aux malices du feuilleton.

» Et n’attendez pas que je vous donne une idée plus exacte de cet étrange livre ; il est de ceux où chacun trouve pâture à son goût : à tel la satire, à tel autre le fantastique, à celui-là des tableaux brillamment colorés. Si la société telle qu’elle est vous ennuie tant soit peu, et qu’il vous agrée de la voir pincée, fouettée, marquée, en grande pompe, sur un bel échafaud, au milieu de tout le fracas d’un orchestre rossinien, d’un tintamarre et d’un charivari incroyables, et de la décoration la plus étourdissante, lisez la Peau de chagrin, vous en avez pour trois nuits d’images éclatantes et terribles qui soulèveront les rideaux de votre alcôve pour peu que la nature vous ait doué d’imagination ; et pour un an de réflexions, si vous êtes né contemplateur, observateur et penseur. »

Le public, qui a si rapidement enlevé la première édition, a justifié le critique. Mais l’auteur, docile aux observations qui lui ont été adressées par amis et ennemis, n’a épargné ni ratures, ni veilles, ni suppressions, ni corrections, pour rendre plus parfaite la seconde édition de son œuvre. Il a même fait le sacrifice de sa préface presque entière ; préface consacrée à une justification inutile. Il avait tort de croire que la Physiologie du mariage, œuvre d’ironie et d’analyse, eût marqué son front d’un sceau de cynisme et d’impudence : on ne confond plus les fantaisies de l’art avec le caractère de l’artiste ; on sait que le plus doux des hommes peut devenir, dans sa tragédie, sanguinaire, criminel et implacable. On sait que le poëte le plus ardemment érotique peut ne demander à l’amour que la jouissance des beaux vers. Cependant cette préface, dont le scrupule de l’auteur avait tracé les pages, et dont il fait le sacrifice, contenait des observations générales et philosophiques que nous croyons devoir reproduire ici.

L’auteur explique, avec autant de sagacité que de finesse, le procédé physiologique qui préside à la création d’une œuvre d’art et fait naître dans l’esprit de l’artiste mille fantômes dont la moralité ne lui est pas imputable.

M. de Balzac, dont les contes ont vaincu la formaliste apathie de son temps et qui, dans la Peau de chagrin, a donné preuve de cette énergie et de cette fécondité, de cette verve hardie et poignante, que l’on réclame aujourd’hui, comme un palais blasé veut de l’orpiment et de l’alcool, ne s’en tiendra pas à cet essai. Il a frappé notre époque en lui empruntant ses propres armes ; en employant cette frénésie d’invention, cette ironie envenimée, ces couleurs ardentes, sombres et tranchées, dont l’abus serait la perte de l’art. Quand il voudra être simple, il saura l’être, comme il l’a prouvé dans le Réquisitionnaire, dans l’Étude de femme, dans les Proscrits et l’Enfant maudit. On le verra changer les couleurs de sa palette et, de nuance en nuance, d’existence en existence, de mode en mode, parcourir tous les degrés de l’échelle sociale et montrer tour à tour le paysan, le mendiant, le pâtre, le bourgeois, le ministre, attaqués de la même maladie destructive. Il ne reculera pas même devant le roi et le prêtre, ces deux derniers échelons de notre hiérarchie croulante ; le roi, que notre progrès de civilisation a tellement ébranlé sur son trône qu’il n’a plus de confiance à sa couronne ; le prêtre, dont la pensée renferme le dernier, le plus large développement de l’intelligence humaine, et qui n’est plus qu’un spectre lorsqu’il cesse d’avoir foi en lui.

La foi et l’amour, s’éloignant des hommes livrés à la culture intellectuelle ; la foi et l’amour, s’exilant pour laisser dans un désert d’égoïsme profond tous ces hauts esprits, tous ces êtres parqués dans leur personnalité : tel est le but des contes de M. de Balzac. Dans celui que l’auteur a intitulé Jésus-Christ en Flandre, un rayon d’amour et de foi tombe du ciel. Les parias de la société, ceux qu’elle bannit de ses universités et de ses colléges, restent fidèles à leur croyance, et conservent, avec leur pureté morale, la force de cette foi qui les sauve, tandis que les gens supérieurs, fiers de leur haute capacité, voient s’accroître leurs maux avec leur orgueil, et leurs douleurs avec leurs lumières. Cette moralité suprême qui couronne la peinture de tous les types d’individualisme est d’un bel effet.

C’est non-seulement la société dans ses masses que frappe de mort l’égoïsme, fils de l’analyse et de cette raison approfondissante qui nous ramène sans cesse à notre personnalité ; c’est aussi la société dans ses éléments partiels ; c’est encore le gouvernement et la théorie politique. De degrés en degrés, l’auteur s’élèvera jusqu’à cette dernière ironie, la plus haute et la plus en harmonie avec notre temps. Dans l’Histoire de la succession du marquis de Carabas, dernière œuvre qui complétera la donnée de ce recueil, il montre la société politique en proie à la même impuissance, au même néant qui dévorent Raphaël dans la Peau de chagrin. Même intensité de désirs, même éclat extérieur, même misère réelle ; même formule inévitable, éternelle, où la nationalité se trouve pressée comme l’individualisme dans la sienne. Ici un ton de bonhomie plus naïve, une satire moins amère, s’accorderont avec une ironie qui s’attaque non aux hommes, mais aux doctrines ; non aux individualités, mais aux systèmes.

Ces récits, mêlés de merveilleux et dictés par la fantaisie, ont conquis un succès populaire dans une époque si contraire à la libre et capricieuse fiction ; mais on les a plutôt acceptés comme des inventions brillantes que comme des œuvres de raison. Nous avons pris plaisir à en développer le sens philosophique, la portée morale, inaperçus de la foule. Ce n’est pas là ce qui fait le succès du jour, mais ce qui le propage et le continue dans l’avenir.

En 1833, une troisième édition de la Peau de chagrin (marquée quatrième), accompagnée de nouveau de la préface de Philarète Chasles, fut faite chez le même éditeur, encore sous le titre de Romans et Contes philosophiques et suivie des douze contes. En 1835, daté de la Boulonnière, avril 1831, cet ouvrage parut pour la quatrième fois, précédé de la note que nous avons signalée plus haut, et d’une Étude de Félix Davin ; il formait les tomes I à IV, in-18, de la quatrième édition des Études philosophiques, chez Werdet. Enfin, en 1845, la Peau de chagrin entra, dédiée pour la première fois, dans le tome I de la cinquième édition de ces Études (première édition de la Comédie humaine, tome XIV).

LXVI. Jésus-Christ en Flandre, daté de Paris, février 1831. Dédié à madame Desbordes-Valmore. Ce conte, qui comprend en outre aujourd’hui le fragment intitulé primitivement l’Église, parut inédit en 1831 dans les Romans et Contes philosophiques, trois volumes in-8, chez Gosselin. Dans l’édition in-18 de 1836, ce récit porte la date de Paris, novembre 1833, qui ne saurait être exacte, on le voit. En 1845, il entra, dédié pour la première fois, dans le tome I de la cinquième édition des Études philosophiques (première édition de la Comédie humaine, tome XIV) ; il y absorba l’Église qui l’y suit sans division et son titre supprimé ; quelques mots ajoutés ont suffi pour souder les deux récits. L’Église, qui commence dans l’édition définitive, page 253, dernière ligne, avait paru pour la première fois aussi dans les Romans et Contes philosophiques en 1831. Dans l’édition in-18 de 1836, ce conte est daté de Paris, février 1831, date qui est devenue, on l’a vu, celle de tout le morceau actuel. Un fragment de l’Église avait paru inédit dans la Caricature du 9 décembre 1830, sous le titre de : la Danse des pierres. Il était signé comte Alex. de B…, et va de la dernière ligne de la page 252 à la ligne 13 de la page 256 : on y lisait, après le mot « veille » :

— Réveillez-vous, je vais fermer les portes… Je me retournai soudain, et je vis l’horrible figure du donneur d’eau bénite. — Il m’avait secoué le bras, et je trouvai la cathédrale humide, ensevelie dans l’ombre, comme un homme enveloppé d’un manteau… Tout en marchant, je croyais encore la sentir dansant sous moi…

LXVII. Melmoth réconcilié, daté de Paris, 6 mai 1835. Dédié au général Baron de Pommereul. Imprimé pour la première fois en juin 1835, dans le tome VI du Livre des Conteurs, recueil par divers auteurs, Lequien fils, six volumes in-8, accompagné d’une note (voir tome XXII, page 417) ; ce conte reparut la même année, daté, dans le tome V de la quatrième édition des Études philosophiques. Ce n’est qu’en 1845 qu’il prit sa dédicace en entrant dans le tome I de la cinquième édition des Études philosophiques (première édition de la Comédie humaine, tome XIV).

LXVIII. Le Chef-d’œuvre inconnu, daté de Paris, février 1832. Dédié à un lord, 1845. Ce récit a paru pour la première fois, avec le sous-titre de conte fantastique, dans l’Artiste des 31 juillet et 6 août 1831 ; il y était divisé en deux chapitres : Maître Frenhofer et Catherine Lescault. La même année, il reparut en volume dans la première édition des Romans et Contes philosophiques, et fut, pour la première fois daté de 1836 dans le tome XVII de la quatrième édition des Études philosophiques, publié en 1837. Il compléta en 1848, sous le titre de Gillette, la première édition à part de : le Provincial à Paris (les Comédiens sans le savoir). Il entra en 1845, dédié, et le titre de son premier chapitre changé en celui de Gillette, dans le tome I de la cinquième édition des Études philosophiques (première édition de la Comédie humaine, tome XV).

LXIX. Gambara, daté de Paris, juin 1837. Dédié au marquis de Belloy. Cette étude parut pour la première fois dans la Revue et Gazette musicale de Paris des 23, 30 juillet, 6, 13 et 20 août 1837 ; sa publication y fut précédée d’une lettre au directeur, datée de Paris 29 mai 1837, publiée dans le numéro du 11 juin (voir tome XXII, page 491). Cette version était divisée comme suit :

En 1839, Gambara parut pour la première fois en volume, avec sa dédicace, datée des Jardies, février 1839, à celui qui n’était encore alors que le comte Auguste-Benjamin de Belloy ; il était précédé du Cabinet des Antiques, avec préface collective (voir tome XXII, page 513). Cette édition portait comme titres de chapitre :

Il entra ensuite, en 1840, daté de Paris, avril-juin 1837, dans le Livre des douleurs avec Massimilla Doni, les Proscrits et Séraphita. Enfin, en 1846, il entra avec sa date actuelle, et toutes divisions supprimées, dans le tome II de la cinquième édition des Études philosophiques (première édition de la Comédie humaine, tome XV).

LXX. Massimilla Doni, daté de Paris, 25 mai 1839. Dédié à Jacques Strunz. Ce récit parut pour la première fois, en 1839, divisé en quatre chapitres, sans titre et avec sa dédicace datée de Paris, mai 1839, à la suite d’une Fille d’Ève, avec préface collective (voir tome XXII, page 518). Un fragment de cette nouvelle, intitulé Une Représentation du Mose de Rossini, à Venise, avait été publié inédit dans la France musicale du 25 août 1839 ; l’introduction de ce fragment n’a pas été réimprimée avec l’œuvre ; nous allons la donner ici en faisant remarquer qu’elle se plaçait immédiatement avant la ligne 5 de la page 435 :

Un des grands vices du caractère des Français est de croire que, hors la France, il n’existe plus rien. Les Français suppriment entièrement les pays étrangers ; ils veulent les ignorer, et sont tout surpris d’y trouver quelque chose. En 1822, un jeune homme, attiré en Italie par les étranges assertions de M. de Stendhal, dont les livres parlaient d’un musicien de génie, était à Venise au moment où la fameuse Tinti devait débuter à la Fenice, dans le rôle d’Elcia de Mose. Ce Français avait été recommandé à la duchesse Cataneo, qui lui fit presque violence en l’emmenant au théâtre. Elle lui avait d’ailleurs promis de lui expliquer la musique du nouveau maître.

Cet extrait de Massimilla Doni se terminait aux mots « la Venise qui n’était plus », ligne 34 de la page 457. En 1840, cette nouvelle reparut dans le Livre des douleurs, avec Gambara, les Proscrits et Séraphita. La dédicace est enlevée, et l’ouvrage daté, par erreur, de Paris 25 mai 1837, y est divisé en chapitres dont voici les titres :

En 1846, cette étude entra dans le tome II de la cinquième édition des Études philosophiques (première édition de la Comédie humaine, tome XV), datée comme aujourd’hui, la dédicace rétablie sans date, et toutes les divisions enlevées.

LXXI. La Recherche de l’absolu, daté de Paris, juin-septembre 1834. Dédié à madame Joséphine Delannoy, née Doumerc. Imprimé pour la première fois, daté, en 1834, dans la troisième édition des Scènes de la Vie privée, ce roman, qui formait le tome III de cette édition, fut mis en vente en octobre avec sa date actuelle et les divisions suivantes :

En 1839, il fut réimprimé chez Charpentier en un volume in-12, sous le titre de Balthazar Claes ou la Recherche de l’absolu, et divisé en quatre chapitres sans titres. Il était précédé de sa dédicace, datée alors des Jardies, juin 1839. En 1845, ce roman est entré, la date de la dédicace et toutes divisions supprimées, dans le tome I de la cinquième édition des Études philosophiques (première édition de la Comédie humaine, tome XIV).

LXXII. L’Enfant maudit, daté de Paris, 1831-1836. Dédié à la baronne James de Rothschild. La première partie de ce récit, qui se terminait page 56, ligne 34, de l’édition définitive, parut pour la première fois dans la Revue des Deux Mondes, numéro de janvier 1831, divisée en trois chapitres :

division qui fut maintenue lors de sa publication en volume, la même année, dans la première édition des Romans et Contes philosophiques. La deuxième partie, imprimée pour la première fois dans la Chronique de Paris du 9 octobre 1836, sous le titre de la Perle brisée, parut pour la première fois en volume en 1837 (daté 1836), complétant l’ouvrage, daté en entier de 1831-1836 et divisé en deux parties : Comment vécut la mère et la Perle brisée, dans le tome XVI de la quatrième édition des Études philosophiques.

La seconde partie était précédée, dans la Chronique de Paris, de quelques lignes d’introduction qui se plaçaient immédiatement après la fin de la première partie et qui n’ont pas été conservées dans le volume ; les voici :

Au milieu d’une époque où les religions humaines s’abolissent, où la famille est quasi détruite, où le droit d’aînesse, institution aussi vieille que le déluge, n’est plus comprise, où la chimère de l’égalité triomphe, où les biens, en se morcelant, amoindrissent la nation ; par ce temps désastreux où l’Individu remplace la Maison, où chacun, en un mot, se couronne roi lui-même, il est difficile de faire concevoir la folle ivresse d’un vieux gentilhomme retrouvant un fils au moment où il croyait son nom éteint, ses armes perdues, ses domaines partagés. Le duc d’Hérouville fut ainsi quand il eut retrouvé le fils qu’il avait maudit autrefois. Il ne se demanda point quels étaient ses torts envers cet enfant, s’il en serait aimé. Il oublia la sombre destinée qu’il avait faite à la mère. Pour lui, tout le passé disparaissait devant la brillante aurore de l’avenir ; la maison d’Hérouville ne périrait point ; Dieu lui avait miraculeusement conservé sa race, en fortifiant dans l’ombre et le silence l’enfant qu’il croyait mort.

On continuait après comme aujourd’hui, page 56, ligne 35. En 1847, l’Enfant maudit, complet, fut placé à la suite de Madame de la Chanterie, trois volumes in-8, et les deux parties y sont fondues en un seul ouvrage divisé en sept chapitres dont les trois premiers sont restés ceux de la première version de la première partie ; voici ceux de la seconde :

En 1846, l’Enfant maudit était entré, dédié pour la première fois et divisé en deux chapitres seulement : Comment vécut la mère, Comment mourut le fils, dans le tome II de la cinquième édition des Études philosophiques (première édition de la Comédie humaine, tome XV).

LXXIII. Les Marana, daté de Paris, novembre 1832. Dédié à la comtesse Merlin. Cette nouvelle parut pour la première fois dans la Revue de Paris, numéros de décembre 1832 et janvier 1833, avec cette bizarre épigraphe : Ni muse ni moire ; la première partie, divisée en deux chapitres : Exposition, Action, y était datée du 15 décembre (1832) ; la deuxième, intitulée Histoire de madame Diard, était précédée de l’épigraphe suivante, empruntée à Louis Lambert :

Il était, vivante et sublime Élégie, toujours silencieux, résigné ; toujours souffrant, sans pouvoir dire : Je souffre.

Ce récit parut pour la première fois en volume en 1834, dans le tome II de la première édition des Scènes de la Vie parisienne, daté comme aujourd’hui, et les deux premiers chapitres de la version de la Revue de Paris fondus en un seul qui prit le titre de la Marana. Enfin, en 1846, il entra, dédié pour la première fois et toutes divisions de chapitres supprimées, dans le tome II de la cinquième édition des Études philosophiques (première édition de la Comédie humaine, tome XV).

Une curieuse remarque à faire pour cette nouvelle, c’est qu’il y est parlé différemment dans toutes les éditions d’un récit relatif au capitaine Bianchi (voir ligne 14, page 100), et que, sauf le premier renseignement, celui qui est indiqué dans la Revue de Paris, tous les suivants sont inexacts. Voici ces différents renvois :

I.

Ce divertissement de bivac a été raconté récemment dans un livre où se trouvent, sur le 6 de ligne, des détails qu’il est inutile de répéter ici.

(Revue de Paris, décembre 1832.)

II.

Ce divertissement de bivac est raconté dans les Conversations par lesquelles cet ouvrage est terminé, et il s’y trouve, sur le 6 de ligne, des détails qui confirment tout ce qu’on en dit ici.

(Scènes de la Vie parisienne, 1834.)

III.

Ce divertissement de bivac est raconté ailleurs (Scènes de la Vie parisienne), et il s’y trouve, sur le 6 de ligne, certains détails qui confirment tout ce qu’on en dit ici.

(La Comédie humaine, 1846.)

Or, ce récit se trouve dans Échantillon de causeries françaises (Conversations entre onze heures et minuit), que Balzac publia d’abord dans les Contes bruns et qui ne fut jamais placé dans les Scènes de la Vie parisienne, malgré ces indications (voir aux Œuvres diverses). L’avis qui se trouve à la page 100 de l’édition définitive est donc inexact aussi.

LXXIV. Adieu, daté de Paris, mars 1830. Dédié au prince Frédéric de Schwarzemberg. Ce récit parut pour la première fois dans la Mode du 15 mai et du 5 juin 1830, sous le titre de Souvenirs soldatesques ; Adieu. Il y était divisé en trois chapitres : les Bons hommes, le Passage de la Bérézina, la Guérison. Il parut pour la première fois en volume, en 1832, toutes divisions supprimées, dans le tome III de la deuxième édition des Scènes de la Vie privée, sous le titre de : le Devoir d’une femme. En 1835, cette nouvelle, datée comme aujourd’hui, entra pour la première fois dans les Études philosophiques sous son titre d’Adieu, dans le tome IV de leur quatrième édition. Il y portait l’épigraphe suivante, extraite de César Birotteau, inédit à cette époque, et qui devait alors paraître dans les Études philosophiques :

Les plus hardis physiologistes sont effrayés par les résultats physiques de ce phénomène moral, qui n’est cependant qu’un foudroiement opéré à l’intérieur, et, comme tous les effets électriques, bizarre et capricieux dans ses modes.

En 1846, Adieu entra, dédié pour la première fois, dans le tome II de la cinquième édition des Études philosophiques (première édition de la Comédie humaine, tome XV).

LXXV. Le Réquisitionnaire, daté de Paris, février 1831. Dédié à Albert Marchand de la Ribellerie, Tours 1836. Ce récit parut pour la première fois dans la Revue de Paris du 23 février 1831, et entra la même année dans la première édition des Romans et Contes philosophiques. En 1835, il fit partie, daté, de leur quatrième édition, et, en 1846, il entra, dédié pour la première fois, dans le tome II de la cinquième édition (première de la Comédie humaine, tome XV).

LXXVI. El Verdugo, daté de Paris, octobre 1829 (et non 1820, comme le porte par suite d’une faute d’impression l’édition définitive et celle qui l’a précédée). Dédié à Martinez de la Rosa. Ce récit parut pour la première fois dans la Mode, numéro du 29 janvier 1830, sous le titre de Souvenirs soldatesques. El Verdugo ; guerre d’Espagne (1809), accompagné de cette note :

Le respect dû à des infortunes contemporaines oblige le narrateur à changer le nom de la ville et de la famille dont il s’agit.

Il entra en 1831 dans la première édition des Romans et Contes philosophiques. En 1835, il entra, daté, dans le tome V de la quatrième édition des Études philosophiques, et, en 1846, dédié pour la première fois, dans le tome II de leur cinquième édition (première de la Comédie humaine, tome XV). Il a aussi été publié en 1847 après le Provincial à Paris (les Comédiens sans le savoir), deux volumes in-8, et en 1854 après l’Initié, deuxième épisode de l’Envers de l’histoire contemporaine, deux volumes in-8.

LXXVII. Un Drame au bord de la mer, daté de Paris, 20 novembre 1834. Dédié à la princesse Caroline Galitzin de Genthod, née comtesse Walewska. Ce récit parut pour la première fois en 1835, daté, dans le tome V de la quatrième édition des Études philosophiques. Il a accompagné, en 1843, la Muse du département, Rosalie (Albert Savarus), et le père Canet (Facino Cane), quatre volumes in-8, sous le titre de la Justice paternelle, et fit partie en 1846, dédié pour la première fois et sous son premier titre, du tome II de la cinquième édition des Études, philosophiques (première édition de la Comédie humaine, tome XV).

LXXVIII. L’Auberge rouge, daté de Paris, mai 1831. Dédié au marquis de Custine. Ce récit parut pour la première fois dans la Revue de Paris des 10 et 27 août 1831 ; il entra en 1832 dans les Nouveaux Contes philosophiques, un volume in-8, divisé comme suit :

En 1837 (daté 1836), ce récit entra dans le tome XVII de la quatrième édition des Études philosophiques, divisé comme suit :

En 1846, il entra, dédié pour la première fois, dans le tome II de la cinquième édition des Études philosophiques (première édition de la Comédie humaine, tome XV), divisé en deux parties dont voici les titres : L’Idée et le Fait et les Deux Justices.

LXXIX. L’Élixir de longue vie, daté de Paris, octobre 1830. Dédié au lecteur. Ce récit parut pour la première fois dans la Revue de Paris du 24 octobre 1830, divisé en deux parties : Festin et Fin, précédées des épigraphes suivantes, qui ont été supprimées depuis :

I.

Pendant cette soirée, je vis un monsieur qui avait une tabatière sur laquelle était peint l’œil étincelant d’une maîtresse, morte à la fleur de l’âge, et dont il fut jadis adoré.

(Monographie de la vertu, ouvrage inédit de l’auteur.)

II.

Toutes les fois que Languet, curé de Saint-Sulpice, passait devant un savant critique surnommé le dénicheur de saints, il le saluait avec respect, disant : « J’ai toujours peur qu’il ne fasse un fripon de mon pauvre saint Sulpice ! »

(Monographie de la vertu.)

On sait que la Monographie de la vertu est un des nombreux ouvrages projetés par Balzac qui n’ont point été écrits.

La fin même du récit a disparu dans toutes les réimpressions ; la voici :

Ce fut le premier religieux qui mourut bicéphale. Nous pouvons tirer de ce mythe plusieurs moralités intéressantes. D’abord… Mais continuez — sans l’auteur…

L’Élixir de longue vie parut pour la première fois en volume, en 1831, dans les Romans et Contes philosophiques. Il fut daté pour la première fois en 1835, dans le tome V de la quatrième édition des Études philosophiques, et entra en 1846, dédié pour la première fois, dans le tome II de la cinquième édition des Études philosophiques (première édition de la Comédie humaine, tome XV).

LXXX. Maître Cornélius, daté du château de Saché, novembre et décembre 1831. Dédié au comte Georges Mniszech. Imprimé pour la première fois dans la Revue de Paris en décembre 1831, ce récit y était divisé en trois chapitres :

En publiant cet ouvrage, en 1832, dans les Nouveaux Contes philosophiques, l’auteur divisa le dernier chapitre en deux, et intitula le quatrième le Trésor inconnu. Il passa ensuite, en 1836, avec ces divisions et daté, dans la quatrième édition des Études philosophiques ; puis enfin, en 1846, toutes divisions supprimées et dédié pour la première fois, dans leur cinquième édition (première de la Comédie humaine, tome XV).

LXXXI. Sur Catherine de Médicis. Introduction. I. Le Martyr calviniste. II. La Confidence des Ruggieri, daté de Paris, novembre-décembre 1836. III. Les Deux Rêves, daté de Paris, janvier 1828. Dédié au marquis de Pastoret, dédicace datée de Paris, janvier 1842. La première partie de ce récit, après avoir été longtemps annoncée sous le titre de : le Fils du pelletier, et sous celui de : les Lecamus ou Catherine de Médicis prise au piége, parut, sans l’introduction, dans le Siècle, du 23 mars au 4 avril 1841, sous le titre de : les Lecamus. Elle portait alors pour épigraphe ces mots tirés de Louis Lambert :

Le fanatisme et tous les sentiments sont des forces vives.

et parut dans ce journal divisée en chapitres dont voici les titres, supprimés depuis :

Cette partie parut pour la première fois en volumes, accompagnée des deux autres, de son importante introduction inédite et de sa dédicace datée, en janvier 1843, trois volumes in-8, chez Souverain ; l’ouvrage portait le titre de Catherine de Médicis expliquée ; le Martyr calviniste. Sa division de chapitres était différente de celle du Siècle et nous la reproduisons ici :

L’introduction était terminée par cette note d’autant plus singulière qu’elle est absolument inexacte quant à la date rectifiée :

On a mis par inadvertance le titre de le Petit Souper au lieu de : les Deux Rêves, page XLII, à propos de la troisième étude sur Catherine de Médicis, publiée en 1828 et non en 1830.

Voici maintenant le passage auquel cette note fait allusion ; il fut supprimé de l’introduction à l’entrée de l’ouvrage dans la Comédie humaine en 1846 ; il se plaçait après les mots « envers cette reine », ligne 24, page 375 :

Plus tard, quand il eut résolu d’indiquer la pensée qui avait conduit chaque siècle antérieur au nôtre, afin de démontrer l’activité des idées et leur puissance, il pensa naturellement à Catherine. Son opinion sur cette grande reine n’est d’ailleurs pas nouvelle. Le Petit Souper (les Deux Rêves), la dernière des trois études réunies ici en corps d’ouvrage pour la première fois, a été publié en 1830. Peut-être, si cette Étude eût été intitulée Dialogue de Catherine de Médicis et de Robespierre, l’analogie frappante entre les exigences politiques du principe de la domination démocratique et du principe de la domination monarchique eût-elle été mieux comprise. Le Martyr calviniste et le Secret des Ruggieri montrent Catherine de Médicis aux prises avec la première et la dernière grande difficulté de sa vie politique ; mais, en voyant combien de développements exigent ces deux détails et combien de faits, d’hommes et d’intérêts s’y rattachent ; en observant surtout avec quelle sobriété l’auteur a procédé, l’on apercevra les énormes travaux auxquels doivent se condamner les historiens qui voudront entreprendre la peinture vraie de la France pendant la réformation, ouvrage auquel travaille, dit-on, M. le marquis de Pastoret depuis quinze années. Évidemment cette histoire aura toujours deux historiens, un protestant et un catholique ; car l’impartialité, dans le sens que l’on donne à ce mot, n’y est point permise. Aujourd’hui nous n’avons plus qu’à en peindre le drame : la chose est jugée, nous sommes dévorés par l’esprit du protestantisme. Quand un grand homme se présentera-t-il pour dompter ce nouvel esprit des sociétés, comme Luther et Calvin ont vaincu l’ancien ? Quand se lèvera le Luther ou le Calvin de la monarchie et de la religion, pour faire perdre à ces mots Liberté, Égalité, Élection, leur funeste auréole ? L’entreprise est difficile, Napoléon y a déjà succombé. La plume en ceci nous semble plus puissante que l’épée ; car les novateurs ont vaincu plus par l’encre que par la poudre à canon. Aussi, quel nom donner à un pouvoir qui, de nos jours, ne veut pas s’unir intimement avec les écrivains de talent qui défendent la société ; qui, loin de protéger la pensée, ne pense qu’à nuire à ceux qui en disposent ? Était-ce l’armée et le talent militaire qui manquaient à Philippe II et à Catherine ? Était-ce l’or ? Quant à la conclusion à tirer de ces études sur Catherine, elle sera claire et visible : le pouvoir ne doit jamais être astreint aux règles qui constituent la morale privée. Cette maxime est directement contraire à celle avec laquelle la bourgeoisie voudrait aujourd’hui diriger la politique des États. Ne sera-ce pas rendre notre pays victime des cabinets qui se conduisent par les principes politiques de Catherine ? Aussi voyez combien la Russie et l’Angleterre sont, politiquement parlant, supérieures à la France ? Il y a une politique russe, une politique anglaise, il y a même une politique autrichienne et une politique prussienne en présence ; mais il n’y a point de politique française. Les causes de la grandeur de Louis XIV sont dans une application constante des principes de Catherine de Médicis. Aussi, quand les élèves de Mazarin disparaissent, la splendeur du grand roi s’éteint-elle. Une fois Louvois, Colbert et de Lyonne, les secrétaires du cardinal, formés à son école, morts ou tués, la diplomatie française, alors la première de l’Europe, perd du terrain ; et la corruption anglaise commence son travail, pour ne plus s’arrêter. Évidemment, le pouvoir devra, dans un temps donné, pour rendre à la France sa supériorité, reconquérir l’absolutisme qui lui est nécessaire par ce que nous appelons la légalité : mais alors le pouvoir royal dépassera peut-être le but en acquérant une force despotique inouïe. La rébellion est aujourd’hui si bien prévue, qu’on bâtit au moment où nous écrivons une ceinture de forts et de feux pour pouvoir, au besoin, recommencer à la fois Catherine et Robespierre. On oublia seulement que la puissance des idées, tant que l’imprimerie existera, domine celle des canons. L’écritoire, aidée par le temps, est plus forte que l’épée. Léon X, l’œuvre de Philippe II et de son duc d’Albe, les Guises, Catherine, la monarchie de Louis XIV, l’empire de Napoléon, tous ces colosses ont succombé devant de petits volumes. Et peut-être est-ce un petit livre qui tuera l’Angleterre. Aussi la sagesse dans l’exercice du pouvoir absolu est-elle la seule force à opposer aux idées. N’est-ce donc pas déjà se défier de soi-même que de prévoir la révolte ? Avant l’époque où le Martyr calviniste prend Catherine de Médicis, sa vie est assez intéressante pour que nous en présentions ici une esquisse où nous combattrons, comme nous venons de l’essayer, quelques opinions erronées sur elle, sur les personnages qui l’entouraient et sur les choses de son temps. Ce précis, nécessaire et fait au point de vue d’une critique impartiale, permettra d’embrasser le cours presque entier de cette vie royale, car il se mariera parfaitement aux deux premières Études qui la peignent dans les deux grandes situations de sa politique.

En 1846, les trois parties entrèrent sous le titre général de : Sur Catherine de Médicis, et la première gardant son titre de : le Martyr calviniste, dans le tome II de la cinquième édition des Études philosophiques (première édition de la Comédie humaine, tome XV). Balzac avait emprunté l’idée de cet ouvrage au Tumulte d’Amboise par M. Germeau.

La deuxième partie parut pour la première fois, datée comme aujourd’hui, dans la Chronique de Paris des 4, 11, 18 décembre 1836, et 22 janvier 1837, sous le titre de : le Secret des Ruggieri ; elle était divisée alors en trois chapitres :

et elle parut pour la première fois en volume en 1837, sans changement, sauf le titre du troisième chapitre supprimé, dans la quatrième édition des Études philosophiques. Après avoir paru pour la première fois en janvier 1843, comme deuxième partie de Catherine de Médicis expliquée, toujours sous le titre de : le Secret de Ruggieri, et divisé comme suit :

elle entra en 1846, toutes divisions supprimées, dans le tome III de la cinquième édition des Études philosophiques (première édition de la Comédie humaine, tome XVI), sous son titre actuel : la Confidence des Ruggieri.

Dans la première édition de la Comédie humaine, le début du dernier paragraphe de la page 580 actuelle était tout autre qu’il n’est aujourd’hui ; nous conservons ici toute la partie changée maintenant :

Quant à la soif de domination qui dévorait Catherine, et qui fut engendrée par un désir inné d’étendre la gloire et la puissance de la maison de Médicis, cette instinctive disposition était si bien connue, ce génie politique s’était depuis longtemps trahi par de telles démangeaisons, que Henri II dit au connétable de Montmorency, qu’elle avait mis en avant pour sonder son mari : — Mon compère, vous ne connaissez pas ma femme ; c’est la plus grande brouillonne de la terre, elle ferait battre les saints dans le paradis, et tout serait perdu le jour où on la laisserait toucher aux affaires. Fidèle à sa défiance, ce prince occupa jusqu’à sa mort de soins maternels cette femme qui, menacée de stérilité, donna dix enfants à la race des Valois et devait en voir l’extinction. Aussi, l’envie de conquérir le pouvoir fut-elle si grande, que Catherine s’allia, pour le saisir, avec les Guises, les ennemis du trône ; enfin, pour garder les rênes de l’État entre ses mains, elle usa de tous les moyens, en sacrifiant ses amis et jusqu’à ses enfants. Cette femme, de qui l’un de ces ennemis a dit à sa mort : — Ce n’est pas une reine, c’est la royauté qui vient de mourir, ne pouvait vivre que par les intrigues du gouvernement, comme un joueur ne vit que par les émotions du jeu.

La troisième partie parut pour la première fois sous son titre actuel, dans la Mode, numéro du 8 mai 1830, terminée par cette singulière annotation :

Extrait des mémoires que je fais sans savoir à qui je les attribuerai.

elle y était accompagnée de la note que voici :

Ce morceau est l’un des plus importants que contiendra un livre auquel M. de Balzac travaille depuis longtemps et qui a pour titre : Scènes de la Vie politique. Cet ouvrage, digne de l’auteur des Scènes de la Vie privée, fait partie d’une collection remarquable publiée par la maison Marne et Delaunay-Vallée. Nous avons déjà fait connaître à nos abonnés el Verdugo, extrait des Scènes de la Vie militaire. Le succès que ce fragment a obtenu dans le monde et dans les salons nous a permis de croire qu’on accueillerait avec plaisir un article dont la gravité contraste peut-être avec l’esprit de ce recueil. (Note du Rédacteur.)

Elle parut ensuite, non inédite, on le voit, dans la Revue des Deux Mondes, numéro de décembre 1830, sous le titre de : le Petit Souper, conte fantastique. En 1831, ce récit entra dans les Romans et Contes philosophiques, sous son titre actuel, qu’il a toujours gardé ensuite, puis, en 1837, dans la quatrième édition des Études philosophiques, daté pour la première fois, de Paris, janvier 1830, qui est la date exacte et non pas 1828, comme toutes les éditions datées l’ont indiqué depuis par erreur. En janvier 1843, il forma pour la première fois la troisième partie de Catherine de Médicis expliquée, et, en 1846, il a fait partie au même titre du tome III de la cinquième édition des Études philosophiques (première édition de la Comédie humaine, tome XVI). Il a conservé ce classement dans l’édition définitive.

LXXXII. Les Proscrits, daté de Paris, octobre 1831. Dédié à Almæ Sorori. Ce récit parut pour la première fois dans la Revue de Paris, en mai 1831, divisé en trois chapitres : le Sergent de ville, le Docteur en théologie mystique et le Poëte ; il entra la même année dans les Romans et Contes philosophiques et passa ensuite, dédié et daté, en 1835, avec Louis Lambert et Séraphita, dans le Livre mystique, deux volumes in-8, chez Werdet, avec préface collective (voir tome XXII, page 418) ; puis, en 1840, dans les volumes de la quatrième édition des Études philosophiques intitulés le Livre des douleurs, avec Massimilla Doni, Gambara et Séraphita. En 1846, il entra, dédié pour la première fois séparément, et toutes divisions enlevées dans le tome III de la cinquième édition des Études philosophiques (première édition de la Comédie humaine, tome XVI).

LXXXIII. Louis Lambert, daté du château de Saché, juin-juillet 1832. Dédicace : Et nunc et semper dilectæ dicatum. Ce récit parut pour la première fois, daté et dédié, en octobre 1832, dans les Nouveaux Contes philosophiques, un volume in-8, chez Charles Gosselin, sous le titre de Notice biographique sur Louis Lambert, et la dédicace datée de 1822-1832 ; puis il reparut, très-augmenté, chez le même éditeur en février 1833, en un petit volume in-18, intitulé : Histoire intellectuelle de Louis Lambert, avec cette épigraphe :

Au Génie, les Nuées du sanctuaire ; à Dieu seul, la Clarté. LOUIS LAMBERT.

et cette note précédant l’ouvrage :

Quelques personnes ayant manifesté le désir d’avoir cet ouvrage en un volume séparé, le libraire s’est empressé d’obéir à ce vœu, qui a permis à l’auteur de rendre son œuvre moins incomplète.

Dans la seconde de ces éditions, tout le plan du Traité de la volonté est non-seulement très-augmenté, mais non moins modifié, et nous recueillons ici la première version de ce travail, placée autrefois après la ligne 28, page 37 :

Donc, suivant Lambert, la vie humaine consiste en deux mouvements distincts : l’Action et la Réaction. Une de ses phrases expliquera ces deux principes, autant qu’il est possible de démontrer brièvement un système vaste : — Un désir, disait-il, est un fait entièrement accompli par la pensée avant de l’être dans le monde extérieur. La Volonté est le nom qu’il donnait à toute la masse de force par laquelle l’homme peut reproduire au dehors les faits accomplis déjà par l’Action. Ainsi, l’ensemble de nos actes physiques, nos mouvements, la parole, tout ce qui est extérieur, constitue la Réaction. Ces deux principes usent du même appareil, de l’homme entier ; ils résolvent par leur jeu, auquel Lambert rattachait tous les phénomènes du corps et de la pensée, le problème de notre double vie. Mais nos sens, ayant une double destination, possèdent également une double action, en prenant ici ce mot dans son usage ordinaire. Or la première de ces actions, participant de toute la supériorité de la pensée qui voit, veut et agit en nous avant toute démonstration corporelle, n’est soumise à aucune des conditions que subit l’action de nos sens extérieurs. En d’autres termes, l’être actionnel ou intérieur ne connaît ni le temps ni l’espace qui arrête l’être extérieur et visible sur lequel réagit la volonté du premier. Cette théorie, que je tâche de rendre compréhensible, expliquait parfaitement, selon Louis Lambert, les phénomènes les plus merveilleux de notre merveilleuse nature, les évocations du génie, et celles si contestées des sorcières ; toutes lui semblaient être un effet de la faculté locomotrice qu’il avait reconnue dans l’être intérieur, un très-simple phénomène de l’Action. Accordant aux idées une sorte d’existence, il prétendait que les hommes ne se trompaient pas en disant d’un style qu’il était coloré, nerveux, etc. L’idée était, selon lui, le produit ; et la pensée, le moyen ; comme la Volonté était la force ; et la Volition, l’acte par lequel l’homme en usait. Donc, la pensée était le mouvement de l’être intérieur ; et les idées composaient les actes de sa vie, comme les actions, ceux de l’être extérieur. Un poëte était, pour lui, l’appareil habitué à courir à travers la nature pour s’y nourrir d’images, et Napoléon un appareil habitué à vouloir.

Il y avait encore après les mots « dès l’âge de quinze ans », ligne 18, page 48, l’énumération suivante, disparue aujourd’hui :

… affirmé le fait si étonnant de la faculté possédée par l’homme de projeter sa volonté ; puis d’avoir deviné la possibilité de cette séparation curieuse entre les deux natures dont, tôt ou tard, la science s’occupera ; enfin ; quand il n’aurait fait que proclamer la nécessité d’une analyse spéciale pour les phénomènes émanés de ces deux actions distinctes ; etc.

Enfin, dans ces deux éditions, presque tous les aphorismes de la fin sont différents au moins par la forme et nous les recueillons ici avec le petit commentaire qui les précède et qui a disparu aussi ; c’est mademoiselle de Villenoix qui répond :

— Je me souviens de quelques mots qu’il a dits récemment, reprit-elle. Je les lui demandai par un regard qu’elle comprit, et voici tout ce que je recueillis, en aidant toutefois sa mémoire, car elle ne prêtait aux paroles de Louis que l’attention de la femme aimante et n’en soupçonnait ni le sens ni la portée.

La colère est un courant électrique. Sa commotion, quand il se dégage, agit sur les personnes présentes, quoiqu’il ne les concerne pas.

Le fanatisme et tous les sentiments collectifs sont des fleuves de volonté qui renversent tout.

Il se rencontre des hommes qui cohobent les sentiments des masses par une décharge de leur volition.

Les faits ne sont rien, ils n’existent pas, il n’y a que des idées.

De ton lit aux frontières du monde, il n’y a que deux pas : la Volonté — la Foi !…

L’abstraction est le plus beau produit de la pensée. Elle est plus que la graine qui contient les fleurs, les odeurs, le feuillage et le système d’une plante ; elle peut enfermer toute une nature en germe. L’abstraction est la reine de l’âme.

Presque tout est un phénomène de la substance éthérée, base de l’électricité. C’est le grand principe des transformations d’une même matière…

L’intuition est une des facultés de l’être intérieur. Elle réagit par une imperceptible sensation ignorée de celui qui lui obéit : Napoléon s’en allant instinctivement de sa place avant qu’un boulet y arrive.

Oui, l’espace existe, mais certaines facultés donnent le pouvoir de le franchir avec une telle vitesse, que leurs efforts équivalent à son abolition.

Ce récit reparut chez Werdet en décembre 1830, dans le Livre mystique, deux volumes in-8 qui contenaient en outre Séraphita et les Proscrits, avec une préface collective datée du 27 novembre 1835 (voir tome XXII, page 418). Il ne portait plus de dédicace et il était augmenté des Lettres de Louis Lambert (voir page 58 à page 69), qui avaient paru pour la première fois dans la Revue de Paris d’août 1835. En 1842, Louis Lambert reparut encore, suivi de Séraphita, chez Charpentier, en un volume in-12, la dédicace rétablie et avec une note (voir tome XXII, page 427) ; en 1846 enfin, il entra, portant comme aujourd’hui le seul titre de Louis Lambert, dans le tome III de la cinquième édition des Études philosophiques (première édition de la Comédie humaine, tome XVI). Toutes ces éditions sont remaniées ; mais, comme elles le sont toujours dans le but de compléter l’ouvrage, la dernière contient tout. Il en a encore paru plusieurs autres, qui ne sont que de serviles réimpressions de l’une ou l’autre de celles dont nous avons parlé, et nous n’avons rien à en dire ici.

LXXXIV. Séraphita, daté de Genève et Paris, décembre 1833-novembre 1835. Dédié à madame Éveline de Hanska, née comtesse Rzewuska (depuis madame de Balzac), dédicace datée de Paris, 23 août 1835. La publication de ce récit fut commencée dans la Revue de Paris, numéros de juin et de juillet 1834 ; la fin parut, inédite, en décembre 1835 dans le Livre mystique, deux volumes in-8, chez Werdet. Cet ouvrage contenait, outre Séraphita, datée et dédiée, les Proscrits et Louis Lambert, avec préface collective (voir tome XXII, page 418). L’ouvrage était divisé comme aujourd’hui en sept chapitres, dont le premier, dans la Revue de Paris, était subdivisé en deux : le Stronfiord et Séraphitus. Voici la table de ces chapitres :

Le sixième est devenu plus tard le Chemin pour aller au ciel. La publication de la Revue de Paris n’avait pas dépassé la moitié du chapitre III. En 1840, Séraphita reparut encore avec Massimilla Doni, Gambara et les Proscrits dans les volumes de la quatrième édition des Études philosophiques qui portèrent le titre de : le Livre des douleurs ; puis, en 1842, chez Charpentier, en un volume in-12, avec Louis Lambert (voir plus haut). Enfin, en 1846, Séraphita entra dans le tome III de la cinquième édition des Études philosophiques (première édition de la Comédie humaine, tome XVI).

Nous donnons ici, comme nous l’avons fait au sujet des Scènes de la Vie privée, l’introduction écrite, sous l’inspiration de Balzac, par M. Félix Davin, en 1834, pour la quatrième édition des Études philosophiques, 1835-1840.

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