‹ Histoire du Bas-Empire. Tome 03Chapitre 7 sur 28 · XXX.

XXX.

Consulat de Jovien.

Amm. l. 25, c. 10.

Them. or. 5, p. 67 et 71.

Socr. l. 3, c. 26.

Philost. l. 8, c. 8.

Idat. chron. Theoph. p. 46.]

Le premier jour de janvier il célébra dans Ancyre la cérémonie de son entrée au consulat. Il avait désigné Varronianus son père pour partager avec lui cette dignité. Mais ce vieillard étant mort avant le commencement de l'année, Jovien prit pour collègue son fils, qui portait aussi le nom de Varronianus[396]. Il lui donna en même temps le titre de nobilissime. On rapporte que lorsqu'on voulut, selon l'usage, asseoir cet enfant sur la chaise curule, il y résista avec des cris opiniâtres, comme s'il eût pressenti son malheur. Thémistius, que Constance avait honoré d'une place dans le sénat de Constantinople, orateur sensé et vertueux, député avec plusieurs autres sénateurs pour complimenter l'empereur sur son consulat, prononça un discours en sa présence. Nous l'avons encore entre les mains; et nous y voyons que la vertu du prince et celle de l'orateur ont ensemble beaucoup de peine à défendre ce panégyrique de la contagion de flatterie, qui fait presque toujours l'ame de ces sortes de pièces. Quelques historiens prétendent que le discours dont nous parlons ne fut prononcé qu'à Dadastana six semaines après; et qu'il le fut encore à Constantinople en présence du peuple après la mort de Jovien.

[Note 396: Les paroles de Philostorge, l. 8, c. 8, donnent lieu de croire que Jovien avait un autre fils plus âgé; car il dit θάτερον τῶν ἑαυτοῦ παίδων, Οὐαρονιανὸν.--S.-M.]

[Note latérale: XXXI.

Mort de Jovien.

Amm. l. 25, c. 10.

Eutrop. l. 10.

Vict. epit. p. 229.

Hier. chron. et epist. 60, t. 1, p. 341.

Chrysost. ad Philipp.

Hom. 15, t. 11, p. 317 et 318.

[Oros. l. 7, c. 31.]

Zos. l. 3, c. 35.

Socr. l. 3, c. 26.

Theod. l. 4, c. 5.

Soz. l. 6, c. 6.

Philost. l. 8, c. 8.

Idat. chron.

Chron. Alex. vel Paschal. p. 300.

[Theoph. p. 46.]

Zon. l. 13, t. 2, p. 28, 29.

Cedr. t. 1, p. 308, 309.

Suid. in Ἰοβιανός.

Médailles.

[Eckhel, doct. num. vet. t. 8, p. 146.]]

Tout l'empire s'attendait à goûter sous un gouvernement équitable et pacifique le repos dont il avait été long-temps privé par la faiblesse et les soupçons injustes de Constance et par l'humeur guerrière de Julien. On faisait à Constantinople les préparatifs de la réception de l'empereur: Rome qui se flattait de jouir bientôt de sa présence, frappait déja des monnaies pour célébrer la joie de son arrivée. Jovien ne témoignait pas moins d'empressement. Il partit d'Ancyre par un temps très-froid, qui fit périr en chemin plusieurs de ses soldats. Étant arrivé le 16 de février à Dadastana, petite bourgade de Galatie, sur les frontières de la Bithynie[397], il fut trouvé le lendemain mort dans son lit. Il était âgé de trente-trois ans, et avait régné sept mois et vingt jours. La cause de sa mort est restée dans l'incertitude. Selon l'opinion la plus commune, s'étant couché dans une chambre nouvellement enduite de chaux, il fut étouffé par la vapeur du charbon qu'on y avait allumé, pour sécher les murailles, et pour échauffer le lieu. Selon d'autres, sa mort fut l'effet d'une indigestion, ou de quelques mauvais champignons qu'il avait mangés. Quelques-uns l'attribuent simplement à une apoplexie. Enfin, on a dit qu'il avait été empoisonné, ou assassiné par ses propres gardes. Ammien Marcellin semble appuyer ce dernier sentiment par la remarque qu'il fait, que sa mort ne fut suivie d'aucune information, non plus que celle de Scipion Émilien. Si ce soupçon avait lieu, il ne pourrait tomber que sur Procope; Valentinien, comme le prouve l'histoire de son élection, n'avait nulle prétention à l'empire. Le corps fut porté à Constantinople dans l'église des Saints-Apôtres; sépulture ordinaire des empereurs depuis Constantin. Les païens le mirent au nombre des dieux[398]; et les deux empereurs chrétiens qui lui succédèrent, ne s'opposèrent pas à cette sorte d'idolâtrie, qui n'était plus regardée que comme une cérémonie politique. Sa femme n'eut pas la satisfaction de le voir empereur. Elle était en chemin pour le venir joindre avec toute la pompe d'une impératrice, lorsqu'elle reçut la nouvelle de sa mort. Elle venait de perdre en peu de temps et son père et son beau-père; elle eut encore la douleur de survivre à son époux pendant plusieurs années, mourant, pour ainsi dire, tous les jours, et tremblant sans cesse sur le sort de son fils, en qui la qualité de fils d'empereur pouvait tenir lieu de crime auprès des successeurs. La mort seule fixa pour elle les honneurs, dont la lueur rapide n'avait brillé à ses yeux que pour disparaître aussitôt: elle eut sa sépulture à côté de son mari.

[Note 397: Dadastana, qui locus Bithyniam distinguit et Galatas, Amm. Marc., l. 25, c. 10. Sozomène (l. 6, c. 6) et Théophanes (p. 46) sont les seuls qui mettent cet endroit dans la Bithynie. Selon l'Itinéraire d'Antonin, Dadastana était à 117 milles de Nicée, capitale de la Bithynie, et à 125 d'Ancyre en Galatie. La table de Peutinger réduit par une autre route la distance de ce lieu à Nicée; il compte seulement 104 milles de distance entre ces deux villes.--S.-M.]

[Note 398: On ne connaît cependant aucune médaille authentique qui se rapporte à son apothéose, et qui lui donne le titre de Divus.--S.-M.]

FIN DU QUINZIÈME LIVRE.

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