‹ Jeux et exercices des jeunes fillesChapitre 7 sur 22 · TROISIÈME PARTIE.

TROISIÈME PARTIE.

LES RONDES.

Les rondes sont ou de petits poëmes mis en action et chantés sur un air simple, ou des chansons répétées en choeur, tandis que les enfants, se tenant par la main, dansent en rond.

Cette manière de danser en se tenant par la main doit remonter à la plus haute antiquité. Les Grecs avaient des danses semblables. Dans l'une de celles que l'on cite le plus souvent, et dont ils ont conservé la tradition jusqu'à nos jours, ils étaient censés représenter les détours du labyrinthe de Crète et la chasse donnée au Minotaure. Les mêmes inspirations se retrouvent dans un grand nombre de ces antiques rondes que nos enfants chantent et dansent, sans se douter qu'ils perpétuent le souvenir d'un fait historique ou une coutume locale maintenant oubliée. Nous rappellerons ces origines lorsqu'elles se présenteront à nous avec quelque circonstance digne d'être mentionnée, et nous ne pouvons mieux faire que de placer ici quelques lignes extraites d'une nouvelle de M. Ch. Nodier, qui seront une introduction à ce petit recueil de naïves poésies.

«Comme il faisait très-beau, les jeunes filles ne manquèrent pas d'arriver à leur rendez-vous du soir, et de former autour du vieil orme où j'étais assis par hasard leurs danses accoutumées, en chantant en choeur des airs de ronde qui m'étonnaient par leur simplicité et leur grâce, parce que l'exil et la guerre m'avaient privé de trop bonne heure de ces innocentes joies de l'enfance.............. Je ne me rappelle pas bien l'air et les paroles de ces chansons-là, mais il me semble qu'elles ne vibreraient jamais à mon oreille sans que mon coeur en tressaillît, tant elles me révélaient de choses charmantes. Cependant, ce n'était rien en soi, ou plutôt cela serait impossible à exprimer à ceux qui n'ont pas senti la même chose. C'était, si je m'en souviens, une belle qui s'était endormie au bord d'une fontaine, et que son père et son fiancé cherchaient sans la trouver. C'étaient des filles de roi, chassées de leurs palais, qui se réveillaient dans la forêt un jour de bataille.... C'étaient les regrets des bergères qui s'affligent de ne plus aller au bois, parce que les lauriers sont coupés, et qui aspirent après la saison qui doit ramener leurs danses.»

NOUS N'IRONS PLUS AU BOIS.

Ce qui précède nous engage à commencer par cette ronde, composée, dit-on, par la marquise de Pompadour, qui la faisait danser sous les ombrages de Choisy-le-Roi ou de Bellevue, aux courtisans de Louis XV.

[Musique:

Nous n'irons plus au bois, Les lauriers sont cou-pés; La bel-le que voi-là Vien-dra les ra-mas-ser. Entrez dans la dan-se, Voyez comme on dan-se; Sau-tez, Dan-sez, Embrassez cell' que vous aimez. ]

Nous n'irons plus au bois, Les lauriers sont coupés.

La belle que voilà La lairons-nous danser? Entrez dans la danse, Voyez comme on danse. Sautez, Dansez, Embrassez cell' que vous aimez.

La belle que voilà La lairons-nous danser? Mais les lauriers du bois Les lairons-nous faner? Entrez dans la danse, etc.

Mais les lauriers du bois Les lairons-nous faner? Non, chacune à son tour, Ira les ramasser. Entrez, etc.

Non, chacune à son tour, Ira les ramasser. Si la cigale y dort, Ne faut pas la blesser. Entrez, etc.

Si la cigale y dort, Ne faut pas la blesser Le chant du rossignol La viendra réveiller. Entrez, etc.

Le chant du rossignol La viendra réveiller. Et aussi la fauvette Avec son doux gosier Entrez, etc.

Et aussi la fauvette Avec son doux gosier. Et Jeanne la bergère Avec son blanc panier. Entrez, etc.

Et Jeanne la bergère Avec son blanc panier. Allant cueillir la fraise Et la fleur d'églantier. Entrez, etc.

Allant cueillir la fraise Et la fleur d'églantier. Cigale, ma cigale, Allons, il faut chanter. Entrez, etc.

Cigale, ma cigale, Allons, il faut chanter, Car les lauriers du bois Sont déjà repoussés. Entrez, etc.

Cette fraîche pastorale est une simple ronde, dont une jeune fille se détache; et après avoir, du milieu du cercle, fait un choix parmi une de ses compagnes, qu'elle embrasse, reprend la place de celle-ci, qui va prendre la sienne, tandis qu'on tourne autour d'elle, et de même à chaque couplet.

[Illustration: deco]

LA BOULANGÈRE.

[Musique:

La bou-lan-gère a des é-cus Qui ne lui cou-tent guè-re, La bou-lan-gère a des é-cus Qui ne lui cou-tent guè-re, Oui, elle en a, je les ai vus, J'ai vu la bou-lan-gè-re, j'ai vu, J'ai vu la bou-lan-gè-re. La bou-lan]

On continue le refrain en quittant la ronde générale pour tourner deux par deux, jusqu'à ce que chacune ait tourné successivement; puis on reprend la chaîne, en recommençant le couplet.

[Illustration: deco.]

LE LAURIER DE FRANCE.

[Musique:

J'ai un beau lau-rier de Fran-ce; Mon jo-li lau-rier dan-se, Mon jo-li lau--rier.]

J'ai un beau laurier de France. Mon joli laurier danse, Mon joli laurier.

Mademoiselle, entrez en danse, Mon joli laurier danse, Mon joli laurier.

Faites-nous trois révérences; Mon joli laurier danse, Mon joli laurier.

Maint'nant le tour de la danse Mon joli laurier danse, Mon joli laurier.

Embrassez vot' ressemblance; Mon joli laurier danse, Mon joli laurier.

Le dénoûment de presque toutes ces rondes est le même. Les jeunes filles s'embrassent ou se poursuivent.

[Illustration: deco.]

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