L’EMPEREUR. - L’EMPEREUR.
Vraiment?
LE DUC.
L’air est plus doux. Et s’il faut qu’à Paris pour moi la saison s’ouvre, Je ne peux pourtant pas descendre ailleurs qu’au Louvre.
Ah! bah!
LE DUC.
Si tu voulais!
L’EMPEREUR, très tenté.
Certes, on nous proposa Souvent de vous laisser enfuir!...
LE DUC, vivement.
Oh! fais donc ça!
Mon Dieu! je voudrais bien...
LE DUC.
Tu peux!
Ce qui m’arrête...
LE DUC.
N’ayez pas de pensers de derrière la tête. Ayez des sentiments, là, de devant le cœur. Ce serait si joli qu’un jour un empereur Pour gâter son enfant bouleversât l’histoire; Et puis c’est quelque chose, et c’est un peu de gloire, De pouvoir quelquefois,--sans avoir l’air, tu sais,-- Dire: «Mon petit-fils, l’empereur des Français!»
L’EMPEREUR, de plus en plus charmé.
Certes!
LE DUC, impétueusement.
Tu le diras! Dis que tu vas le dire!
L’EMPEREUR, après une dernière hésitation.
Eh bien! mais...
LE DUC, suppliant.
Sire!
L’EMPEREUR, ne résistant plus et lui ouvrant les bras.
Oui, sire!
LE DUC, avec un cri de joie.
Ah! sire!