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Chapitre 1

JOURNAL DE ROUTE

* * * * * TYPOGRAPHIE FIRMIN-DIDOT ET Cie. — MESNIL (EURE).

SAHARA ALGÉRIEN ET TUNISIEN

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JOURNAL DE ROUTE DE =Henri DUVEYRIER=

PUBLIÉ ET ANNOTÉ PAR =Ch. MAUNOIR et H. SCHIRMER=

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PRÉCÉDÉ D’UNE BIOGRAPHIE DE H. DUVEYRIER =Par Ch. MAUNOIR=

[Décoration]

PARIS AUGUSTIN CHALLAMEL, ÉDITEUR RUE JACOB, 17 LIBRAIRIE MARITIME ET COLONIALE * * * * * 1905

AVANT-PROPOS

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Les journaux de route de Duveyrier, c’est-à-dire les volumes de notes d’où a été tiré le livre des Touareg du Nord, étaient restés inédits. Duveyrier lui-même, ses écrits l’attestent, avait eu l’intention de les publier quelque jour[1]. L’irrémédiable atteinte portée à sa santé par les fièvres fezzaniennes ne lui en a sans doute pas laissé la force.

M. Charles Maunoir, dont la haute science avait, pendant trente ans, armé pour le succès tant de missions géographiques françaises, voulut faire revivre la profonde érudition, la noble conscience de celui dont il avait été l’ami le plus cher. Il publia, en 1902, le Journal d’un voyage dans la province d’Alger, que Duveyrier écrivit à dix-sept ans. On y trouve ces choses charmantes : un mérite naissant qui s’ignore et la première impression de la terre d’Afrique sur l’esprit d’un grand voyageur. M. Maunoir avait l’intention de compléter cette publication par celle d’un des principaux journaux de route : celui du 13 janvier-15 septembre 1860, dont le cadre s’écarte le plus de la région envisagée dans Les Touareg du Nord. En tête de ce volume devait paraître la biographie de son ami, que lui seul pouvait écrire, avec le souvenir de tant d’années qui les avaient étroitement unis. La mort a interrompu M. Maunoir avant qu’il eût terminé ces lignes, les dernières qu’ait rédigées ce grand travailleur.

Mme Maunoir a eu la pieuse pensée de réaliser le dernier vœu de son mari. Elle a mené à bien cette publication, où l’on voit encore une fois les deux collaborateurs réunis dans ce culte de la science qui fut leur vie.

Le texte édité ici a été vu d’abord par M. et Mme Maunoir ; c’est leur goût très sûr qui a décidé du choix délicat des coupures à faire : passages et chiffres déjà reproduits dans Les Touareg du Nord ou le Corpus Inscriptionum, détails personnels, sans intérêt pour la géographie. Mme Maunoir m’a fait le grand honneur de me confier le manuscrit ainsi défini. Je me suis attaché à le respecter aussi scrupuleusement que possible, en ne corrigeant que des expressions évidemment défectueuses, lapsus inévitables d’une rédaction faite au courant de la plume. Lorsque, par exception, il m’est arrivé de supprimer une phrase entière, inintelligible, écrite pendant un accès de fièvre, une note en avertit le lecteur. Pour la transcription française des noms arabes, à l’exception de ceux consacrés par l’usage, j’ai adopté partout où cela a été possible celle à laquelle Duveyrier lui- même s’est arrêté dans Les Touareg du Nord. Dans les autres cas j’ai conservé la leçon manuscrite. Quant à l’orthographe et à la traduction des citations en caractères arabes, Mme Maunoir a obtenu le précieux concours de M. le professeur Houdas, qu’aucun service à rendre aux études africaines ne laisse indifférent[2].

L’extrême dispersion des renseignements est inévitable dans un ouvrage comme celui-ci. J’ai tâché d’en rendre la consultation plus facile par un index des noms géographiques et des principales matières. Les indications botaniques m’ont semblé mériter une attention particulière : elles seront une nouvelle addition au tableau de la répartition géographique des plantes sahariennes, dressé en 1881 par le professeur Ascherson[3]. On en trouvera la liste dans un index spécial, avec la synonymie botanique, d’après les catalogues existants et les rapports de mission ultérieurs.

Les notes que j’ai ajoutées au bas des pages ne représentent qu’un minimum indispensable de commentaire. Elles indiquent seulement les principaux documents anciens ou modernes qui m’ont semblé confirmer ou modifier, en quelque chose d’essentiel, les faits et théories énoncés par l’auteur. Une note additionnelle renvoie à quelques publications capitales, survenues au cours de l’impression. On n’en verra pas moins combien ces références présentent d’imperfections et de lacunes. Le lecteur compétent m’excusera peut-être, s’il songe que pour le mettre complètement au courant de toutes les questions touchées ici, il eût fallu ajouter un second volume et changer le caractère de l’ouvrage.

Ce caractère de journal quotidien, on devait le lui conserver au contraire, car c’est cette variété concise, ce langage plein de saveur qui en font le mérite et le charme. Duveyrier s’y révèle plus vivant que dans le cadre sévère des Touareg du Nord, plus personnel aussi que dans cette encyclopédie qu’il a écrite sous le contrôle d’un autre, et où l’on risque de trouver parfois l’écho d’une pensée qui n’est pas la sienne. Si riche que soit devenue la géographie de l’Afrique du Nord, la critique remerciera Mme Maunoir d’avoir poursuivi la publication d’un livre qui apporte encore du nouveau après 45 ans de découvertes ; il fait honneur à la mémoire du savant qui l’a fait connaître comme au grand voyageur qui l’a écrit.

Henri SCHIRMER.

[Note 1 : Les Touareg du Nord. Paris, 1864, in-8, Introduction, p.

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