‹ JésusChapitre 45 sur 77 · XLVII - XLVIII - L’ÉPÉE

XLVII - XLVIII - L’ÉPÉE

LE BAISER DE JUDAS

Et Judas, trahissant celui qui se dévoue: «Je vous désignerai l’homme en baisant sa joue.» Les soldats le suivaient; il ne faisait plus jour, Et Jésus dit: «Voici le pouvoir des Ténèbres!» Et Judas, dont le nom pèse aux traîtres célèbres, Par le signe d’amour perdit l’homme d’amour.

Ils vinrent avec des bâtons et des lanternes, Des lances qui parfois reluisaient dans la nuit, Et Judas les guidait, l’homme lâche aux yeux ternes, Heureux d’être dans l’ombre où sa bande le suit.

«Que cherchez-vous?» leur dit en s’avançant le Maître. --«Jésus de Nazareth.» Il répondit:--«C’est moi!» Ils reculèrent tous, troublés de le connaître, Et sentirent passer sur eux un vent d’effroi.

Pierre le défendit. Il avait une épée. Il la tira, frappant l’un des hommes obscurs; Et Jésus vit le sang d’une oreille coupée, Et dit: «Ne versez pas le sang. Restons-en purs!

«Le glaive appellerait sans fin un autre glaive: Ma douceur de victime est mortelle au bourreau... Le règne de la haine à cette heure s’achève: Simon Pierre, remets ton épée au fourreau!»

Il parlait, rayonnant sur les faces funèbres: Et, plus forts que l’épée et plus étincelants, Ces mots terrasseront le pouvoir des Ténèbres Et la guerre en mourra, fût-ce après trois mille ans.

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