XCVIII - XCIX
Aloys--la poitrine saboulée par les palpitations de son cœur en se trouvant seul avec cette femme--remit à Joséphine, d’une main ferme, le flacon dont l’avait chargé madame de Dorff.--Puis commença une causerie qui, à la troisième phrase, comme il arrivait perpétuellement entre eux, tourna tout à coup sur les mystères ou les mysticités du sentiment.
C’est plus dangereux que de marcher sur la pointe des clochers, ces conversations! Elles ont fait plus de Françoises de Rimini que les plus tendres livres du monde, lus en tête à tête avec un beau jeune homme. C’est le Poul-Sherro de bien des innocences.--Aloys y fut admirable d’empire sur lui-même; car il sentit que jamais il ne l’avait aimée davantage. Ah! s’il avait pu toucher Joséphine d’une baguette et l’endormir sur son divan, quels baisers fous il eût répandus sur ce front à la molle courbure, sur le vélin de ce teint mat et dans ses lèvres entr’ouvertes,--calice de rose un peu jauni, mais si suave encore!!!--Mais la baguette magique d’Aloys était un esprit merveilleux, qui faisait tout le contraire d’endormir les gens qu’il touchait.