‹ L'AiglonChapitre 37 sur 66 · 6 SCENE VI

6 SCENE VI

FLAMBEAU, puis un domestique et SEDLINSKY.
FLAMBEAU, entrant à droite.
Voici l’heure.
Il descend en regardant autour de lui.
Signal ! y es-tu ?… Hum !… Peut-être ?…

Il répète solennellement, imitant les intonations du Duc.

« Flambeau, tu ne peux pas ne pas le reconnaître ! »

Il cherche.

Est-ce en haut ? est-ce en bas ? – Est-ce noir ? est-ce blanc ?
— Est-ce grand ?… ou petit ?…

En cherchant, il arrive devant la table, aperçoit le chapeau, sursaute.

Ah ! le…

Et avec un sourire de ravissement, faisant le salut militaire.

Petit et grand !

Il remonte vers la fenêtre.

Mais la Comtesse, au fait, du fond du parc, me guigne
Si le signal est là, je dois lui faire signe.

Il a déjà tiré son mouchoir de sa poche pour l’agiter, mais il le rentre vivement.

Oh ! non ! un drapeau blanc la fait se trouver mal !

UN DOMESTIQUE, traversant la pièce, une petite lampe à la main, et se dirigeant vers l’appartement du Duc.
La lampe de travail du Duc…

FLAMBEAU, bondissant et la lui prenant des mains.
Mais, animal,
Elle file ! Il lui faut un peu de brise fraîche !

Il sort sur le balcon.

On lève en l’air trois fois… On arrange la mèche…

Il tourne soigneusement la petite clef et rend la lampe au domestique.

Et ça va !… Comprends-tu ?

LE DOMESTIQUE, s’éloignant en haussant les épaules.
Ce n’est pas malin !

FLAMBEAU
Si.

Le domestique entre chez le Duc, Flambeau redescend en se frottant les mains, et, s’arrêtant devant le petit chapeau, lui dit avec une respectueuse familiarité :

Tout sera prêt demain !

SEDLINSKY, entrant par la porte du fond, à droite.
Le duc ?

FLAMBEAU, lui montrant la chambre de gauche.
Là.

SEDLINSKY
Veille ici.
Poste de confiance.

FLAMBEAU Oui, oui.

SEDLINSKY
Montre-t’en digne.

Il le regarde.

C’est toi le Piémontais ?

Flambeau fait signe que oui.

Tu connais la consigne ?

FLAMBEAU
Etre là, chaque nuit. – J’y suis.

SEDLINSKY
Et que fais-tu ?

FLAMBEAU
Dès que dans le château de Schoenbrünn tout s’est tu,

Il montre les portes de droite.

Je donne un double tour de clef à ces deux portes.
Je retire les clefs.

SEDLINSKY
Bon. – Ces clefs, tu les portes
Toujours sur toi ?

FLAMBEAU
Toujours.

SEDLINSKY
Et tu ne dors ?…

FLAMBEAU
Jamais.

SEDLINSKY
Et tu montes la garde ?…

FLAMBEAU, montrant le seuil de la chambre du prince.
A cette place.

Le domestique est ressorti de chez le Duc et s’en est allé par la droite.

SEDLINSKY
Mais
C’est l’heure. Ferme.

FLAMBEAU, allant fermer à clef la porte du premier plan.
On ferme !

SEDLINSKY
Ote les clefs.

FLAMBEAU, retirant la clef et la mettant dans sa poche.
On ôte !

SEDLINSKY, sortant par la porte du second plan pour laisser Flambeau s’enfermer.
Nul, hormis l’Empereur, n’a ces clefs ! – Pas de faute !
Veille !

FLAMBEAU, refermant la porte sur lui, à double tour, avec un sourire.
Comme toujours !

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