‹ Journal d’un voyageur pendant la guerreChapitre 26 sur 114 · Mardi 11 octobre.

Mardi 11 octobre.

Voici une grande nouvelle : deux ballons nommés Armand Barbès et G. Sand sont sortis de Paris ; l’un (mon nom ne lui a pas porté grand bonheur) a eu des avaries, une arrivée difficile, et a pourtant sauvé les Américains qui le montaient ; Barbès a été plus heureux, et, malgré les balles prussiennes, a glorieusement touché terre, amenant au secours du gouvernement de Tours un des membres du gouvernement de Paris, M. Gambetta, un remarquable orateur, un homme d’action, de volonté, de persévérance, nous dit-on. Je n’en sais pas davantage, mais cette fuite en ballon, à travers l’ennemi, est héroïque et neuve ; l’histoire entre dans des incidents imprévus et fantastiques.

Des personnes qui connaissent Gambetta nous disent qu’il va tout sauver. Que Dieu les entende ! Je veux bien qu’il en soit capable et que son nom soit béni ; mais n’est-ce pas une tâche au-dessus des forces d’un seul homme ? Et puis ce jeune homme connaît-il la guerre, qui est, dit-on, une science perdue chez nous ?

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