XX - XXI
LES FOURMIS
Aidez-vous, et tout mal deviendra guérissable. Un champ fut recouvert de sable par la mer; Dieu dit à la fourmi d’enlever tout ce sable Dans le temps que mesure une lueur d’éclair.
Et beaucoup de fourmis, en nombre insaisissable, Ayant sur l’heure même envahi ce terrain, Cent mille ont enlevé cent mille grains de sable Dans le temps qu’une seule employa pour un grain.
TROP PEU D’OUVRIERS
Tous les souffrants, de tous les côtés rassemblés, Plaintifs et plus nombreux que des épis de blé, L’imploraient en disant: «Parle-nous ta parole!» Pour chacun, il trouvait le doux mot qui console, Mais ils venaient en foule, et ne suffisant pas A consoler tous ceux qui marchaient dans ses pas, Lui, s’arrêtait, pleurant sur la misère humaine. Et tous ces malheureux se couchaient dans la plaine Languissants et pareils aux troupeaux sans pasteur. Alors il s’écria, debout sur la hauteur: «Arrête-toi, Seigneur, qui jettes la semence! J’ai trop peu d’ouvriers pour ma moisson immense.»