‹ Jean qui grogne et Jean qui ritChapitre 28 sur 57 · L'ÉTRANGER.

L'ÉTRANGER.

Un épicier! quelle chance! Moi, tout juste, qui déteste les épiciers! Eh bien, Simon, me connais-tu maintenant?

SIMON.

Je crois bien, monsieur, sauf que je ne sais pas votre nom. Jean m'a tout conté, et je suis bien content de vous voir, monsieur.»

Les habitués s'étaient remis à manger et les garçons à servir; tous riaient plus ou moins de leur méprise. La dame du comptoir comptait son argent pour s'assurer que, dans la bagarre, sa caisse n'avait subi aucun déficit. Rassurée sur ce point, elle écouta avec intérêt la conversation de Jean et de l'étranger.

«Comment as-tu fait pour arriver si tôt? demanda M. Abel. Vous deviez être un mois en route.

JEAN.

Oui, monsieur; mais nous avons rencontré un excellent M. Kersac, fermier près de Sainte-Anne; il nous a menés en carriole jusqu'à Vannes, puis jusqu'à Malansac, puis il nous a payé nos places au chemin de fer jusqu'à Paris, de sorte que nous y étions avant vous, monsieur.

L'ÉTRANGER, souriant.

Et ce brave Kersac avait-il pris goût pour Jeannot?

JEAN, souriant.

Pas trop, monsieur. Ce pauvre Jeannot a continué à se lamenter de son guignon.

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