29.
Départ de nos mobilisés par un temps triste comme nos âmes. Nous les attendons sur la route. Toute la ville les accompagne. Ils sont très décidés, très patriotes, très fiers. On s’embrasse, on rentre les larmes. Où vont-ils ? que deviendront-ils ? Ils ne le savent pas, ils sont prêts à tout. Il y a un reflux d’espoir et de dévouement. On croit que le salut est encore possible. Je ne sais pourquoi mon espoir est faible et de courte durée. Je n’étais plus habituée à cette sombre disposition. Je la combats de mon mieux, et, comme tout le monde, je saisis avec ardeur la moindre lueur qui se montre ; mais quand elle s’efface, on retombe plus bas.
q